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respiratoires, au cours du travail, nous permet de comprendre la nécessité de l'aération dans les ateliers. L'homme adulte consomme en moyenne 24 litres d'oxygène par heure et rejette de 21 à 22 litres d’acide carbonique. L'air étant constitué par 79 parties d'azote pour 21 d'oxygène, l'adulte fait passer dans ses poumons environ 500 litres d'air par heure. L’acide carbonique éliminé vient rapidement vicier l'atmosphère ambiante: en 24 heures, l’homme rend irrespirables environ 45 mètres cubes d’air. Pour que le travail puisse se faire dans des conditions normales, il faut tout d’abord que chaque ouvrier ait à sa disposition une provision d'oxygène suffisante, un cube d’air de 15 à 20 mètres cubes.
En outre, l'expérience a montré, en se basant sur la teneur en acide carbonique de l'air, que dans un local occupé par des adultes et dans lequel il n’y a pas d’autre source d’acide carbonique que, pour la respiration humaine, il faut introduire au minimum 33 mètres cubes d’air neuf par occupant et par heure. Cette proportion varie naturellement avec la destination des locaux et le genre de travail qui y est effectué ; dans les locaux industriels, ateliers, usines, etc., on peut admettre que le volume d'air vicié à évacuer et d'air neuf à introduire est d'environ 60 mètres cubes par heure et par ouvrier et que ce volume doit être porté à au moins 100 mètres cubes dans les locaux insalubres.
Les processus vitaux du corps humain entraînent pour l’air ambiant : une diminution de la teneur en oxygène, une augmentation de la teneur en acide carbonique, une augmentation de la température et de l'humidité et le dégagement de certaines substances incomplètement oxydées, souvent odorantes, produits
provenant de la décomposition organique et répandus sur la peau par les glandes sébacées et sudoripares (acides valérique, butyrique et caproïque ; méthylamine, triméthylamine, etc.) ; émanations du corps bouche, dents ; des vêtements ; produits volatils du tube digestif, etc. (gaz intestinaux, hydrogène sulfuré, ammoniaque, indol, scatol, acides gras, etc., etc.).
De nombreux physiologistes ont remarqué que ces effets nocifs de l'air vicié ne provenaient pas plus (toutes proportions gardées) des toxines soi-disant organiques que des modifications de concentration d’'O. et de C O ; ils seraient dûs à deux autres conséquences de l'occupation humaine : l'élévation de température et l'accroissement d'humidité, qui, combiné avec un manque de mouvement de l’air, occasionnent une sérieuse perturbation du mécanisme thermo-régulateur de l’organisme. HERMANS, FLUGGE, HILL, HALDANE, BENEDICT, etc. ont vérifié cette opinion et montré que les effets d'une mauvaise ventilation ne peuvent être soulagès par la simple respiration par les voies pulmonaires de l'air frais, mais qu'ils le sont si l’on rafraîchit l’air vicié de la chambre où le sujet en expérience se tient ; les seuls effets rapportables à la viciation chimique étant les troubles de l'appétit et la diminution de goût pour le travail physique.
Il faut néanmoins éviter la nocivité de CG O et de G 0°. L’oxyde de carbone, en petite quantité, mais absorbé pendant une période assez longue est très dangereux. HENDERSON et HEGGARD ont donné une règle pour gouverner la ventilation lorsque l’air est contaminé par le CO ; ils multiplient le temps de séjour en heures par la concentration de C O äans 10.000 parties d’air ; un quotient égal à 3 ne semble correspondre à aucun eftet
physiologique, un quotient de 6 correspond à des effets déjà perceptibles, 9 donne des nausées, des maux de tête, etc ; au-dessus de 15, l'atmosphère est dangereuse: ceci s'appliquant à des sujets ayant une activité modérée.
Pour le C O*, si l'air en contient 0,6 pour 1000, dit PETTENKOFFER, il ne peut plus être considéré comme normal, et s’il atteint 1 pour 1000, l'air est réellement vicié. La loi française dit que l'air des ateliers sera renouvelé de façon à rester dans l’état de pureté nécessaire à la santé des ouvriers, et que la quantité de C 0° ces ateliers ne doit pas dépasser 1 pour 1000 au voisinage des ouvriers, dans un atelier, La mesure du C O? est un moyen détourné de mesure de la corruption de l'air.
