I. AMLl ELEMENT ET L ARCHITECTURE lOf
et Ici novice en peinture a le flair — cl les chances — d'un antiquaire de profession.
« Oui, vous avez raison, Mentor, Solon, Phocion, Aristide », écrit un jeune rapin ' à un ami qui avait dû le gronder sur sa paresse ; « j'aurais pu travailler davantage. Me croyez pas cependant que j'aie perdu mon temps tout à fait. Si mon pinceau a quel(|ue peu chômé, mes jambes ne sont pas restées inactives. A force de courir les marchands de bric à brac et les antiquaires, j'ai déniché des merveilles, hé oui ! ne souriez pas, de pures merveilles. Vous ne reconnaîtrez j)lus mon atelier. Les murs sont tapissés de mes trouvailles, bel et bien authentiques, Monsieur, s'il vous plaît. Nous avons des pieux, des épées, des poignards à coquille, des dagues, des mousquetons, une armure complète du xiv% une bonne demi-douzaine de morions, deux paires de cuissarts. \h I l'enivrante émotion que je dois à l'un d'entre eux ! Il était sale, la rouille faisait croûte et relief par endroits, à pleins paquets. Je le frotte, je le fourbis, et à mesure que l'épaisse couche disparaît, voilà des lettres qui se montrent, gauches, maladroites, à la face interne gauche de devant, des lettres
d'.Vlbcrlus est naturellement d'après le goût do Tépoque. Il y a, entassés, pèle-mêle avec une foule d'objets exotiques,
Arquebuses à mèche, espingoles, tromblons. Heaumes et corselets, masses d'armes, roudaches. Faussés, criblés à jour, rouilles, rongés de taches ; Mille objets — bons à rien, admirables à voir ; Caftans orientaux, pourpoints du moyen àn-e. Rebecs, psalterions, instruments hors d'usage...
Théophile Gautier, Alberliis, LXXVII.
On sait que, dans le voyage qu'il fit en Espagne avec Eugène Piot, Théophile Gautier comptait bien trouver à Tolède « quelques vieilles armes, dagues, poignards, colichemardes, espadons, rapières », et qu'il eut la douleur de constater qu' <( à Tolède il n'y avait pas plus d' épées que do cuir à Cordoue. » Maxime Du Cainp, Théophile Gaalier, p. 92.