Ce portrait que nous reproduisons existe en double. Il
Hérault ayant vendu le château de Séchelles va s'installer définitivement avec sa belle-fille dans sa propriété de Livry, aux environs de Paris, le Maréchal y vient vivre aussi souvent et aussi longtemps qu'il le peut. Lui-même possède une terre à Livry. Elle avait appartenu en dernier lieu au duc de Lorges, beau-frère de Saint-Simon, à la marquise de Plessis-Bellière, à M. de Boisandré et c'est de ce dernier qu'il l'a achetée '. Mais, il y réside peu et loge de préférence sous le même toit que son amie. C'est là qu'il se réfugiera, la Terreur venue; là qu'il sera arrêté en 1793 et là enfin qu'en 1795, il mourra entre les bras de Mmes Hérault, dont il a partagé la douleur quand le fils de l'une, petit-fils de l'autre, a péri sur l'échafaud.
Ces faits sont indéniables. Ils obligent à conclure ou que la tradition dont nous avons parlé exprime la vérité ou qu'une amitié constante et tendre a été dénaturée par la légende. L'une comme l'autre de cesinterprétations explique d'ailleurs également l'aflection du maréchal pour le futur conventionnel. C'est tout ce qu'il y a lieu
est dans la famille de Contades, et chez Mme la duchesse de Polignac, qui nous a gracieusement autorisé à en publier la reproduction.
1. Livry et son abùaije, par Vabhc A.-E. Gcnly, Paris, iSt)3.
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A l'entrée de la vie. 43
d'en retenir, sans chercher davantage à savoirs! dans les veines de Hérault de Séchelles, cet apôtre du terrorisme persécuteur et brutal, et qui l'a fougueusement prôné, coulait seulement le sang du lieutenant général de police qu'on vit pratiquer contre ses justiciables tant de procédés inquisitoriaux, ou s'il s'y est mêlé quelques gouttes de celui que tenait le maréchal de Contades de son aïeul, ce sous-gouverneur de Gaston d'Orléans, duquel ses contemporains ont dit que son élève n'apprit de lui qu'à jurer*.
La carrière des armes avait trop peu réussi à la famille Hérault de Séchelles pour qu'elle songeât à diriger de ce côté son unique héritier. Sa mère le destina à la magistrature. Non moins qu'à l'armée, il était assuré d'y faire rapidement un brillant chemin, grâce aux souvenirs de son grand-père comme aussi grâce au goût très vif que, de bonne heure, il manifestait pour les belles-lettres, le droit et toutes les choses intellectuelles.
Dès l'âge de vingt ans, avocat du roi au Châtelet, il s'essayait à écrire autant qu'à parler, ayant tout à la fois des prétentions au beau style et au beau langage. La grande comédienne