‹ Le Roman de MolièreChapitre 10 sur 88 · Elomire liypocondrc, loc. cit · texte numérisé non relu

Elomire liypocondrc, loc. cit

2. De Visé, parlant des premiers pas de Molière, dit : « Qu'il avoit assez de bien peur se passer de cette occupation et pour vivre honorablement dans le monde. » Nouvelles nouvelles ; 3* partie, p. 217.

3, Hommes illustres. 1673, in-fol., p. 79.

4, Il paraîtrait que le père Poquelin n'avait pas toujours été d'humeur aussi accommodante, et qu'il avait obligé son fils à travailler pendant six mois de son métier dans sa boutique. C'est pour s'en retirer que Molière aurait manifesté l'intention d'être avocat, ce qui n'était encore qu'une feinte. (Y. Les Entretiens des Ombres. 1724, in-12, p. 12?.

sance que pour sa vocation. L'état qu'elle lui ouvrait lui semblait le seul qu'il fût capable de bien tenir, et il trouvait d'ailleurs que c'était le plus beau, le plus noble du monde.

Le roi, par une récente ordonnance, enregistrée au parlement le 1 6 avril 1 641 , n'avaitil pas relevé le métier de comédien du mépris où le reléguait le commun préjugé, et n'avaitil pas notamment déclaré qu'il ne pouvait plus être « imputé à blâme ? » Je répondrais que cet édit de 1 641, la seule chose peut-être qu'il eût hautement appréciée dans l'étude qu'il fit des lois, eut quelque part dans la résolution qu'il prit l'année suivante. C'était une arme contre le préjugé dont son père soutenait son mauvais vouloir à l'endroit du théâtre, et vis-à-vis de lui-même il pouvait s'en faire aussi une sorte de justification de sadésobéissancec II lui était désormais permis, en effet, de déclarer, en vertu d'une ordonnance royale, qu'on ne dérogeait pas en se mettant au théâtre, et que, pour lui, par exemple , l'emploi de comédien pouvait fort bien se concilier avec la charge de tapissier du roi, dont il avait la survivance.

L'influence de l'édit de 1641 fut sans doute aussi pour quelque chose dans l'assentiment

— 3i — que donnèrent à ses idées de théâtre «plusieurs enfants de famille, qui, par son exemple, dit le comédien Marcel % son premier biographe, s'engagèrent comme lui dans le parti de la comédie. » Poquehn eut ainsi une troupe, et comme , par la qualité de ceux dont il l'avait formée , elle se distinguait de la plupart des autres, composées de gens d'assez basse espèce, il crut, pour lui conserver son rang par un titre à l'avenant, pouvoir lui donner celui dVlhtstre théâtre. Le mérite des acteurs ne répondait pas malheureusement à leur qualité. Tant qu'ils jouèrent gratis -, et sans doute aux dépens de la petite fortune de Poquelin ',

1 . C'est lui qui rédigea la préface biographique si longtemps attribuée à La Grange et à \'inot, parce qu'elle se trouve en tête de l'édition des Œuvres de Molière, qu'ils donnèrent en 1682. Dans la Vie de Molière, qui précède l'édition de la Haye (1725, in- 12), cette préface est positivement attribuée à Marcel. La biographie dont nous parlons, qui contient beaucoup de faits ignorés par Grimarest, est de Bruzen de la Martinière. (Mémoires de Britys, tome I, page i53.)

2. Grimarest dit positivement qu'ils ne jouèrent d'abord que pour leur plaisir.

3 . On ne peut pas douter que Molière ne fournît autant qu'il put aux dépenses de cette première troupe.

on les toléra; mais lorsqu'ils prétendirent à des recettes , ce fut autre chose. Le petit théâtre des fossés de Nesle eut alors de fâcheuses journées. On y avait applaudi pour rien, on v siffla pour de l'argent. Après cette épreuve, et sans doute après plusieurs autres non moins douloureuses, car je suppose que si son amour-propre pâtit des déboires du comédien, sa bourse souffrit de même des mésaventures du directeur, et que cette première entreprise n'alla pas pour lui sans de grosses dettes, peut-être même sans quelques poursuites, Poquelin ne douta plus qu'il n'était pas facile de faire un théâtre avec des gens de distinction, et qu'il fallait toujours, pour avoir « une troupe d'élite ', » en revenir aux personnes du métier. C'est alors, environ dans les premiers mois de 1 644, que la Béjard et les siens lui arrivèrent heureusement en aide. Les deux petites compagnies dramatiques, celle que ramenait la Béjard et celle que Molière avait formée avec tant de peine et si

Je m'estonne, lui fait dire Chalussay, dans Klomire (Acte IV, scène u) :

Que mon petit gousset avec mes petits soins Ayent pu si longtemps suffire à 7ios besoins.

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