Notre maître, M. KOHN-ABREST, Directeur du Laboratoire de Toxicologie de la Préfecture de Police de Paris, a mis en lumière, la valeur de ce qu’il a appelé
CO l'indice de toxicite It = —
salubrité de l'air des ateliers. Les méthodes de dosage de C O et de C O* que nous avons pratiquées dans son laboratoire sont très précises. M. RAMEL a imaginé une petite armoire portative pour aller faire les prélèvements. Cette méthode permet de juger de la valeur hygiénique du fonctionnement des moteurs industriels quels qu'ils soient, elle est précise et simple. Quant au résultat, il faut que l’indice de toxicité It, soit toujours inférieur à 0,01 pour donner satisfaction aux règles de l'hygiène. L’aération et la ventilation peuvent se faire par de nombreux moyens, mais ils ne doivent pas créer de refroidissements brusques, ni de « courants d’air »
dans le contrôle de la
trop perceptibles, l'air doit en outre être suffisamment humide. Ce problème de l’aération et de la ventilation est capital, car nous absorbons par jour, dit le Professeur Borpas, six fois plus d'air, en poids, que d’aliments solides et liquides réunis, et Victor CAMBON a pu dire :
« Le cas d’un ouvrier blessé ou tué par un accident de machine est beaucoup moins grave pour l’industrie que l’anémie contractée par 500 de ses camarades dans un local insuffisamment aéré. »
Mais il n'est pour ainsi dire pas d'industries dans lesquelles la fabrication n’entraine la production de poussières malsaines ou de gaz toxiques. Il en résulte de nombreux inconvénients au double point de vue de la santé des travailleurs et de la sécurité dans les usines. Certaines professions y exposent plus que d'autres, mais il suffit dans bien des cas d'exiger l'application des lois en vigueur et de la vérifier. D'ailleurs, des moyens véritablement efficaces de lutte contre les poussières et les gaz toxiques sont à la disposition des industriels, et, en s'adressant à des techniciens spécialistes, ceux-Ci peuvent, pour une dépense généralement minime, mettre complètement leur personnel à l'abri des dangers. Par ailleurs, dit René BARJAUR, « il est un fait certain et qui a été maintes fois prouvé: c’est qu’une conséquence directe de la suppression des poussières et des gaz toxiques est une diminution du prix de revient des fabrications par suite de l'augmentation du rendement du personnel; c’est un avantage qui s'ajoute, pour le chef d'entreprise, à la satisfaction du devoir accompli et aux économies qu'il peut réaliser, d'autre part, en raison de la diminution du montant des pri-
mes d'assurance contre l'incendie et les accidents du travail ». ë
On à aussi reproché très souvent à l'industrie ses fumées, causes des brouillards, de l’anthracose : facteur de morbidité des maladies pulmonaires, ete. Les fumées industrielles sont très souvent évitables, il faut d’abord de bons chauffeurs qui connaissent leur métier et les appareils récupérateurs permettent de purifier les fumées ; d'ailleurs l’électrification croissante aménera la suppression de la plupart des fumées dans les villes.
3° Température et Humidité
La température ne doit être ni trop élevée ni trop basse. Trop basse, elle demande une dépense d'énergie, trop élevée, elle détermine un déperdition exagérée d'eau, rompt l'équilibre physiologique et fait apparaître la fatigue.
Les hygiénistes reconnaissent généralement que les conditions idéales de température se trouvent réalisées entre 17° C et 21° C. La température a, en outre, une certaine importance sur la contraction musculaire, qui se fait dans les conditions les meilleures autour de 20°; la résistance à la fatigue atteint alors son maximum, et tous, nous connaissons l'influence de la température sur la respiration. Tous les travaux récents insistent sur les conséquences graves, pour l'état physiologique, de quelques degrès de chaleur de différence, conséquences qui sont le résultat de l'effort réalisé par le corps humain pour maintenir Sa température invariable, quelle que soit la température extérieure. Notons qu’une exposition habituelle à des températures élevées a une grosse influence sur les infections respiratoires. La commission de ventilation de New-York a établi qu’un tra-
vail accompli à 30° C accusait une perte de rendement: de 28 % sur un travail accompli à 20° C, même avec un maximum d'effort et alors que le travail était stimulé par une prime ; à 24° C le rendement était encore diminué de 15 % sur le travail effectué à 20° C.
