LA MISSION COLONISATRICE
considérations juridiques, ceux qu'on à avec les peuples € barbares » s'en inspirent encore moins. Les gouvernements ne jusüfient mème pas leur conduite !, lorsqu'ils n’ont plus besoin de prétextes à l'égard de leurs Sujets ou des autres Etats. € Nous occupons l'Algérie, c’est une colonie riche et fertile, nous devons y rester * ». Tous pensent intérieurement de même pour toutes les colonies, même s’ils n’ont pas la franchise ou la naïveté de le dire. Les jurisconsultes et les moralistes, qui ne sauraient se contenter dune telle consigne, ont cherché ailleurs le fondement de la colonisation.
Nosant pas affirmer directement et catégoriquement le droit des Européens, ils ont procédé plus habilement, quoique parfois avec sincérité. Les uns ont fait de la colonisation un véritable devoir, imposant des obligations envers les indigènes, mais justifiant l’œuvre des métropoles : r’avons-nous pas le droit d’accomplir notre devoir ? Devoir providentiel, ou simple mission civilisatrice et éducatrice *, imposée par la destination de la Terre à la culture et à la civilisation humaines ou par notre situation privilégiée, envers les peuples enfants, incapables de développement spontané et à qui la civilisation doit venir du dehors. Quelques auteurs reconnaissent { Pexistence effective de cette mission chez tous les peuples, d’autres seulement dans leur propre pays; la plupart prétendent que le leur, seul, s’en acquitte avec désintéressement et habileté. Pour les Anglais, lexpapsion coloniale anglaise est € un acte vertueux, altruiste, parfaitement désintéressé » ; leur croisade sans gloire, sans ostentation, contre l’esclavage est Cune des trois ou quatre actions
4. Cf. Westlake, tr. Nys, p. 143 : « Le droit international ne tient aucun compte des indigènes non civilisés », qui ont seulement des « droits moraux » (?); on n’a pas à s’occuper de légilimer la prise de possession à leur égard, mais seulement envers les autres Etats civilisés, — Nous ne complons pas cette occupation cum animo domini et ces notifications parmi les justifications.