L'impérialisme collectif dam l'humanité
La source principale des actions humaines est la tendance — d'ailleurs fondamentale ert tout être — à l'expansion, au plein exercice de sa puissance sur ce qui l'envirotlne. C'est cette tendance, cet effort pour accroître son propre pouvoir en tous sens qu'Ernest Seillière appelle impérialisme.
Le mot est relativement jeune, inais non certes les observations qu'il résutne. Les psycliologues des siècles passés aA^aiënt déjà signalé cet instinct qui pousse tout organisme vers la domination, vers le désir invincible d'affirmer sa propre individualité au dehors.
La théologie chrétienne l'avait nommé avec Saint-Cyran Vesprit de principauté : Hobbes l'avait défini comme le désir du pouvoir, et Nietzsche, plus énergiquement, comme la volonté de puissance.
« Si j'ai proposé le substantif d'impérialisme, dit M. Seillière, c'est qu'il me paraît évoquer aujourd'hui tout un ensemble de sentiments et d'idées qui rendent plus facile et plus complète l'intelligence de sa signification. » Et cela est vrai. Le substantif « impérialisme » exprime mieux que tout autre la tendance dominatrice dans son caractère
collectif Ce qu'il importe d'élucider avant
tout, c'est l'évolution de l'impériahsme individuel vers l'impérialisme du groupe. Ce qu'il importe de démontrer, c'est pour quelles raisons et par quelles voies un sentiment, un besoin, un instinct fondamental de l'individu devient la caractéristique nécessaire de toute collectivité sociale. En d'autres termes, la question à laquelle il s'agit de répondre est celle-ci : Comment, si la tendance qui s'efforce vers l'expansion est toujours indivi-