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Le Rosaire dans la poésie

La dévotion à la Très Sainte Vierge a revêtu de si nombreuses formes au cours des âges que, seule, une enquête minutieuse, limitée à l'une de ces formes, peut espérer en éclairer toutes les manifestations. Ces quelques pages essaieront donc de déterminer la part que les poètes ont prise dans le concert de louanges que la terre adresse à la Reine du ciel sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire.

Il convient de noter tout d'abord que, jusqu'à une époque relativement récente, les termes rosaire, couronne, psautier, ne s'appliquèrent point exclusivement à Marie et le chiffre de quinze ne parut point appeler nécessairement les Mystères tels qu'ils sont usités à ce jour. Ainsi Brunet, dans son Manuel du Libraire (II, 802 ; IV, 1391), cite divers ouvrages en latin, en italien, en espagnol, qui justifient cette remarque. A une date aussi rapprochée de nous que 1615, le P. Vincent Hensberg, o. P., publiait dans son Viridarium Marianum un « Rosarium de omnibus sanctis » en cinquante strophes de six vers.

On peut signaler ici deux ouvrages du même genre : Ghirlanda \\ di dodici || Rosari j| del molto Reuerendo \\ Don Giouan Vincenzo Piccino da Lecce. \\ Né quali non solo si contengono la Vita, i Miracoli, la \\ Passione, è la Morte di Giesu Christo Nostro \\ Signore, ma etiandio le Ammira-

bili Virtù, le Ineffa\\bili Allegrezze, gli Acerbissimi Dolori, e gli Altissimi \\ Privilegi di Maria Vergine Nostra Donna,. || Aggiuntiui tre Rosari, Vvno del Presepio, l'altro di\\ S. Gio. Battista, e 7 terzo di S. Maria Maddalena.... (In Venetia, Presso Tomaso Baglioni, 1609). — Origo \\ Rosarii || Jesu Christi || Domini nostri || . . . . || Prœmittitur synopsis vitae \\ B. Michaelis || eremitae Camaldulensis || , et || Rosarij hujus inventoris, || .... (Viennae , Typis Andreae Heyinger. 1718).

Le P. Th. Esser, dans son ouvrage sur Le saint Rosaire, fait remarquer au chapitre iv, qu'en latin le psautier de Marie est ordinairement désigné sous le nom de Rosarium, et la troisième partie se nomme Gorona. En français, il n'y a jamais d'équivoque, mais en allemand, le mot Psalter désigne toujours le Rosaire et le mot Rosenkranz s'applique au rosaire et au chapelet.

Ces quelques lignes préliminaires étaient utiles pour bien délimiter la question à traiter : la poésie et le rosaire tel qu'il se pratique actuellement et considéré soit comme fête liturgique, soit comme dévotion. Nous l'étudierons d'abord dans la langue de l'Église latine et successivement en français, en allemand, en tchèque, en polonais, en anglais, en espagnol, en portugais et en italien. C'est au reste le plan déjà suivi dans le mémoire qui fut soumis au Congrès mariai de Lyon, et à celui de Fribourg, mémoire remanié, diminué en quelques parties et sur d'autres points augmenté dans le présent travail.

Le Repertorium Hymnologicum de M. le chanoine Ulysse Chevalier nous renseigne sur les poésies lyriques employées ou non dans la liturgie : l'index de ce travail monumental renverra, au mot Rosarium, à une centaine d'hymnes, de proses ou de petits poèmes avec toutes les indications pour les retrouver, car nulle collection d'ensemble n'existe encore. Il est vrai que Mone, au tome II de ses Lateinische Hymnen des Mittelalters , le R. P. G. Dreves, s. J., au tome VI de ses Analecta hymnica medii aevi, parvenus à leur XLIXe volume, le R. P. Ragey, dans son Hymnarium quotidianum B. M. V. nous fournissent le texte d'une quinzaine de rosaires poétiques antérieurs au xvie siècle, et dont le prototype semble être le Psalterium minus beatae Mariae virginis attribué à saint Bonaventure.

