SUBSTITUTS DE LA COLONISATION GUERRIÈRE
être effectué qu’en apportant la paix, l’ordre et l’organisation internes, en instituant une administration régulière, un gouvernement stable, des finances sûres, en élevant la législation et en enseignant à la respecter, en faisant accomplir, par une éducation appropriée, le stage de lindépendance, qui conduira au self-government.
Un pareil objectif se trouverait mieux atteint par une sorte de protectorat! modifié, comportant un concours administratif, financier et technique, avec des pouvoirs limités et variables, suivant les cas, d'intervention et de surveillance?, que par la main-mise sur toutes les activités. € La puissance d'expansion, dit M. Despagnet, et par conséquent d'influence sur autrui n’est que force, mais on voit à la manière de la mettre en œuvre si elle est aussi justice » : à ce point de vue, les protectorats sont appelés à jouer un grand rôle, en substituant à la soumission sans ménagements une tutelle bienveillante qui combine heureusement les bienfaits obtenus par le pays protégé avec les avantages politiques et économiques acquis en retour par le protecteur *. Il faut que la réciprocité des services soit une réalité, et non pas un expédient hypocrite, destiné à cacher, aux susceptibilités des pays protégés ‘ et aux jalousies des puissances tierces, un simple désir d’agrandissement et d'exploitation. Le protectorat ne doit pas être une Cconquête décente ». Ge caractère ressortant par exemple du maintien, par la force, d’une domination qui à cessé de plaire au protégé, on devrait donc s'abstenir des procédés autoritaires.
La franchise n’est malheureusement pas le propre de Ia politique internationale : on ne sait guère, dans chaque cas concret, quels sont les buts de la colonisation. Elle gagnerait en honnèteté, sinon même en habileté, à les manifester plus nettement. et on pourrait alors exiger d’elle qu’elle soit logique dans leur
4. L. Vignon, La pol. du protect. basée sur l’inég, des races, R. pol. et lit. avr. 1905.