Mais, à côté de la température proprement dite, il faut tenir compte de l'état hygrométrique de l'atmosphère. L'état hygrométrique est le rapport du poids de vapeur d'eau contenue dans un volume d’air donné au poids de vapeur d’eau maximum, que peut contenir ce même volume d'air, à une température identique. En pratique, on utilise pour établir ce rapport non le poids de la vapeur d’eau, mais sa tension. L'état hygrométrique moyen est en France de 70 %. Or l'évaporation pulmonaire et cutanée, qui est une forme d'élimination nécessaire au bon fonctionnement de l'organisme humain, augmente avec la sécheresse atmosphérique. Une expérience montre, par exemple, que, lorsqu'il v a par mètre cube d'air 5 gr. de vapeur d'eau, la déperdition de l'organisme est deux fois plus forte que lorsqu'il existe 9 gr. de vapeur d'eau par mètre cube. Le fonctionnement physiologique de l'organisme est ainsi troublé. Au contraire, lorsque l'état hygrométrique de l'air est très élevé, par exemple dans certaines industries (tissage) où l'air est presque saturé de vapeur d'eau, l'évaporation cutanée et pulmonaire normale est entravée notablement. De là un certain degré d’intoxication de l'orgänisme par les substances que la sudation n'a pu rejeter et HALDANE a cité des cas d'empoisonnement.
La ventilation, l'humidification et le chauffage des ateliers sont trois problèmes liés entre eux. L'état de confort du corps humain dépend d'un certain équilibre
=. |. De
entre le mouvement de l'air, son humidité et là température ambiante, GILBRETH voudrait que ces variables soient déterminées pour chaque jour de l’année dans chaque industrie. Le Bureau des recherches des ingénieurs américains de chauffage et de ventilation a étudié le problème pendant 3 ans et dépensé 50.000 dollars, dit Ch. B. THUMEN. Il a cherché les lois du confort et a pu ainsi établir 400 combinaisons d’égal confort.
« Tous ces éléments du confort, tels que l'éclairage, le chauffage, l'humidité de l'air et la ventilation, le dépoussiérage sont de toute première importance pour le rendement immédiat de l’ouvrier, pour sa santé et pour son rendement en quelque sorte dans la vie nationale. Or la détermination de minima, au-dessous desquelles il est dangereux de descendre, n’est pas suffisante. Ce qu'il faut, c’est essayer de réaliser les conditions optima ; et pour cela renseigner les industriels et les encourager par des récompenses. Il ne faut pas oublier que c’est dans les lieux de travail que les hommes et les femmes passent la plus grande partie de leur vie active » dit Ch. B. THUMEN. Or, nous disposons de tous les moyens pour réaliser ces conditions optima. L'humidification, l’aération et la ventilation sont choses très faciles ; le chauffage a aussi des règles simples qu'il suffit de suivre, Quant aux poussières, gaz et fumées, faisons d’abord appliquer les lois. L'hygiène sociale joue un tel rôle dans l’économie nationale d’un pays que rien ne doit y être négligé.
4° Lumière et Eclairage
La lumière solaire est une des conditions de l’existence humaine ; elle exerce sur le corps humain des
infiuences multiples et variées et nous ne saurions nous: passer d'aucune. Un vieux proverbe dit que là où l'air et le soleil pénètrent, n'entre pas la maladie ; il ne faut pas refuser à la lumière solaire l’entrée des ateliers. La lumière solaire est un excitant musculaire, et il est incontestable que c’est un stimulant de la cellule. Elle constitue la meilleure source d'’éclairement que nous puissions avoir, il faut nous en servir le plus possible, toutes les autres amenant une diminution du rendement et une fatigue plus vite apparue. Malgré « l'heure d'été » nous sommes obligés d’avoir recours à la lumière artificielle, et l'éclairage d’un atelier, dit GILBRETH, est la chose la moins chère qui existe et c’est une cause très grave de fatigue pour les ouvriers ; les meilleures conditions d'éclairage réduiraient le pourcentage de temps à accorder pour surmonter la fatigue. La différence du prix de revient du meilleur au plus mauvais éclairage n’est rien si on le compare avec le gain réalisé sur la diminution de la durée des périodes de repos due à la moindre fatigue des yeux. D'ailleurs, qu’elle soit bien ou mal éclairée, chaque industriel paye comme si son usine l’était bien.
Un bon éclairage accroît toutes nos facultés visuelles: l’acuité visuelle, la rapidité de vision, la rapidité d’accommodation et la continuité de vision. Il diminue la fatigue de l’ouvrier et rend plus rapide son travail. Une amélioration de l'éclairage entraîne toujours un accroissement de production qui varie avec la nature de l’opération effectuée. Ue augmentation d'éclairage de 25 à 100 lux accroît sensiblement le rendement. Au delà de 100 lux le rendement croît encore, bien que moins rapidement.
Le docteur WALTER RUFFER, le professeur CARROZZI,