M. Léopold Delisle a publié dans le Journal des Savants (1897, 539) les deux premières strophes de chacune des trois cinquantaines d'un Psautier de Notre-Dame déjà signalé par Mone et qui se trouve dans le manuscrit 54 de la Bibliothèque de la ville de Besançon. Une aimable communication de M. Georges Gazier, conservateur de cette bibliothèque, m'informe que les trois parties de cette pièce comprennent respectivement 50, 48 et 49 strophes : les premières sont de six vers rimes aab, ccb; les secondes

sont de quatre vers rimes aa, bb, avec un refrain qui rime avec celui de la strophe qui suit ; les dernières sont de six vers rimes comme les premières. Ces 834 vers occupent les pages 180 à 190 du manuscrit, et, d'après le Repertorium Hymnologicum (n° 2221), leur auteur serait S.Edmond, archevêque de Cantorbéry.

Il n'est pas sans intérêt de noter que Kehrein, dans ses Lateinische Sequenzen des Mittelalters, non plus que MM. Misset et Weale, dans leurs Analecta Liturgica, ne publient aucune séquence ou prose médiévale relative au Rosaire. Au xve et au xvie siècle, suivant le P. Esser, les Mystères étaient souvent condensés en un distique, ou même formaient une strophe entière. Et comme exemples, il cite les 50 strophes saphiques composées par Sébastien Brant

Stirpis humanae sator et redemptor ....

dans lesquelles le Repertorium Hymnologicum (n° 19512) ne voit point un Rosaire proprement dit, et la longue pièce qui commence

Suscipe rosarium, Virgo, deauratum. . . .

cette dernière d'après YHortulus animae (Lugduni, Glein, 1511), fol. xcvm [Repert. Hymnol. 19951).

Les hymnes et proses latines écrites postérieurement à 1500 sont dispersées dans les livres liturgiques et l'on n'a point apporté dans leur recherche l'enthousiasme qui nous a donné d'excellentes réimpressions des textes médiévaux. Aussi est-ce encore au Moyen-Age que sont empruntées

les dix pièces qui remplissent deux petits volumes dont le second seul est brièvement cité dans le Repertorium Hymnologicum d'après le P. Dreves. En voici les titres et le contenu d'après mon exemplaire :

Psalterium || divae Virginis Ma || riae, rhytmicè conscription à Reue- || rendissimo domino Stephano.olim || Archiepiscopo Cantuariensi, || ex Ribliotheca Tegrin- || seensi deprom- || ptum. || Cantandum sub melodia, Patris sapientia. || [Fleuron] || CumgratiaetpriuilegioCaesareo. || Excusum Tegernsee. || Anno M.D. LXXIX. [1579].

Ce volume renferme les nos 29602, 24021, 2271, et 24194 du Repertorium Hymnologicum.

Avec lui se trouve relié le Psalterium || gloriosissimae \\ Virginis Mariae, in tria || Rosaria dispertitum, iam denuo reui- || sum et locupletatum : vnà cum alijs qui-\\ busdam precatiunculis1 pro excitan- || da Christifidelium deuotio- || ne collectis, vt index || monstrabit. || [Fleuron] Ecclesiastici 38. | Ora Dominum, et curabit te. || Cum gratia et priuilegio Caesa. Maiest. || Excusum Tegernsee. || Anno M.D. LXXX [1580].

Ce volume, bien plus considérable que le premier, contient d'abord 150 quatrains dont chacun est la seconde partie de l'Ave Maria et remplace le Sancta Maria . . . d'aujourd'hui, et, à la suite, les nos 2276, 23372, 1839, 2269 et 2037 du Repertorium Hymnologicum. Malgré le titre, mon exemplaire dans sa primitive reliure de vélin blanc, semble complet, mais il est probable que les presses de Tegernsee ont produit quelque autre volume de prières, en prose ou

en vers, que Ton doit trouver quelquefois relié avec le second des deux volumes cités plus haut, et qui porte, lui aussi, la date de 1580.

