II
Digit
est à la fois multiple et conceotrée. Tout gravite vers la catastrophe et le double dénouemeût : Âthalic traînée au supplice, et Joas montant sur le trôiie. Tout palpite autour de cet enfant, qui est entre le trône et la mort.
JQAD.
Montez sar votre trône, et. . . Mais la porte s'ouvre : Permettez uo moment que ee Toile tous couvre.
Il tire un rideau. Âthalie entre dans le Temple, la porte se referme. Elle réclame à Joad le trésor promis et l'enfant.
ATHAUB.
Ce que tu m'as promis, songe & l'exécuter :
Cet enfant, ce trésor, qu'il faut qu'on me remette.
Où sont-ils?
JOAD
Sur-le-champ tu seras satisfaite :
Je te les vais montrer l'un et l'autre à la fois.
c Le rideau se tire, dit le texte : on voit Joas sur son trône, sa nourrice est à genoux à sa droite; Azarias, Tépée à la main, est debout à sa gauche ; et près de lui Zacharie et Salomith sont à genoux sur les degrés du trône ; plusieurs Lévites, Tépée à la main, sont rangés sur les côtés. »
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ATHÂLIE 2i3
JOAD
Paraissez, cher enfant, digne sang de nos Rois.
A Athalie.
Connais-tu l'héritier du plus saint des monarques, Reine? De ton poignard connais du moins ces marques. Voilà ton Roi, ton fils, le fils d'Ochosias.
Peuples, et vous, Abner, reconnaissez Joas,
ABNER
Ciel!
ATHALIB, à Joaâm
Perfide !
JOAD
Vois-tu cette Juiye fidèle Dont tu sais bien qu'alors il suçait la mamelle 7 Il fut par Josabeth à ta rage enlevé :
Ce Temple le reçut, et Dieu l'a conservé :
Des trésors de Darid voilà ce qui me reste.
ATHALIB.
Ta fourbe à cet enfant, traître, sera funeste : D'un fantôme odieux, soldats, délivrez-moi *.
JOAD
Soldats du Dieu Tivant, défendez votre Roi.
« Le fond du théâtre s'ouvre : on voit le dedans du Temple, et les Lévites armés entrent de tous côtés sur la scène. »
1. Le fantôme, la vision du songe, Tenfant qui la menace et dont rimage la poursuit.
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ATHALIR.
Ob 8uis-je? trahison I reine infortunée 1 D'armes et d^ennemis je sais environnée I
Tes yeux cherchent en vain, tu ne peux échapper, Et Dieu de toutes parts a su t'envelopper ; Ce Dieu que ta bravais en nos mains t'a livrée : Rends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée.
Quoi I la peur a glacé mes indignes soldats ?
Lâche Abner, dans quel piège as-ta conduit mes pas I
ABNER
Reine, Dieu m'est témoin...
Et venge-moi.
ATHALIB.
Laisse là ton Dieu, traître.
ABNER, se jetant aux pieds de Joas,
Sur qui? Sur Joas, sur mon maître?
Lui Joas ? Lui ton roi ? Songez, méchants, songez, Que mes armes encor vous tiennent assiégés !
J'entends à haute voix tout mon camp qui m'appelle, On vient à mon secours : tremblez, troupe rebelle I
Elle affecte une espérance qu'elle n'a point, ïsmaël rentre et dit à Joad :
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Seigneur, le Temple est libre, et n'a plu» d'ennemis ;
L'étranger est en fuite, et le Juif est soumis,
Gomme le rent dans l'air dissipe la fumée, .]
La voix du Tout-Puissant a chassé cette armée.
Le mouvement de cette catastrophe si théâtrale, Texplosion de ce double événement extraordinaire et de tant d'incidents variés, la magie de la poésie qui les illumine, ajoutez-y l'enthousiasme religieux des spectateurs de ce temps-là, couvrent et dissimulent rhorreur des moyens employés par ce grand prêtre dans son Temple.
Athalie, avant d'être entraînée hors de la scène pour être égorgée loin des yeux du public, lance à son petit-fils une malédiction qui doit s'accomplir et continuer cette série d'horreurs :
Qu'il règne donc ce fils, ton soin et ton ouvrage ; Et que, pour signaler son empire nouveau, On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau I Voici ce qifen mourant lui souhaite sbl mère : Que dis-je, souhaiter? je me Qatte, j'espère Qu'indocile à ton joug, fatigué de ta loi, Ficèle au sang d'Achab, qu'il a reçu de moi, Conforme à soti aïeul, à son père semblable^ On verra de David Ihéritier détestable Abolir tes honneurs, profaner ton autel, Et venger Athalie, Acbab et Jézai)el.
Elle sort, les Lévites la suivent, l'épée à la main.
JOAD
Qu'à linstant hors du Temple elle soit emmenSe, Et que la sainteté n'en soit pas profanée.
Digit
Allez, sacrés vengeurs de ?os princes meurtris*, De leur sang par sa mort faire cesser les cris. Si quelque audacieux embrasse sa querelle, Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle.
Va tel dénouement, sans doute^ satisfait la conscience du spectateur : Tatrocité des crimes d*A thalie, ses enfants égorgés par elle pour se frayer un chemin au trône et régner à leur place, empêchent que Joas, échappé malgré elle à ce massacre, paraisse trop odieux en la laissant tuer sans dire un mot pour demander sa grâce; toutefois, à n'écouter que les sentiments modernes, il semble bien pourtant que ce jeune Roi aurait pu mieux commencer son règne que par un consentement aussi tranquille au meurtre de cette femme qui est son aïeule.
Est-ce pour cela que le Ciel, qui a tout conduit •, exaucera un jour la malédiction lancée par elle? En effet, un jour viendra où ce Roi, élevé avec tant de soin par le grand prêtre, laissera tuer le fils et successeur de celui-ci, ce Zacharie, avec lequel il a été nourri. Ce nouveau grand prêtre, dans une fête solennelle, reprochant aux Hébreux leurs infidélités, ils se soulèveront contre lui, et Joas le laissera lapider.
1. MeurtriSy c'est à-dire tuéSy dans le sens primitif, qui vient du mot meurtre,