‹ Le romantisme des classiquesChapitre 53 sur 63 · LA CAPTIVE · texte numérisé non relu

LA CAPTIVE

Mais, Madame, vous êtes trop éloignés l'un de l'autre pour craindre l'accomplissement de votre soi^.

IPHIGÉNIE

Et ce n'est pas aussi ce que je crains ; mais je crains avec raison qu'il n'y ait de grands malheurs dans ma famille : les Rois sont sujets à de grands changements. Ah ! si je t'avais perdu, mon cher Oreste, sur qui seul j'ai fondé mes espérances! Car enfin j'ai plus sujet de t'aimer que tout le reste de ma famille : tu ne fus point coupable de ce sacrifice où mon père m'avait condamnée dans l'Anlide, tu étais un enfant de dix ans *. Tu as été élevé avec moi, et tu es le seul de toute la Grèce que je regrette tous les jours.

i. De ce que... Tournure usitée au xvii* siècle. Aujourd'hui on dirait : qtie nous manquions.

3. Racine vieillit un peu le frère, pour rajeunir un peu la sœur.

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