HaTineries ete PET CU Sg1àa le 80 lux
Pour les travaux moyens : dégrossis-
sage des pièces ébauchées, machines
automatiques, fabriques de papier,
blanchisseries, boulangeries, ete. .. 50 à 100 lux. Pour les travaux fins : ajustage de
petites pièces, fabrique d'objets en
cuir, travail fin du bois, travail fin
au tour, manufactures de tabac,
tôlerie fine, imprimeries, manufac-
tures de textiles de couleurs claires,
ateliers de couture, efc. :. ..! ,.' 60 à 120 lux.
Pour les travaux très fins : fabriques
de montres et de bijouterie, gravure,
composition typographique, linoty-
pes, manufactures de textiles de
couleurs sombres, etc. .. .. .. 100 à 500 lux. Pour les magasins, entrepôts .. .. 20 à 60 lux.,
L'intensité lumineuse n'est pas la seule chose à consi-
LG —
dérer dans l'éclairage ; la qualité de la lumière est une chose importante et le Professeur PEcH vient de comparer les valeurs qualitatives des divers: modèles de lampes électriques à incandescence. L'éclat lumineux, qui cause l'ennui, la réduction de l'acuilé visuelle, le surmenage oculaire, est à éviter. Les couleurs ont des actions très variables sur les appareils sensoriel et nerveux. Or, l'étude et le dépistage de la fatigue oculaire sont, dans la pratique, des problèmes peu faciles, et il est infiniment plus aisé et plus simple de réduire ou de supprimer tous les facteurs qui causent le surmenage oculaire, où la plupart d'entre eux. Aussi R. BARGERON réclame-t-il que toute bonne installation réponde aux désidérata suivants : éclairement suffisant sur, le travail, bonne direction de la lumière, pas d'éblouissement direct ou indirect, bonne diffusion sans ombres dures, fixité des sources de lumière, couleur convenable des murs et des plafonds, sécurité, montage et entretien économiques et qu'elle soit régulièrement entretenue.
Nul n'ignore que nombre d'accidents du travail sont dus à une insuffisance d'éclairage, et nous lisons dans les bulletins de l'Inspection du Travail « L'éclairement signale les dangers exactement comme un grillage signale le danger de la rotation d'un volant, tout en constituant une protection contre lui ». On ne saurait done nous faire aucune objection si nous demandions que le législateur fixe les règles d'un éclairage rationnel dans le travail industriel moderne.
d° Hygiène générale Il faut que la propreté des locaux industriels soit un modèle pour la maison de l'ouvrier, et qu'on donne à l'usine l'exemple d'une propreté corporelle méticuleuse.
L'ouvrier doit avoir des vêtements appropriés au genre de travail qu'il exécute, ete... Nous ne pouvons rappeler toutes les règles de l'hygiène, mais elles ont tou jours une action bienfaisante sur l'individu, sa santé et son rendement. Il existe divers facteurs inhérents au travail industriel et qui n’ont pas encore été très bien étudiés, par exemple l'influence des champs magnétiques, électriques, acoustiques, etc. CAPRIATI, SCHIFF, LORD KELVIN, FÉRÉ, DANILEWSkI, GRaNDis, etc. ont expérimenté les influences électriques sur la puissance humaine sans grand résultat. Des étudiants de l’université de Colgate ont recherché certains effets du bruit, qui est en général nocif s’il n’est pas rythmé. L'hygiène du sommeil, qui représente le tiers environ de notre existence, doit être aussi enseignée.
