‹ Le roman de Fauvel :Chapitre 71 sur 91 · ÏX.' — LES SOURCES DU ROMAN CI · texte numérisé non relu

ÏX.' — LES SOURCES DU ROMAN CI

Elle est déjà dans Sénèque (Consol. ad Marciam^ cap. XX) : «... exillo que primo lucem vidit, iter mortis ingressus est, accessitque fato propior ^ ».

Le népotisme est châtié dans le Testament (comme dans Faupel; voir la note du v. 627) :

Glers servans, quiex qu'il soient, ou cousin ou neveu, Les plus grans bénéfices prennent. . .

Comment ose uns prelas une cure commetre

A un clerc qui n'a meurs, qui n'a sens, qui n'a letre ?

Gomment sera la cure d'un grant peuple seure En ton jone parent toutplain d'envoiseûre ?

(V. 541 et suiv.)

L'immixtion des Frères Mendiants dans les affaires du siècle est blâmée en termes analogues à ceux de la Rose et de FauveL Enfin, nous rencontrons au vers 1654 de Fauvel :

Et l'un et l'autre Testament Le maudient, se Diex m'ament,

une formule qui est familière à Jehan de Meun :

Or me puet aucun dire : « Sire, se Dieu m'ament, Je n'ai riens que donner, ne faire testament.

[Testament^ v. 349-50)

Dans la Rose ^ aussi, et sans doute ailleurs, il y a des rimes analogues. Ce n*est donc pas précisé-

I. Je dois cette référence, et plusieurs autres, à Tobligeance de M. J. de Morawski.

j. Voir E. Langlois, Le Roman de la Rose, I, Introduction, p. io5.

GIT INTRODUCTION

ment une preuve de l'influence du Testament sur Gervais du Bus. Il est néanmoins très probable que l'auteur de Fauvel n'a pas seulement connu le Roman de la Rose, mais aussi le Testament,

Aristote. Boèce. Gillebert de la Porrée. — L'auteur du Roman de Fauvel cite, comme ses autorités en matière philosophique, Aristote, Boèce et Vauctour des Sex Principes, c'est-à-dire Gillebert de la Porrée. La seule mention d'ordre philosophique dans le premier livre est celle-ci :

Aristote dit vraëment :

Les accidens grant aïdance i8o Font a cognoistre la substance.

Si Ton tient compte de ce fait que Boèce ' a longuement interprété les livres d'Aristote et que, d'autre part, Gillebert est l'auteur d'un commentaire de Boèce, il devient vraisemblable que les notions philosophiques de l'auteur de Fauvel proviennent plutôt des ouvrages de ces deux écrivains que d'une lecture directe d'Aristote. Ainsi, quant il est dit, au second livre, qu'au palais de Fauvel

i36o Ot pluseurs dechevans sophimez Et mistions de premerainez En termes et prémisses vainez, Pour engendrer conclusions De mal et de déceptions; Neïs d'elenches les cauteles Et les fallaces...

I, Migne, Patrol.y t. LXIV, col. ij5.

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