‹ Le "Romantisme" de Beethoven Contribution à l'étude de la formation d'une légendeChapitre 86 sur 356 · Ibid · texte numérisé non relu

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sereine venue d’un monde inconnu. La musique instrumentale pure est seule capable de remplir ce rôle (**).

Hoffmann passe ensuite au Trio en mi bémol et en analyse le premier mouvement. Malgré le caractère habituellement sautillant et folâtre du rythme 6/8, le motif principal a une expression grave et noble, qui rappelle celle de l’allegro de la Symphonie en mi bémol de Mozart (*). L’allegretto qui suit a un thème « plaisant et chantant ». Comme maint andante de Haydn, il fait intervenir divers épisodes en mineur après chacun desquels « le thème principal fait toujours une rentrée lumineuse en majeur » (**). Le troisième mouvement, qui n’est autre que le Menuetto introduit dañs la symphonie par Haydn, présente un thème magnifique qui a de nouveau rappelé à Hoffmann « l’envol d’aigle, sublime et noble, de pièces analogues de Mozart » (*’). Le final enfin a le même caractère dynamique et suggestif que le premier mouvement du Trio en ré majeur (°°).

On retrouve encore, dans ces analyses, les idées romantiques déjà exprimées ailleurs par Hoffmann. C’est, également, une comparaison bien romantique que celle qu’il établit entre ie tremolo pp du piano et le son de la harpe éolienne. La harpe éolienne est un instrument romantique entre tous, car ses sonorités sont engendrées sans l’intervention d’un exécutant, et peuvent passer pour être la voix même de la Nature. L’harmonica est citée aussi par Hoffmann, à côté de la harpe éolienne et d’autres instruments plus ou moins « naturels », dans les Automates (°°). Il faut noter encore que Hoffmann trouve aux œuvres de Beethoven un caractère général de gravité, même dans l’expression de la joie. À relever enfin le rapprochement entre Beethoven, Mozart et Haydn.

34. « Unerachtet der Gemütlichkeïit, die in dem ganzen Trio, selbst das wehmutvolle Largo nicht ausgenommen, herrscht, bleibt der Beethovensche Genius ernst und feierlich. Es ist, als meinte der Meéister, man kônne von tiefen, geheimen Dingen, selbst wenn der Geist, mit ihnen innig vertraut, sich freudig und frôhlich erhoben fühlt, nie in gemeinen, sondern nur in erhabenen, herrlichen Worten reden; das Tanzstück der Isispriester kann nur ein hochjauchzender Hymnus sein. Auch Rez. ist überzeugt, dass die reine Instrumental-Musik, da, wo sie nur durch sich als Musik und nicht vielleicht zu einem bestimmten Zweck dramatisch wirken soll, das unbedeutend Spasshaîfte, die tâändelnden Lazzi vetmeiden soll. KEs sucht das tiefe Gemüt für die Ahnungen der Freudigkeit, die herrlicher und schôner als hier in der beengten Welt, aus einem unbekannten Lande herühergekommen, ein inneres, wonnevolles Leben in der Brust entzündet, einen hôheren Ausdruck, als ihn geringe Worte, die nur der befangenen, irdischen Lust eigen, gewähren kônnen » (Tbid., 80).

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