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LE TRAVAIL FÉMININ

Les femmes ont joué un rôle important dans notre industrie nationale pendant la guerre, et il en est encore beaucoup que le travail industriel fait vivre. Il faut pour elles, des mesures spéciales.

Entre la femme et l'homme il existe des différences biologiques marquées, différences qui sont à la fois anatomiques, physiologiques et psychologiques ; il faut donc compter avec elles dans la détermination de l’aptitude relative au travail des deux sexes et dans leur productivité relative.

M Ioteyxo dit que chez la femme, la résistance au travail l'emporte sur la puissance de l'effort momentané. Une décharge énergique et subite du système nerveux est l’attribut du sexe masculin, mais la femme est comparativement plus résistante, dit-elle. L'homme est par excellence un être catabolique (de désassimilation), la femme un être anabolique (d'assimilation). Même alors que le poids et la taille des filles l’emportent sur ceux des garçons, leur force musculaire ne subit pas d'accroissement en conséquence. L'homme, dit-elle, personnifie la force, et la femme la résistance.

Le Professeur $S. LEE dit, dans son ouvrage « The human machine and industrial efficiency »

« Il est établi que, dans l’ensemble, les hommes ont une puissance musculaire plus grande et se distinguent par leur aptitude motrice, les femmes par la délicatesse des sens ; les hommes ont plus d’ingéniosité, les femmes

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plus de mémoire, plus de persévérance et possèdent la faculté de former très rapidement des associations d'idées. Aussi bien ce qui importe le plus au point de vue de la production, c’est la recherche des travaux qui conviennent le mieux à chacun des deux sexes. Les travaux musculaires, ceux qui exigent une grande ingéniosité mécanique doivent être réservés aux hommes ; par contre, les opérations simples où le même acte se répète constamment conviennent parfaitement à la femme.

Quand un même travail peut être fait par un homme ou une femme, il semble que le rendement soit sensiblement le même. :

Il ne paraît pas démontré que la menstruation soit une cause de moindre production de la femme ; toutefois Miss Epsitean, par des relevés au dynamomètre pendant 5 mois, a reconnu chez dix jeunes femmes en bonne santé une perte moyenne de force de 5 p. 100 à l'époque de la menstruation.

Les femmes, enfin, en cas de maladies bénignes, continuent à travailler avec plus de constance que les hommes ; elles sont, par contre, plus sensibles aux poisons industrls et aux mauvaises conditions d'hygiène, »

On a constaté, néanmoins, que les jours d'absence pour cause de maladie sont en moyenne, près de deux fois plus nombreux pour les femmes que pour les hommes.

Mais, dans l’utilisation économique et sociale de la femme, dit notre maître le Professeur LECLERCQ, il est d’autres données, physiologiques elles aussi, dont il faut tenir le plus grand compte. « Dans l'organisme social, dit-il, la tâche de la femme n'est pas surtout de concourir par un travail personnel à la lutte économi-

que. Quelque utile que puisse être son effort, sa tâche essentielle est autre : elle est l'épouse, grâce à laquelle, à son retour du travail, l'ouvrier trouvera la maison propre et accueillante, prête à le recevoir et à le retenir; elle est, surtout, la mère dont la santé importe essentiellement à la prospérité du pays, car c’est par elle que pourront naître, nombreux et bien constitués, des enfants qui seront, plus tard, une source de production et de richesse.

La protection de la femme et surtout de la femme enceinte doit être inscrite au code de toute nation civilisée. À cet égard, le devoir de notre pays est particulièrement urgent ; la natalité y est faible et les familles peu nombreuses.

Il conviendra donc essentiellement que le travail accompli par la femme ne soit pas capable de diminuer en elle la valeur des facultés procréatrices, qu'il respecte sa santé, le bon fonctionnement de son organisme auxquels est immédiatement liée la santé de ses enfants. Elle devra être soigneusement éloignée des travaux pénibles où dangereux. Les soins seront particulièrement attentifs, au moment de l'épanouissement pubère, alors que se développent les organes et qu'apparaissent les fonctions qui feront la mère future.

Mais c'est surtout lors d’une grossesse qu’on devra entourer l'organisme féminin d'une surveillance étroite. Les privations, les fatigues, les mauvaises conditions hygiéniques ne manqueraient pas de se traduire par des troubles plus où moins graves de la gestation : l'enfant, Sil voit le jour, naîtra avant terme et pourra ne pas survivre, ou sera mis au monde dans un état physiologique tel qu'il restera, sa vie durant, un débile, un malingre, un inférieur dans le rendement social. »

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