Nous ne pouvons passer sous silence les règles principales de l'hygiène alimentaire et de l’alimention du travailleur industriel. Un homme adulte fonctionnant normalement perd chaque jour : 2.500 gr. d’eau (1.300, 1.400 par les urines, 600 par la sueur, 400, 500 ‘par les poumons, 100 par les fèces) — 25 gr. de sels minéraux (par les urines, fèces, sueurs) — 280 gr. de carbone (par les urines, les fèces, l'air : anhydride carbonique) — 18 gr. d’azote (par l’urée, l'acide urique, etc.), ainsi que de l'énergie évaluée à 2.600 calories environ. Toutes ces dépenses doivent être compensées par des recettes alimentaires, qui comportent des aliments servant à la fois à la réparation des tissus et à la production d'énergie : albumine, graisses ; des aliments fournissant seulement de l'énergie : hydrates de carbone ; des aliments qui servent uniquement à la réparation des tissus : eau et sels. Ces aliments ont des équivalents caloriques différents et sont utilisés plus
ou moins complètement par l'organisme, ils ne peuvent tous se remplacer mutuellement. Il y a donc un problème qualitatif de l'alimentation en ce qui concerne les albuminoïdes et que l’ouvrier doit connaître. Au point de vue quantitatif, il faudrait, comme en Amérique, mettre sur les menus, à côté des plats, leur valeur en calories. Rappelons qu'il faut fournir à l'organisme 0 gr. 30 à 1 gr. d’'albumine par kilog. et par jour, et lui donner aussi des vitamines, et que l'individu moyen employé à un travail manuel doit ingérer quotidiennement une quantité d'aliments représentant environ 2.800 à 3.000 calories. Il conviendrait que des notions simples, mais essentielles, sur la valeur des aliments soient connues des ouvriers. THEMSCHE, M'*° IOTEYKO, HÉDpoN, ont montré par leurs dernières expériences la valeur de la vie végétarienne, plus économique que la vie alimentaire habituelle des travailleurs, et d’un rendement égal. En dehors de l'alimentation solide, l'homme a besoin de 35 à 40 gr. d'eau par 24 heures et par kilogr. Il prend de l’eau, des boissons aromatiques, des infusions, etc. Les boissons fermentées, vin, bière, cidre, poiré, etc., doivent être prises modérément. L'alcool doit être proscrit, il n’est pas un aliment, et il est un poison.
Nous voudrions pouvoir énumérer toutes les règles d'hygiène qu'il nous semble nécessaire de suivre dans l’industrie, mais elles sont généralement connues, si leur application. fait défaut. Nous n’aborderons pas l'exposé des conditions particulières à réaliser dans certaines professions spéciales (travail dans les poussières, dans les sciures, dans les milieux méphitiques, etc). Nous avons dû nous limiter à l’exposé des con-
- ditions hygiéniques générales, qui permettent néanmoins de comprendre combien le rendement humain peut être heureusement influencé par leur réalisation. Le bénéficé à cet égard est double ; C'est, tout d’abord, pour chaque journée de travail, une augmentation de la production de l'ouvrier qui se trouve placé dans des conditions où l'effort musculaire est plus aisé, la fatigue moins rapide ; — c’est surtout, pour le travailleur, l'usure dans le temps diminuée, les maladies de tous ordres, et particulièrement les maladies professionnelles évitées, l’utilisation sociale plus longue, le rendement total accru.
L'hygiène du travail devient ainsi un élément essentiel de rationalisation de la production nationale. Elle apporte une grosse contribution, à côté de l’utilisation physiologique de la main-d'œuvre et de l’organisation scientifique du travail, et M. FRoïs fixe comme il suit l'importance relative de ces facteurs dans un établissement où on ne manipule pas de produits toxiques :
. Industries où l'activité musculaire joue le plus grand rôle Perfectionnement de l'outillage .. .. .. .. 25 % Amélioration de l’organisation du travail (y: compris salaires, réglementation du travail,
ASTRA TA CIN TA RTE ENSl 55 % Hygiène industrielle, accidents du travail. .. 20 % 100 %
Industries où le machinisme tient une place prépondérante Perfectionnement de l'outillage .. .. .. .. 35 % Amélioration de l'organisation du travail (y
compris salaires, réglementation du travail,
etc.) duree bis M Er nee 50 %.