C'est peut-être aussi quelque poète médiéval qui composa le long poème intitulé « Hymni 15. super 15 misteria SSmi Rosarij » et publié sans attribution d'auteur dans

Philomela || sacra, \\ sev || selectae cantiones || et || hymni rythmici, || Ex Missali, Breviarioq ; Romano, \\ necnon alijs pijs, yravibusq; Auctoribus deprompti, || Pro commoditate et recréa- || tione spiritualium Animarum, in || hune Libellum redacti, et in || lucem editi || Viennae Avstriae, || Anno 1654. || Per Matthaeum Gosmerovivm Typo- || graphum Aulico-Caesareum. || Superiorum permissu.

Le P. Joseph Mohr, s. J., en a extrait sept strophes qu'il a publiées à la page 375 de son Manuel de chant (Paris, 1877).

Le Repertorium Hymnologicumlaiisse volontairement de côté les poésies latines qui ne sont pas composées en des mètres lyriques et il est malaisé de se reconnaître dans les innombrables productions des poètes néo-latins. Il n'y a peut-être point d'hymnes sur le Rosaire dans le Breviarium Marianum, seu officia de beatissima virgine Maria secundum seriem mysteriorum vitae ejusdem (Viennae, 1745), que je n'ai pu me procurer. Le « Rosarium poeticum » qui remplit les pages 38 à 74 de la Polyanthea, || siue || Paradisvs poe- || tievs : || . . . || Avtore, || Nicolao Revsnero, Leorino, || . . . || Basileae[1578], n'est autre chose qu'un traité de botanique écrit en distiques pour la

plus grande partie. Ce sont également des distiques que je rencontre, dédiés « ad Josephum Buraschum, de XV mysterijs Rosarij beatiss. Virginis » dans les Francisci Civelii Mediolanensis carminum libri sex (Mediolani apud Michaelem Tinum, typographum Seminarij. 1579). D'après M. Evola, p. 241 de sa Storia tipografico-letteraria del secolo XVIùi Sicilia, Rocco Gambacorta, natif de Messine et citoyen de Palerme, pria Annibale Bufalo, « cultore di buone lettere humane » , de décrire les XV mystères de la couronne de Marie, divisés en joyeux, douloureux et glorieux. Bufalo les résuma en onze distiques pour chacun et Gambacorta, les faisant précéder d'un quatrain de sa façon, les publia à la fin de son Foro Christiano . . . (In Palermo appressoGio. Francesco Carrara M. D. XGIIII).

Dans la troisième partie, p. 33-40 de son volume La Corte Accademica. . . (In Bologna MDGLXV), le comte Girolamo Boselli a publié sous le titre de « Meditationes in quindecim Sacratissimi Rosarij Mysteria. Ad Eminentissimum et Reverendiss. Dominum D. Gregorium Gardinalem Barbadicum religiosiss. olim Bergomi, nunc vero Patauij Antistitem », 15 séries de six distiques. On trouvera plusloin, dans la section italienne, l'indication d'un ouvrage anonyme publié à Vienne vers le milieu du xvne siècle et dans lequel chaque mystère est célébré en une poésie latine et en un sonnet italien.

Dans les langues modernes, la poésie paraît avoir de préférence adopté la forme du sonnet pour célébrer le rosaire: elle ne Fa point fait à l'exclusion d'autres formes,

ainsi que le pourrait faire croire mon premier essai dans le Bulletin du Bibliophile de juin 1900. De plus complètes recherches m'ont prouvé que toutes les formes poétiques se retrouvent ici, mais ce sont pourtant les sonnets qui seront plus particulièrement signalés.

Si notre poésie médiévale n'a point célébré les XV Mystères du Rosaire, les VII Joies et les VII Douleurs de Marie ont fourni un thème abondant à de nombreux poètes des xive et xve siècles et l'on pourrait extraire des Tresnotables et exe- || crables louanges dignes de mémoire faites a Ion || neur de la glorieuse Vier || ge Marie (Paris, Pierre le Rouge, 1492) de nombreux passages qui nous montreraient en Martial de Paris, dit d'Auvergne, un chantre inspiré des Joies, des Douleurs et des Gloires de Marie.

