‹ Le roman de Fauvel :Chapitre 36 sur 91 · V. — LA LANGUE bU l'OÈME LXI · texte numérisé non relu

V. — LA LANGUE bU l'OÈME LXI

oit oiJRROiT — vourroit : pourroit 2724.

uisoiT — reluisoit : lui (éd. ly) soit 1262.

u ENU — venu : tenu 294.

ure ATURE — créature : nature 3 16.

us, uz ENUS — venus : menus 170, Venus : et nuz i558. ATus — estatuz : abatuz 986.

ERTUs — vertuz : pertuz 1804.

Nous avons omis dans cette liste les exemples banals de rimes riches, tel que avoir (verbe) rimant avec apoiî' (substantif), un mot composé rimant avec le mot simple, etc. Quiconque prendra la peine de comparer cette liste avec les deux listes que M. Ernest Langlois a dressées séparément des rimes de Guillaume de Lorris et de celles de Jehan de Meun, constatera qu'un grand nombre en sont communes au Roman de la Rose et au Roman de Fauvel, mais que, d'autre part, ce dernier en contient plusieurs, et des plus riches, qui appartiennent en propre à Gervais du Bus, ou tout au moins ne proviennent pas d'une source qui nous soit connue.

Quatre vers consécutifs sur la même rime

Il y a, dans les deux livres du Roman de Fauvel^ quelques passages où quatre et même six vers consécutifs ont la même syllabe finale : dans le premier livre, les v. 283-6 {able), 431-4 [estré) et 1 13/-

LXn INTRODUCTION

40 (e) ; dans le second, les v. 1337-42 {eurs), 1389- 94 (/7e), 1405-8 {ipe)y 2257-60 (o?2), 2563-66 [aille), et 2947-50 (ère).

Lorsque, dans le Roman de la Rose, quatre vers» consécutifs se comportent ainsi, les deux couplets se distinguent Tun de l'autre à la pénultième syllabe \ Cette distinction peut s'établir dans notre poème aux v. 283-6, où les deux premiers riment simplement en able, mais les deux suivants ont la rime riche en estable, de même aux v. 1137-42 [rite, autéy ité), 2457-60 [eson, enon), et 2563-6 (d'abord rime équivoque en taille, puis rime simple en aille). Mais dans les autres cas précités, la rime est effectivement la même dans deux ou plusieurs couplets. Cette manière de versifier est considérée comme une particularité normande, ce qui convient bien à notre texte '. Mais il est bien entendu que dans beaucoup de textes peu anciens c'est tout simplement une négligence.

Conclusion

Les deux livres du Roman de Fauvel présentent, au point de vue de la langue, les traits caractéristiques aux textes composés au xiv^ siècle : l'ancienne déclinaison commence à fléchir, les formes modernes s'introduisent dans la conjugaison, la chute des voyelles en hiatus à l'mtérieur des mots

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