LES SOURCES DU ROMAN
L'imitation se montre dans les idées et dans les expressions. Comme les auteurs du Roman de la Rose, celui de Fauvel est amateur de sentences morales :
Fauvel, v. 2495-6
Car souffrir est la droite
voie De vaintre et de venir a joie .
Rose^ V. 3227-8
J'ai bien esprové que l'en
vaint, Par soffrir, félon, et refraint.
Quand Jehan de Meun écrit (v. 7603-4) :
Car voleniiers recorde bouche Chose qui près du cuer li touche,
il ne fait que transcrire un passage biblique bien connu : Ex abundantia cordis os loquitur. Le Roman de Fauvel a deux vers avec la même rime ; il est facile de voir que sa source directe n'est pas la Bible, mais bien le Rojnan de la Rose :
1823 Car la chose trop près nous touche, Et pour ce y metons cuer et bouche.
Voici quelques autres cas de ce genre :
Fauvel, v. 2729-30
Si comme aucuns qui a deniers Plains ses coffrez et ses greniers.. .
En richeces a poy d'eiir, Fors a cil qui est si meùr Et plain de volenté si bonne Qu'aux povrez gens foison en donne.
Rose, y. 5883-4
Qu'il sunt tuit serf a lor deniers, Qu'il tienent clos a lor greniers...