M. Marius Sepet a consacré une douzaine de pages de son volume Origines catholiques du théâtre moderne à un « Drame relatif à l'histoire du Rosaire » : il s'agit d'un des quarante « miracles de Notre-Dame par personnages » publiés par la Société des anciens textes français.

Le recueil poétique le plus anciennement imprimé sur notre sujet paraît être Le Chappellet Nostre-Dame « Imprimé à Paris par Iehan Tipperel [sic], demourrant sur pont Nostre Dame [vers 1499] » (Brunet. I, 1794) C'est une plaquette de vingt pages en vers que les biblio-

graphes ne décrivent pas avec assez de détails pour que nous en connaissions exactement le contenu.

Un quart de siècle plus tard parut La déclaration de Vestat et ordonnance de la très saincte et profitable confrairie du psaultier : rosier : et chappelet de la très glorieuse Vierge Marie. Imprimé à Paris pour Jehan Petit, libraire demourant en la rue Sainct- Jacques (vers 1525). Déjà signalé par Brunet (II, 558), ce volume, au témoignage du rédacteur du Bulletin de la Librairie Morgand (37729), « se termine par un chapelet et rosier en françois et en rithme et par un autre rosier à la Vierge Marie. »

Entre ces deux ouvrages qui appartiennent à la littérature médiévale et Les XV Mystères du Rosaire de la sacrée Vierge Marie... mis en vers françois, et dédiez à la confrairie du Rosaire par le seigneur de Bethengourt. A Anvers, en l'imprimerie de Ghr. Plantin, MD.LXXXVIII [1588] (Brunet. Supplément. I, 121), il y a place pour de nombreux Rosaires ou Chapelets poétiques : ils existent sans nul doute, mais je n'ai point su encore les découvrir.

La plus ancienne tentative de mettre en sonnets les quinze mystères du Rosaire est peut-être, en français, celle d'Antoine Favre, l'ami de saint François de Sales. L'édition princeps, assez rare, a pour titre Centurie \\ première de^sonnets spirituels || de V Amour divin et de \\ la pénitence (Chambéry, par Claude Pomar, 1595). Dédiée à très noble messire François de Sales, Prévost de la cathédrale Saint-Pierre de Genève, elle renferme les mystères joyeux en cinquante sonnets.

Plus complète, la seconde (?) édition se présente sous un nouveau titre Les || Entretiens || spirituels \\ d'Antoine Favre P. D. G. \\ Divisés en trois Centuries de sonets, || La première de l'Amour divin, et de la Pénitence, La || seconde du tressainct Sacrement de V Autel, La || troisième des deux premières parties du S . || Rosaire, en attendant la dernière. = Avec une Centurie dequatrains. || Dédies à Madame Marguerite \\ princesse de Savoy e. (A Turin, par Laurens Valin. MDGI).

Ces Entretiens nous donnent cent trois sonnets sur les Mystères Joyeux et Douloureux, treize étant « Sur le cinquième mistère douloureux Du Crucifiement ».

D'après Brunet (II, 1194), l'édition de Paris, 1602, porte le même titre d'Entretiens spirituels. Le Catalogue de la Bibliothèque de la ville du Mans, section des belleslettres, indique sous le n°2128 Les Méditations spirituelles d'Ant. Faure, présid. de G., divisées en S parties (Paris, 1612). Le poète ne mourut qu'en 1624 : a-t-il eu les loisirs nécessaires pour compléter la dernière partie, soit en 1602, soit en 1612?

Dans son ouvrage sur Les oVUrfé (Paris, 1839), M. Aug. Bernard signale un manuscrit d'Anne d'URFÉ qu'il a pu consulter à la Bibliothèque royale (aujourd'hui Nationale), de Paris, sous la cote Supplém. franc. 183, aujourd'hui 25464. Parmi ces œuvres inédites, se trouvent des Sonnets sur les misteres du sainct rosaire de la bienheureuse vierge Marie, dédiés aux religieuses de Sainte-Glaire de Montbrison. A la p. 123 de son livre, M. Bernard parle de ces

« poésies [d'Anne d'Urfé] qui offrent généralement peu d'intérêt, et dont le sujet d'ailleurs a été admirablement traité par des plumes bien supérieures à celles d'Anne ». Il eût été difficile à l'auteur de prouver cette dernière assertion, du moins en ce qui concerne les Rosaires, et quelques citations n'auraient pas été déplacées pour confirmer son dire : le poète forézien a bien pu égaler les nombreux poètes que le xvne siècle a vus s'exercer sur des sujets religieux et qui n'étaient pas tous, il s'en faut de beaucoup, des Malherbe, des Corneille ou des Racine.