Hygiène industrielle, accidents du travail. .. 25 %. 100 %
Après ces études sur les conditions du rendement optimum du travail industriel, il nous paraît que la science médicale et l’art du médecin peuvent apporter une heureuse collaboration à la rationalisation et que: c'est un devoir pour l'Industrie française d'y faire
appel.
Conclusion
Cette longue étude, malheureusement encore trop rapide de l’importante question de la rationalisation, nous en a montré les différentes étapes parcourues par la France et les Pays Etrangers. Nous avons vu que, née en Amérique, cette idée de la modernisation des techniques industrielles, avait trouvé dans le nouveau monde, un champ très vaste à ses applications et des esprits hardis, prompts à la mise en pratique. Ainsi s’est créée aux Etats-Unis, une véritable civilisation industrielle moderne, qui a entraîné pour ce pays, une prospérité morale et matérielle de premier ordre.
Nous avons vu comment peu à peu l'idée s'était imposée aux différentes nations de l'Ancien Continent. Ses bienfaits peuvent être considérables.
La Rationalisation bien organisée est capable d'accroître le rendement, en même temps que par un travail rythmé, et une journée moins longue, elle permet à l’ouvrier d'augmenter ses temps de pose. Elle tend à réduire la fatigue, qu'il s'agisse de la fatigue d’attention au cours du travail, ou de la fatigue vraie et du surmenage physique. Élle permet à l’ouvrier d’atteindre à de plus hauts saJaires, facilitant l'accroissement de sa consommation, et au patron d'arriver à une diminution des prix de revient.
Mais comme nous l'avons exposé, caue œuvre de rationalisation est impossible à réaliser sans la colla-
boration du médecin et des laboratoires. Ce sont ceux-ci qui, par l'étude de la physiologie du travail, des conditions optima du travail, du moteur humain, peuvent arriver à dégager les lois sur lesquelles viendront s'appuyer la transformation des méthodes industrielles, la modernisation de l’industrie. l’uniformisation des techniques et des règles du travail.
C'est le médecin, qu'on l’appelle médecin d'usine, fabrikaertz, médecin agréé, ou Certifine Surgeon qui devra, sur place, près de l’ouvrier, rechercher les meilleures méthodes de production, s’efforcer de dépister la fatigue, en un mot tâcher de pénétrer plus intimement les répercussions du travail sur l’organisme. x À
Ce type de médecin qui chez nous n'existe pas encore, peut-être parce qu'il n'a pas déjà trouvé les débouchés nécessaires à son activité, doit être préparé au contact de ces laboratoires du travail. Il doit, par des stages dans les différentes industries, avoir étudié les multiples méthodes industrielles, les divers procédés de fabrication. Il dot savoir ce que l’on peut exiger d’un ouvrier et ce que ce dernier peut fournir. Rompu à la psycho-technique et muni peut-être aussi du diplôme de psycho-technicien, il doit de plus être à même de pouvoir appliquer les règles d'orientation professionnelle, avoir des notions précises de toxicologie et d'hygiène industrielle, n’ignorer rien des lois sociales, de la pratique des accidents du travail. Tel doit être ce médecin, conseiller de l'employeur et conseiller de l'ouvrier, Il faut par ailleurs que les bienfaits de cette rationalisation soient mieux compris de tous : pouvoirs publics, pâätrons et ouvriers. Une propagande dans ce sens est nécessaire dans ces différents milieux.
Il paraît surtout indispensable d'y intéresser l'Etat luimême qui peut beaucoup faciliter cette évolution, en adaptant sa fiscalité à la réalisation de ce programme.
Ainsi élaborée en plein accord avec les chefs d’enireprise et les organisations syndicales, facilitée par le rôle du médecin spécialisé, la rationalisation est capable de produire le maximum de prospérité et de bienêtre.
Vu = Le Doyen, Cx. DUBOIS.
Vu : BON A IMPRIMER :
Le Président de Thèse, J. LECLERCQ.