Challamel. Soni'enirs d'un hngoUUre
88 LE ROMANTISMr ET LA MODE
latin des « chapeaux de feutre blanc » où étaient représentés « en jaune et vert », la cathédrale de Notre-Dame de Paris, l'archidiacre Claude FroUo, l'écolier Jehan Frollo du Moulin. <( Mademoiselle Esmeralda avec sa chèvre Djali » et <i la trogne hideuse de Quasimodo ». C'était le chapeau-programme dans toute sa beauté ^
Le haut de forme lui-même, ce « tuyau misérable »), comme dit M. Charles Simond, dut subir à son tour les modifications les plus fantastiques. Les Jeune-France se mirent limag-ination à la torture pour en corriger « la cylindrique laideur », sans peut-être y réussir tout à fait. On en vit « de gris à longs poils, de noirs, de jaunes en paille, de violets en étoffe peinte -. » Et c'est ainsi qu'on mettait du romantisme dans la nuance, faute de pouvoir en mettre suffisamment dans la li^ne et le dessin.
D'ailleurs, même quand il n'indique pas une affectation de bizarrerie, la recherche voulue de l'excentricité, un souci de la personnalité par trop excessif, le costume romantique se dislingue toujours par une pointe d'originalité et de fantaisie.
On lit dans les Salons de Paris, de Beaumont-Yassy (p. 43), à propos d'un bal donné en i83i : « En face de nous figurait un jeune romantic[ue, habit noir, gilet noir
1. Sans le savoir probablenionl. ces jeunes gens rappelaient ces disciples de Werther et de René qui, vers 1820. portaient comme « enseigne de leur mélancolisme inconsolable, l'habit frac en drap noir et la cravate de mousseline atlachée sur le côté avec un gros diamant ». (]h. Simond, Les Centennales parisiennes, p. 92.