‹ Le roman de Renard, version moderneChapitre 39 sur 70 · RENARD HONNIT DAME HERSENT · texte numérisé non relu

RENARD HONNIT DAME HERSENT

le Roi, après le partage de la proie, et il empA que son complice Renard n’allâêt le dénoncer. |

Quand il fut guéri, quand sa mâchoire eut retrouvé sa force, accompagné de dame Hersent il sortit, en qe de Renard, pour lui faire un mauvais parti.

Pendant plusieurs jours ils le cherchèrent sans le trouver.

Enfin, un beau matin, Renard faillit se laisser prendre. Il longeait une palissade quand dame Hersent soudain le vit, hurla et se jeta sur. lui. Il ne l’attendit pas et s'enfuit ventre à terre. Il courait, courait — dame Hersent le: serrait de près. Ysengrin avait peine à les suivre et restait un peu en arrière. - Brusquement, Renard fit un erochet dans un chemin creux — Hersent à ses trousses toujours. Mais Ysengrin ne les vit pas et continua tout droit, et continua encore longtemps avant de s'apercevoir qu'il avait perdu leur trace. Renard connaissait son chemin. Toujours courant, courant, il courait vers Malpertuis et y entra, toujours courant, par une parte très étroite — plus gros n’y aurait pu passer.

Dame Hersent, derrière lui, d’un élan entra jusqu’au -ventre. Mais elle ne put aller plus loin, la porte était trop étroite pour son gros ventre. De si bon cœur élle s'était élancée der” rière Renard que lorsqu'elle voulut reculer, pour s'en aller, elle ne put, elle était trop bien enfoncée, elle. resta prise : ‘au piège, la tête en un couloir obscur. | D

Renard sortit de Malpertuis par une autre porte + Malpertuis avait beaucoup de portes — et vint flairer ce qui, de la dame, restait dehors. Dame Hersent, la tête dans son trou obscur, sentit tout à coup qu'il se passait derrière elle d'étran-

ges choses qu’elle ne pouvait voir. Ne sachant qui les faisait, elle ne savait si elle en devait être joyeuse ou triste, ni si ces choses, en vérité, étaient bonnes ou mauvaises. |

Mais Ysengrin qui, sur ces entrefaites arrivait, tout essoufflé, voyant que c'était Renard qui les faisait, ne les trouva pas du tout bonnes, et hurlant de jalouse rage il l’eût étranglé sur place si l’autre l’eût attendu. ss

Renard, l’entendant venir, avait laissé là sa besogne, et par une autre porte était rentré dans Malpertuis. Il s’assit sur le pas de la porte — un peu en retrait — là où le loup ne pouvait l’atteindre, tant la porte était étroite, et il dit :

— Mon bel oncle, ne vous mettez pas en colère. J’aidais Madame Hersent à sortir de ce trou — et c’est tout, je vous jure | |

— Tu jures ! Traître ! Je t'ai vu ! de mes yeux vu !

— Cher oncle, vous n’avez pas bien vu.

— Comment ! ai-je les yeux crevés ? crois-tu que je n’y voie goutte ?

— Par Dieu ! mon oncle, je voulais seulement tirer Madame Hersent hors de ce trou où la voilà engagée jusqu’au ventre, mais elle est si grosse que je n’en pouvais venir à bout. Quand vous l’aurez tirée de là, vous verrez qu’elle ne se plaindra pas de moi.

Ainsi Renard, après avoir honni son -oncle — sous ses propres yeux — se moquait encore de lui.

Ysengrin ne l’écoutait plus. À belles dents il prit la queue d’Hersent et tira. Il tira si fort que la dame, vilainement, se vida sur lui, mais elle ne sortit pas. Il s’écarta précipitamment

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