BLAZIUS
Apprenez, mes enfants, le sujet qui m’amène.
Le jeune Perdican, à sa majorité,
Vient de sortir docteur de l'Université.
I1 revient au château, la bouche toute pleine De discours si savants et de mots si fleuris Qu'on ne sait que penser, tant on en est surpris. Toute sa gracieuse et #”0odeste personne
Est un beau livre d’or, où le savoir rayonne.
I1 ne voit pas à terre un brin de romarin
Qu'il ne dise comment on l’appelle en latin,
IL connaît par leurs noms les Empereurs de [Rome ;
Il vous expliquerait, rien qu'avec une pomme
Comment la terre tourne, et Quand il fait du vent
Ou qu'il pleut, il vous dit pourquoi tout claire- [ment.
Vous ouvririez (les yeux grands comme cette [porte, De le voir dérouler un des beaux parchemins Qu'il a coloriés d’encre de toute sorte, Sans rien dire à personne et de ses propres [mains.
Enfin, c'est un garçon comme on n’en trouve [guère, Et, son maître m'a dit, lorsque je l’ai payé, Qu'il en sait plus que lui, d’une grande moitié.
Texte définitif :