Sous le titre « Pour la feste de la Vénération nostre Dame, autrement dicte du saint Rosaire ou Chappelet », nous trouvons douze sonnets aux pages 308-14 des Sonets\\ spirituels de feue très vertueuse et très docte || Dame ST Anne de Marquets || Religieuse à Poissi || sur les dimanches et principales so || lennitez de V Année. \\ A Madame de Fresnes. (A Paris, chez Claude Morel, rue sainct Iacques à la Fontaine, M.DCV).

Réimprimées en 1898, dans les nos 22-24 du Spectateur catholique, ces poésies ne manquent pas d'une certaine allure ; leur nombre indique suffisamment que la savante religieuse a plutôt eu en vue la fête que la dévotion du Rosaire.

En 1602, F. Pierre Rabbi, docteur en théologie, Augustin d'Avignon, publiait à Lyon, chez Estienne Tantillon, Les Fiâmes \\ de V Amour || divin, || Premières evvrespoeti || ques. Onze ans plus tard, en 1613, il composait La || Rose d'or || du Paradis de \\ la Vierge, et quel- \\ ques Méditations

sur || une oraison de St Augustin || Plus || lePourtraict du || vrai Amour || ... (A Paris chez François HubyrueSt laques a la Bible d'or et en sa boutique au Palais en la gallerie des prisonniers).

Pour Rabbi, chacun des trois chapelets du Rosaire est composé de cinq roses,

« le premier, contenant les cinq premières roses d'or, esmaillees de blanc, qui sont les cinq mystères des ioyes de la Vierge ;

le second, contenant les cinq roses d'or, esmaillees de rouge, qui sont les cinq mystères des douleurs de la Vierge ;

le troisiesme, contenant les cinq roses d'or, esmaillees de vert, qui sont les cinq mystères des gloires de la Vierge ».

Cette curieuse symbolique n'a point été créée par notre auteur : en effet, dans la série d'articles consacrés au Rosaire par le R. P. Herbert Thurston, s. J., dans The Mont h, nous relevons un exemple bien antérieur au xvne siècle. L'incunable allemand : Unser Lieben Frauwen Psalter (1489), explique son frontispice historié en disant que le premier pater noster (rosaire ou chapelet) est tout blanc, et fait de roses blanches. Le second est tout rouge, et signifie que le second rosaire est fait de roses rouges. Le troisième paster noster est d'or, et signifie que le troisième rosaire est fait de roses d'or.

Chacune de ces roses est, chez Rabbi, prétexte à un sonnet, ce qui nous donne le total de quinze, un par mystère ou cinq par chapelet.

Un poète plus connu, Nicolas Le Digne, sieur de Gondes, prieur de l'Enfourcheure, publia vers la fin de sa vie, en 1610, à Paris, chez Eustache Foucault, La Couronne de la Vierge Marie, dédiée à la royne Marie, mère du roy. Au témoignage de Goujet (Bibliothèque Françoise. XIV, 148), « ce sont des sonnets et des hymnes; des sonnets pour chaque grain de chapelet, des hymnes, ou poème pour chaque fête de la Vierge ». Rien ne permet d'affir mer qu'il y ait cent cinquante sonnets et peut-être le poète s'est-il arrêté au cinquantième ou au centième?

Malgré le titre, on ne trouvera rien sur notre sujet dans le Psalterion || chrestien || dédié || à la mère de Dieu || V Immaculée Vierge Marie. || Par Pierre de Marbevf || sieur d'imare (A Rouen, || chez Iean Le Boullenger, || près les Iesuistes. || M. DG. XVIII.) Mais le chercheur sera peut-être plus heureux qui feuillettera les Sonnets sur les f estes de la sacrée Vierge Mère de Dieu, dédiés à Son Altesse (Nancy, Seb. Philippe, 1624), sonnets que je trouve cités dans le Dictionnaire de Bibliographie publié par Migne, tome VI, colonne 249.

