‹ Le romancéro populaire de la FranceChapitre 141 sur 160 · Turin A et B · texte numérisé non relu

Turin A et B

18. Chamalières ; Turin A et Turinois (A l'a pr... campé). On admet ici cette finale narrative, sans en garantir l'authenticité.

V Embarquement de la Fille aux chansons, qui a pour principal foyer les provinces de l'Ouest, décèle de plus, par son sujet comme par son refrain, une population littorale. Il ne semble pas qu'il y ait lieu d'en reculer la date au delà du xvme siècle.

Toute répandue que la montre la liste des rédactions cidessus mentionnées, elle est rare en sa forme intégrale et primitive. A part les versions importées en Piémont et quatre ou cinq françaises, on la trouve tantôt contaminée avec une autre ronde rythmiquement pareille, sa première moitié (vv. 1-8) s'adaptant à la seconde partie du Plongeur noyé par le moyen du vers 8, commun aux deux pièces et qui fait soudure ; tantôt (Bretagne, Courseulles, Scaer, etc.) tronquée à partir du même v. 8, et pourvue, au lieu du dénouement tragique, d'une conclusion plaisante en forme de dialogue : Je pleure, répond la fille au marinier « mon cœur volage » (il y a quelquefois, sur la même rime, un mot plus franc), que vous m'allez ôter. — Ne pleurez pas, je vous le rendrai. — Ça ne peut pas se rendre, comme de l'argent prêté ! » Une de ces versions incomplètes, passée littéralement dans l'idiome armoricain, a été recueillie près de Tréguier (Ernault, Mélusine, VI).

Pour le thème — enlèvement d'une fille par des gens de mer, et suicide consécutif — il se rencontre aussi, mais tout différemment circonstancié, dans un gwerz bas-breton connu

par trois versions (Trégorois : Lejean, Poés. pop. de la France, II, mss. B. N. ; publ. par Rolland, III. — Keramborgne : Luzel, Gwerzjou Brei%-I%el, I. — Lesneven : Rolland, III). Des corsaires anglais, descendus sur la côte bretonne y enlèvent une jeune fille; désespérant de sauver son honneur, elle demande au capitaine à se promener sur le pont du navire, et se jette dans la mer. D'après Keramborgne et Lesneven, un poisson vient soutenir la jeune fille à fleur d'eau et la ramène au rivage : dénouement, peut-être, rajouté par un chanteur, afin que l'histoire finît bien.

LE BATEAU DE BLÉ ET LA DAME TROMPÉE

CATALOGUE DES VERSIONS

France (oïl et oc)

Indéterminé i : J.-J. Ampère, d'après de Corcelle, Poés. pop. de la

France. Instructions, 1853.

Indét. 2 : Fertiault, Poés. pop. de la France, III, mss. B. N., réd.

Dinan (Côtes-du-Nord) : De Broker, ibid., IV, r. 1854. Valmont (Seine-Infre) : Joubin, ibid., III, r. 1855. Loudéac (Côtes-du-N.) [fragm.] : Rousselot, ibid., IV, r. 1855. Bretagne : Roulin, ibid., III [s. d.].

Sens : Tarbé, Romancero de Champagne, II, 1863. Canada : Gagnon, Chans. pop. du Canada, II, 1865. Ossau : de Puymaigre, Romania, III, 1874. Vorey (Hte-Loire) : Smith, ibid, VII, 1878. Normandie : Fleury, Litt. orale de la Basse- Normandie, 1883. Lorient : Rolland, Rec. de Chans. pop., I, 1883. Avranchin [fragm.] : Le Héricher, Litt. pop. de la Normandie, 1885.

FORMULE RYTHMIQUE

Chanson à danser. Vers de 8 syllabes, masculins, uniformément assonances en é; le couplet est formé de deux vers, suivis d'un refrain, le 2e vers de chaque couplet devenant le Ier du couplet suivant.

LE BATEAU DE BLÉ ET LA DAME TROMPEE 453

TEXTE CRITIQUE

1 Devant Bordeaux est arrivé Un beau, etc

Nous irons sur Veau nous y promener, Nous irons jouer dans Vile !

2 Un beau bateau chargé de blé.

3 Trois dames le vont marchander :

4 « Bon marinier, combien ton blé? »

5 — « Je r vens diz-huit francs la perré'. »

6 — « Ce n'est pas cher, si c'est bon blé. »

7 — « Entrez, Mesdames, vous verrez ! »

8 La plus jeune a le pié léger,

1 . Lorient et Normandie (A Bordeaux) -\- Ossau, Loudêac, Indet. 2 ; cf. Dinan, Avranchin et Canada (Saint-Malo), Indêt. 1 et Bretagne (Nantes), etc.

— La leçon « Bordeaux » est assurée, la ville devant être tout ensemble un port marchand (v. 2) et une ville de parlement (v. 13).

Le refrain est donné par Bretagne, Ossau et Canada.

2. Indét. 1 et Bretagne -\- Normandie; cf. Indêt. 2, Canada, Vaîmont, etc.

— La plupart des versions mentionnent, à tort, trois bateaux (influence des « trois dames » du v. 3).

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