Paris, T. du Bray, 1624, in
2, Les Mille Imaginations de Cypille, Paris, 1609, in-12. Cyrénée y reçoit par les mains d'un « Dariolet » un poulet du Chevalier Ostande (f° 11) :
« Elle se retire pour lire ces quatre mots à l'antiquaille amadigaulisez que le paladin désireux lui tramettoit : « Ostande sans ostentation vaine, généreux avanturier, damoisel d'eslite, le parangon des plus braves, l'outrepasse des mieux formez et bref fleur de chevalerie, à vous, Cyrenee de Zelande, regeante de ses afflictions, salut..., etc. » Le billet est signé : « le vassal fidèle des pieds de vostre puissance ». « Ostande voulant faire voir que son cœur estoit en braise et embrasé, avoit faict brusler artificieusement un petit coin de la lettre et respandu dessus encores trois gouttes de son sang. »
Un peu plus loin (f" 50, a et b), une description burlesque d'un « combat à la barrière » : « Voila douze cavaliers qui paroissent bravement dans les barrières. Daldremont estoit chef des six soustenans et Zaphis des querellans... ils courent Tun sur l'autre premièrement, mais avec une rage, une impétuosité, une tempeste telle que les foudres, les démons ny les typhez tourbillons ne firent jamais rien en leurs furieux chocs, heurts ny secousses de plus estrangement horrible ny formidable. L'onde bruit du bruit que leurs coups et leurs corps font, la terre se fend, le ciel tremble, les forests resonnent au tour, les brutes et les feres d'effroy gagnent les cavernes.
« Et bref, ô vous vieilles et resveuses prouesses d'Artus de Bretagne, de Jean de Paris, d'Ogier le Danois, de Gallien restauré, Huon de Bordeaux, de Morgant, Regnault, Roland, Maugis, Perseforest et de tous les chevaliers de la table ronde, allez vous coucher et cacher. Toutes vos desconfitures ne sont (pardonnez moy, damoiseaux gracieux et beaux) que des chiquenaudes et nazardes de pages au respect (dy-je) des martellements, brisis, hachis, chamaillis de ces preux Zaphis et Daldremont : leur bras c est une mort, leur voix c'est un tonnerre, et tous leurs mouvements ne vomissent rien que sang, tuerie, horreur et carnage. »
On reviendra assurément aux Amadis, l\ Lancelot, à Perceforest et aux autres paladins : cette littérature aura encore, au xvii*" siècle, une influence qu'il serait aisé de suivre de l'auteur du Chevalier Hypocondriaque ^ par exemple, h M™^ de Sévigné, en passant par Chapelain^ et par Voiture. Mais, pour le moment, le goût est ailleurs.
Nous rencontrons aussi, à cette époque, quelques essais de romans d'aventures qui, tout en renonçant au décor et aux conventions chevaleresques, essaient d'exciter l'intérêt par la multiplicité et l'étrangeté des incidents. Les uns nous jettent en pleine fantaisie et nous promènent au travers de royaumes imaginaires 2. Les autres situent en des géographies plus réelles des intrigues vaguement empruntées à l'histoire et où beaucoup de fictions se mêlent à un peu de vérité. La Bergère de la Palestine"^, nouvelle écrite sous l'influence du Tasse, a pour théâtre la Terre sainte, au temps des Croisades. Dans les Amours de Lydiam et de Floriande'', des Escuteaux prétend nous transporter au temps de Charles VU, sans nous donner d'ailleurs aucun détail sur les mœurs de ce temps. Dans un roman un peu postérieur^ il remontera jusqu'à Charles Martel. Mais
1. Son dialogue De la lecture des vieux romans a été publié par A. Feillet, 1870, 10-8".
2. Par exemple, Les Amours d' Msionne et le Restablissement de Troye, où se voyent les hazards des armes, les jalousies, desespoirs, espérances, changemens et passions, que les succez balancent par la vertu, de l'invention de Beroalde de Verville, Paris, M. Guillemot, 1597, in-12 ; — Id., Tours, Molin, 1597, in-12; — Id., Paris, M. Guillemot, 1598, in-12, 475 p. — Le titre semble annoncer un roman sentimental ; mais l'ouvrage ne répond guère à cette promesse. La composition en est d'ailleurs bizarre et le style très médiocre.
3. Par G. de Bazyre dAmblainville, Paris, A. du Brueil, 1601, in-12.