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phanéité cristalline, » un air u d'idéale séraphicilé ', » comme Maria Taglioni : ce fut le rêve de toutes les jolies femmes, et même de quelques autres qui ne l'étaient point. M 0 heureuses, heureuses, trois fois heureuses, celles que le ciel a pétries d'une matière légère, qui ne connurent jamais le fâcheux embonpoint, et dont la démarche aérienne, affranchie des lois de la pesanteur, rappelle le vol fluide des chérubins- ! » La réaction est complète contre les goûts de l'Empire. « Les massives Junons sont détrônées. » On ne veut plus des « corpulentes et puissantes matrones », et toutes les admirations vont à celles qu' « aurait volontiers admises dans sa troupe légère, pour la légèreté de leurs terrestres apparences, la légère et folâtre Titania » •*.
Il y a des moyens classiques de réduire la taille : naturellement les femmes n'hésitèrent pas à s'y soumetire ou même à s'y offrir avec une patience et un courage héroïques. On allonge, on amincit, on amenuise, on
Philippe M***, que nous avons cité dans Le Romantisme et les mœurs, p. lO : « Elle est blonde, plus blonde que le chanvre que fdent gracieusement ses doigts fuselés ; ses yeux sont d'azur ; et sa taille a la légèreté, la finesse exquise d'une sylphide. »
1. Le mot est dans la lettre d'un Jeune-France, Arthur D***. i836. — Maria Taglioni a eu sur la mode une influence considérable, — comme toutes les étoiles d'ailleurs. Nous avons dit quel avait été, un moment, le succès des mousselines blanches : la célèbre danseuse ne portait que ce genre d'étoffe. En son honneur, la maison Maurice Beauvais créa le turban sylphide, la première représentation de La Sylphide (1827) ayant été un gros événement mondain. Après La Fille du Danube, ballet dansé par la Taghoni, on lança un « taffetas vagues du Danube », etc. L'air d' « idéale séraphicilé », dont il est parlé ici, lui doit son prestige pour une bonne part. Cf. les « observations préliminaires » et la note de la page i.