La troisième partie de La \\ Philomele \\ Seraphiqve... Par Fr. Ian l'évangéliste d'Arras Prédicateur Capucin est en entier sur le Rosaire : elle a une pagination séparée et le litre spécial que voici : La Philomele Seraphique || partie troisiesme : || Où elle chante || la Mariade. ||

Spécialement les Mystères du || Bosaire. || (A Tovr-

nay, || De l'Imprimerie d'Adrien Qvinqve. || M.DC.XXXX. || Avec Grâce et Priuilege). Ces soixante Cantiques, agré-

Vagaxay. — Le Rosaire dans la Poésie. 2

mentes de la musique et que le pieux auteur a composés sur des « Airs Mondains », tels que « Vous ne voulez, belle, que je vous laisse », « Tous vos attraits adorable Uranie», « Le vin le vin le vin le vin », «Du vin, du vin, las mon Dieu ! » etc., témoignent d'une rare inconscience du vrai sentiment religieux mais aussi d'une assez bonne intelligence du répertoire de la chanson profane au début du xviie siècle.

Le Parnasse divin de M. de C 1er mont, imprimé à Toulouse par Arnaud Colomiez, en 1653, renferme six parties : le Grand Microcosme, — la Phisionomie, — la Chiromance, — le Rosaire mystique, — le Miroir ardent, — la Paraphrase sur l'Evangile de saint Jean.

Gomme ce livre, sans être très rare, est un de ceux qu'il suffit de chercher pour ne les rencontrer point, voici le titre exact de la quatrième partie.

Vive Iesvs, || Le || Rosaire || mystique. || Contenant cent cinquante [deux] Eleuations d'e-|| sprit en cent cinquante Sonnets, à l'imi-||tation des cent cinquante Pseaumes de || Dauid ou plustost des cent cinquante || Ave Maria du Rosaire de la Vierge : || dont la dixième Eleuation sera tousiours|| en sa faveur pour les trois Voyes de la vie || Spirituelle, Pvrgative, Illvminative, || et Vmtive, cinquante pour chacune || d'icelles, || Composé par M. de Clermont || Prestre. (A Tolose, par Arnaud Colomiez... M.DC.LIII).

Ces cent cinquante un sonnets (la voye purgative n'en comprenant que quarante neuf, mais la voye illuminative en comptant cinquante-deux), sont dédiés à « Madame,

Madame Deffiat, coadjutrice de l'abbaye des Dames de Saint-Sernin de Tolose ». Ils ne montrent pas un grand talent chez leur auteur et plusieurs sont d'une rare inconvenance dans les expressions.

M. M. Jasinski signale à la page 93 de sa thèse sur Y Histoire du Sonnet en France les Sonnets de J. Boughet, prestre, sur les principales f estes de la Sainte Vierge qui parurent en 1666 : s'agit-il d'une réimpression du recueil anonyme (?) de 1624?

A Toulouse, noble Gabriel de Vend âges de Malapierre (1662-1702) faisait imprimer en 1701 Le Psautier de Notre- Dame ou la vie de la très sainte Mère de Dieu. En cent cinquante sonnets. Cet ouvrage, que je connais seulement par la mention qu'en fait de Veyrières, p. 229-30 du tome II de sa Monographie du Sonnet, me paraît rentrer dans la catégorie des Rosaires.

Au xixe siècle, le R. P. H. Baudry, des Frères Prêcheurs, a consacré au Rosaire deux des sonnets recueillis sous le titre Pauca meis (Paris, 1895). M. l'abbé Daniel Jouniaux, professeur au collège Saint-Joseph, à Chimay, en Belgique, a publié aussi une plaquette sur Les XV mystères du Rosaire à une date qui n'est pas indiquée par M. l'abbé Boubée à qui je dois ce renseignement.

