Ad. JuUien, le Romantisme et l'éditeur Renduel, p. Sç
OIELOLKS ÉLKGANCES ROMAXTIQLES l65
Nanteuil avait fait deux dessus de porte qui représentaient des Naïades ; Marilhat esquissé à la craie trois palmiers et le domc d'une mosquée ; Corot avait brossé deux paysages de Provence ; Tli. Rousseau, deux petits paysages : Auguste de Châtillon. un Moine rouge lisant une Bible sur la lianche cambrée d'une femme nue ; Leleux avait peint des Buveurs ; Valtier avait donné un AA atteau ; Lorenz, un Siège de Lérida. où l'armée française montait à l'assaut précédée par des violons ; enfin deux trumeaux qu'avait décorés Camille Bogier représentaient Théo])hile Gautier vêtu à l'espagnole avec la Cydalise.
La fête eiil lieu le '^8 novembre 1835, au Doyenné', et la cohue y fut énorme.
(( Les adeptes du romantisme faisaient lunt ])arler d'eux et l'on racontait sur leur compte des traits tellement excentriques, que beaucoup de gens du monde s'étaient fait inviter pour voir de près ces bêtes curieuses. » Il était venu aussi beaucoup d'acteurs et de comédiennes. On avait même convié le commissaire de police et sa femme, pour avoir la certitude que rien ne troublerait la fête : le commissaire s'excusa.
Travesti de rigueur. Quelques costumes étaient superbes, tel celui de Roger de Beauvoir en vénitien, « à la Paul Véronèse : grande robe de damas vert-pomme, ramage d'argent ; loquet de velours nacarat et maillot rouge en soie ; chaîne d'or au col- ». Mais la plupart des
I. « L'impasse du Doyenné était située parmi les pâtés de maisons qui encombraient le terrain occupé aujourd'hui parles deux squares intérieurs du Louvre. Elle s'ouvrait sur la place du Carrousel (à la place actuelle du pavillon Mollien) et s'enfonçait jusque derrière le manège et les écuries du i-oi, où s'élevaient de très beaux arbres, bien faits pour charmer la colonie d'artistes qui gîtait dans ce coin resserré du vieux Paris ». Ad. JuUien, le Romaullsme et l'éditeur Rcndiiel, p. 62.