PRÉFACE
Nous ii";i\()iis s;ins (lonlc pas à nous excuser an|)ivs du lecleiif (le lui olViii' un \(tlnine entier' sui' des (|uesli()ns de mode, el ce sérail une erreui' de eioiic (|u"il ne \)e\i\ \ avoir dans un sujel de eette nalure (|u'ainusetnent el (Vivolité. De|)uis Balzac et Tainc. ou sail riuipoilancc du jnilicu. el (juelles indications précieuses — et précises — p<'ul loninir sur un individu sa laçon de se lo^er, de se vèlir. etc. ('.onnaîlre les toilettes, rauieubleuieut. les manies, lairel la physionomie (pie le romantisme a mis à la mode n\'sl donc pas simplement plaisir-, toujours un peu vul<jaii('. de curiosité. l/e\anien de la coquille ire pouvant pas ne pas dorrirer- d'utiles indications sui" l'animal rpiClle abrite, alors même que l'abii n'a été <pie temporaire, on comprendra certainement mieux l'état d'âme romantique, si l'on s'est arrêté un instant aux plus futiles, aux i)lus insio'nifiantes en apparence de ses manifestations.
Une étude ofénérale de l'influence sociale du lomanlisme devait dorrc nécessairement couterrir quelques
II PUKFVCE
observalioMS sur le roinanlisiiie et la mode. A y re<^ai(ler d'un peu près, le sujel a paru assez varié classez fécond. La tentation était naturelle, non certes de l'approfondir.
— c'eût été long- et beaucoup pins difficile qu'il ne semble,
— mais de le traiter avec quelque développement : de là les chapilies qui suivent. Le lecteur dira si nous avons bien fait de céder à la tentatiou '.
De toute évidence, notre travail ne pouvait qu'être renfermé entre des bornes chronologiquement assez étroites. L'essence même de la mode est d'être capricieuse, changeante et de durer fort peu. Imagine-t ou une élégante se contciilanl loiigleuqjs de la même forme de chapeau ou portant plusieurs saisons de suite la même toilette ? Puis, si l'on peut étudier l'évolution d'un sentiment nouveau, si ou le voit naître, se développer et — en se dénaturant en général, il est vrai — descendre des âmes d'élite qui l'ont conçu Jusque dans les profondeurs de la foule obscuie. toutes choses qui demandent du temps, beaucoup de temps parfois, c'est au contraire un des traits caractéristiques de la mode que d'éclater soudain, souvent sans préparation aucune. Elle dépend de mille circonstances, (juil est presque toujours difficile, quelquefois même
I. Ce livre n'a clé tout d'abord qu'un long chapitre destiné à former la première partie de noire étude, le Romantisme et les mœurs. Des additions successives ont enflé le cliapitre au point de rendre nécessaire sa division en d'autres chapitres. Mais ces chapitres, il devenait nécessaire aussi de les publier à part, pour ne pas rompre l'unité de l'ensemble. Il v avait d'ailleurs matière à un nouveau livre : et les lecteurs de la Revue bleue et de la Revue hebdomadaire savent en effet (jue le Romantisme et la mode a été écrit, comme il était logique qu'il le fût, avant le Romantisme et les mœurs, auquel il sert natmellement d'introduction.
pui;k\ck m
im|)(>ssil)lc. (le (li'ItMiuiiicr. Kilo dé|)t'ii(l siiiloiil du hasard. Ln évèiu'iiuMil |)(tliti(|iic. un siiccrs lilItMairc. les fantaisies (ruiu' ridilr. de moindivs clioses encore, suffisent à y enlreli'iiir d iiicrssaides niodilicalions. Et sans doule <|uaiul il lui an i\r de lépondi'e à un état (res])iil «général, coiniiu' ("est JusIcnienI le cas avec le l'onianlisuie. elle a des chances tl'aNoir (|ucl(|iie durée. Mais ces circonstances evceplioniiellcs elles nicuu's ne lui assuicnl. cl ne peuxeid Jamais lui assurer. (|nune evislence relalivenuMit éphémère, |)ermanence cl moiie étant ce qu'il y a de i)lus coidiadicloiic. 1]| de fait, dans les documenls inédits dont nons axons pu disposci' v\ (pii s'étendent, on s'en souxicnl peut être. Juscpi'en iS'iy. il n'esl ^uère plus question des modes lonumliciucs après i8.'îG ou iSl^- au plus tard, l'^ncorc ne sa^dl il en «général, pour ces années, que ti'assez rares et que de hrèves indications.
Knlre les diveises nianifeslations de la mode romantique d'ailleurs, des disliiiclions s'imposent, doni la nu'connaissance ou lonhli cttuduiiail à des erreurs certaines de perspecti\e et d'appiécialion. (^u'uii chapeau de femme ne soif qu'un déjeuner de soleil cl ([u'il ne faille même pas une saison |)otn- faire évanouir la fraîche originalité d'une toilette, il n'y a rien là que de très naturel. Mais des bijoux se démodent moins ^ite. un ameublement moins vite encore, a fortiori un «ienre d'architecture ; ou plus exactement ])eut-étre. toutes ces choses durent davantage, par la dilïiculté même d'en changer assez souvent. Il y avait beau temps que les robes à la châtelaine étaient oubliées, lorsque, dans les salons de celles-là mêmes qui avaient été les premières à s'en habiller, on pouvait encore