La Semaine religieuse du diocèse de Langres a publié, au cours de l'année 1904, une série de quinze sonnets sur les Mystères du Rosaire. Cette série semble appartenir à une œuvre d'ensemble qui correspondrait au recueil d'Anne de Marquets mentionné plus haut : son auteur ne se fait connaître que par les initiales V. H.

Mme Georges Goyau, née Lucie Félix-Faure, a consacré au Rosaire un des sonnets de sa Vie nuancée.

Est-il nécessaire d'ajouter que je ne me suis point occupé des cantiques non plus que des lignes rimées publiées dans les revues de dévotion ? Il serait par trop difficile de leur attribuer le nom de poésies.

Le R. P. Th. Esser, dans son ouvrage sur Le Saint Rosaire, mentionne un cantique allemand du rosaire composé par un Dominicain vers 1500 : Unser L. Frawen psalter oder Rosenkrantz, gesangsweiss gestellt durch F. Sixt Buchsbaum, anno 1500.

Les trois siècles qui ont suivi ne m'ont rien procuré, car ce n'est qu'en 1840 que fut publié le volume intitulé Die\\heiligen\\sonn- und festaglichen Evangelien || des\\Kirchenjahres. || Ein Sonettenkranz || von \\ vVî7/*e/mUNSCHULD, [| Pfarrer und Schul-Inspektor in Neuwied. A la page 124, l'auteur mentionne six fêtes de Marie, parmi lesquelles « Maria Rosenkranz oder vom Siège » mais à toutes il attribue le troisième sonnet du troisième dimanche de Carême.

Quelques trente ans plus tard, G. Zizlsperger composait ses Mariensonette (Mùnchen, 1872); je n'en connais, du reste, que le titre ; il en est de même du recueil de L. von Heemstede, Die lauretanische Litanei. 48 Sonette (1872), et de l'ouvrage du P. Baumgartner, s. J. Die Lauretanische

Litanei. Sonette. M. l'abbé J. Burlet veut bien m'informer que ce dernier volume parut chez Herder, à Fribourg en Brisgau, en 1883, et qu'il renferme 58 sonnets, un pour chaque invocation ; cependant le dernier sonnet traite les deux dernières invocations. Le recueil paraît avoir eu quelque succès, car une troisième édition qui comprend viii-60 pages en a été publiée en 1904. M. A. Baumann a composé également un ouvrage analogue : Die Lauretanische Litanei. Ein Sonettenkranz (Paderborn, 1895).

Plus récemment a paru Rasa mystica, die Geheimnisse des hochheiligen Rosenkranzes. . . in 1 6 Sonetten von F. Esser, s. J. (Gladbach, 1898).

M. l'abbé Boubée a bien voulu me signaler que « le volume de poésies publié à Prague en 1884, par Frà Fr. Em. Ibl, membre de l'ordre de Malte est intitulé Rùzenec, c'est-à-dire, en français, Chapelet ou Rosaire; il contient une série de poèmes sur les Mystères joyeux, douloureux et glorieux, chaque poème se composant de dix strophes de quatre vers, une pour chaque grain du rosaire. »

La Revue d'Histoire ecclésiastique publiée à Louvain mentionne dans sa Bibliographie, sous le numéro 4519 de

l'année 1905, J. Tretiak, Najswietsza Panna w poezyi polskiej (La Vierge dans la poésie polonaise). Cracovie, Société d'édition, 1904, in-8, 119 p. et 23 fig. Ce travail, que je n'ai pu me procurer, renseigne sans doute sur les poésies dont le Rosaire a pu être l'objet en Pologne.

Dans sa Chrestomathie rétoromane (Romanische Forschungen, IV, 143), M. G. Decurtins a publié une « Ganzun dil s. Rosarii » en 19 quatrains, qui date de 1695.

Le Catalogue des imprimés du British Muséum mentionne sous la cote 1219 c. 25, The Rosary of the Rlessed Virgin Mary, a sélection of Poetry arrangea in accordance with the prayers and méditations of the Rosary, hy a Member of the Sodality of the Living Rosary. London [Derby], [1848], 12°.

