‹ Le Roman en prose de Tristan, le roman de Palamède et la compilation de Rusticien de PiseChapitre 20 sur 53 · Chacun ajoute 750 ; — 102 : sixchev · texte numérisé non relu

Chacun ajoute 750 ; — 102 : sixchev

qui lui a exprimé tout ce qu'il trouve de honteux dans cette poursuite, d'aller jouter à son tour ; il obéit, bien à regret, et renverse les deux frères, mais il refuse la bataille à Tépée avec Laraorat malgré les injures de celui-ci. Les deux chevaliers partent et en rencontrent un autre en compagnie d'une dame. Il porte un cor d'ivoire et leur raconte qu'il est chargé de l'apporter à la Le cor enchanté, cour d'Arthur : si une femme infidèle y boit, elle répandra fatalement du vin sur elle *. Lamorat force, en le vainquant, le chevalier de dire qui l'a envoyé : c'est Morgain, qui veut dénoncer Guenièvre et Lancelot. Lamorat ordonne au chevalier d'aller présenter ce cor à la cour du roi Marc ; il espère ainsi se venger de l'affront qu'on lui a fait '-. A la cour, grande épouvante des coupables. Iseut et les autres dames de Cor- Los faux, nouaille sont obligées de subir l'épreuve : elles répandent toutes le vin, sauf quatre ^. Iseut proteste de son innocence et propose de faire défendre sa cause par un chevalier qui voudra rompre une lance pour elle ; mais Marc n'a garde d'accepter : a Vous avez, lui dit-il, un champion de qui aucun*de mes chevaliers ne saurait triompher. » Cependant, l'affaire est étouffée, parce que Marc et les barons, qui ne tiennent point à perdre leurs femmes, veulent bien considérer cette épreuve comme sans valeur ^ (P 75).

48. Mais Andret, qi toutes voies porcliaçoit en toutes les Machinations manières qe il poet comment il peiist prendre T. avec .7., ^Andret. fist fere fax bien tranchanz et bien esmolue{e)s et les fist mètre entor le lit ,Y. ./. soir quant . Y. se pu cougiee. Il veut que Tristan soit menhagnié ou, tout au moins, qu'il en reçoive de telles enseignes, que le roi Marc ne pourra plus garder aucun doute. Quand Andret est endormi, Tristan s'en va à la chambre assez éloignée d'Iseut ; une des faux le blesse fortement à la jambe, ce à quoi il est trop échauffé pour faire

1. Motif souvent répété dans la littérature du moyon-âge (cf. le Lai du Corde Rob. Hiket, etc.)

2. Ici les mss. 750 et 12599 ont probablement fait arriver Lamorat chez Belinant ; cf. plus loin, § Gl note.

3. Deux 103 et les imprimés; (deux Ecossaises très laides y J. Maugin) ; treize Tav. Rit. Tressan, p. 05 : « 11 n'y en eut aucune dans les mains de laquelle le maudit cor ne lut indiscret. »

A. Tressan cite (p. 75) une exclamation de « l'Auteur » (c.-à-d. l'imprimé qu'il a dépouillé) : 0 honte divine qui pardones les griefs faicts^ pour doner ttnis aux pesclieurs de revertir à pénitence ; cela n'est pas dans les imprimés que nous avons consultés.

attention, mais bientôt Iseut sent que le drap est tout mouillé, et Tristan lui dit ce que c'est. Elle le prie de s'en aller, en lui promettant d'ai-ranger raffairc. Tristan regagne son lit sans réveiller Andret, et hande sa plaie. Iseut se blesse exprès aux faux et crie au secours. Ses dames accourent avec cierges et tortiz. On accuse Andret et Tristan d'avoir voulu tuer la reine : ilsjurent tous les deuxqu 'ils sont innocents. Le roi arrive, attiré par les cris, et demande qui a fait cela. « Tristan ou Andret, » répond Iseut, « pour me tuer. » Marc fait le désolé, et déclare qu'il saura découvrir l'auteur de cet attentat. Tristan s'oifre à prouver qu' Andret est le coupable en se battant avec lui à outrance. « Non, dit Marc, vous êtes des cousins germains et mes neveux ; » et il promet de faire lui-même en sorte que la vérité sur l'affaire soit entièrement connue. Ainsi Tristan fut sauvé par Iseut, qui ne guérit pas de sitôt de sa blessure. Andret, cependant, remarque la plaie de Tristan et on parle à Marc, qui fisù tant qu'il s'en aperçut bien. Sa haine augmente, mais il ne fait semblant de rien. Il prie Andret de surprendre les amants ensemble : ce serait le plus grand service qu'il pût lui rendre ; Tristan sera mis à mort si on peut le prendre. Andret recommande au roi de défendre à Tristan* d'entrer dans l'appartement de la reine'^ ; ainsi on espère le suprendre. Le roi fait mieux encore : il interdit, sous peine de mort, à qui que ce soit, sauf aux dames, d'entrer de nuit^ dans les chambres de la reine.

49. Tristan voit bien que c'est à lui qu'on en veut, mais il aime tant Iseut, que s'il l'aime hui cest jor^ il [V] enmera eiicore mielz demain. Tout le sens de ses ennemis, dit-il à Iseut, ne l'empochera pas d'aller chez elle. Iseut le prie d'être prudent : tant que Tristan sera en vie, Marc n'osera jamais lui faire de mal à elle-même. — Andret avait prévenu ceux qi ci haoient T. : ils doivent être prêts à l'approche BasiUe. de la nuit. Une demoiselle de Gornouaille, Basil[t)ey qui a transféré son amour, méprisé de Tristan, à Andret, fait remar- (|uer à ce dernier que Tristan pourra entrer chez Iseut du côté du jardin en montant sur un arbre , et lui représente lotit ce qu'il y aurait de honteux à manquer l'occasion de s'empa-

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