Les Carmina Mariana, publiés à Londres, par M. Orby Shipley, en 1893 (2e série en 1902), renferment, sous un titre bizarrement latinisé, divers sonnets anglais, originaux ou traductions, relatifs au Rosaire ou à quelqu'un de ses mystères. Aucun des poètes cités dans cette anthologie ne semble avoir consacré au Rosaire une composition de quelque étendue, mais miss Helen Atteridge, dont l'éditeur

nous donne trois sonnets sur autant d'invocations à Marie, a peut-être transposé toutes les litanies en quatorzains.

Dans la série d'articles du R. P. Thurston, signalés plus haut, qui ont paru dans The Month, d'octobre 1900 à avril 1901, dont il a été fait un tirage à part que m'a gracieusement envoyé l'éminent et très érudit auteur et que M. l'abbé Boudinhon a résumés dans la Revue du clergé français, 1er novembre et 1er décembre 1901, le chercheur notera plusieurs détails curieux sur les psautiers poétiques du Moyen- Age et sur le Rosaire dans l'ancienne poésie anglaise.

Les périodiques catholiques de langue anglaise ont publié parfois des poésies sur le Rosaire; ainsi, The Catholic World, au tome XXVII, pp. 348, 180, 470, a donné quinze a Rosary stanzas » avec un sonnet pour « Prologue » . Le tome XXX de la même revue contient, aux pp. 78, 79, trois sonnets intitulés « Rosary beads » . Un dépouillement complet et méthodique de ce périodique et de Y Ave Maria, ainsi que de The Rosary, accroîtrait probablement la moisson de poésies dignes de ce nom et relatives à notre sujet.

M. R. Metcalfe n'a écrit que neuf vers sur « The Rosary », p. 108 de ses Passion Sonnets || and other Verses (London, 1901).

L'une des dernières, et non la moindre production de la Muse catholique anglaise est le recueil de 63 sonnets publié par quinze membres de la Société de Jésus sous le titre latin de Mariale Novum : a séries of sonnets on the Titles of our Ladys Litany (London, Longmans, 1905). L'un de ces sonnets est intitulé « Regina Sacratissimi Rosarii » et

The Dublin Review l'a reproduit dans son numéro de janvier 1906, p. 196, comme conclusion d'un très élogieux compte rendu du recueil.

L'Espagne, dont une des reines obtint du pape Clément X que la fête du Rosaire se célébrât avec pompe sur tous les domaines du Roi catholique, fut une des premières nations qui accordèrent leur lyre à l'honneur du Rosaire. UEnsayo de una biblioteca Espahola donne, col. 101 du troisième volume, une longue description d'un incunable, signalé aussi par M. Conrad Haebler sous le numéro 301 de sa Bibliografia Iberica del siglo XV : Comiença la primera parte délias contemplaciones sobre el rosario de nostra Soberana sehora... Ordenadas por don Gaspar Gorricio de No u aria monje de Cartuxa : E tornadas en vulgar castellano por el reverendo sehor Bachiller Juan Alfonso de Logrono : Canonigo de Seuilla. . . (Fue impresso en . . .Seuilla por Meynardo vngut aleman, et Lançalao polono companeros a ocho dias del mes de julio del ano del serior de mil et quatrocientos et nouenta et cinco [1495]).

La bibliothèque de l'Institut de Gijon possède un manuscrit en deux volumes, contenant des poésies inédites, parmi lesquelles un Instrumento Espiritual divisé en quatre parties qui comptent 650 sonnets ; la préface est datée du 25 mars 1555 et elle est signée par l'auteur, D. Cristobal Cabrera. Le Dr D. Marcelo Macias y Garcia,

qui a publié plusieurs de ces poésies dans Poetas religiosos inéditos del siglo XVI (La Corufia, 1890) ne nous en donne aucune sur le Rosaire mais il est à présumer que ces deux volumes en renferment sur ce sujet car le même Cabrera est l'auteur de l'ouvrage suivant, indiqué sous le n° 3593 du Catalogue de la bibliothèque de M. Ricardo de Heredia :

Rosarium Beatae Benedictaeque et almae Virginis Dei genitricis Mariae : Juxta Sanctum Evangelium sacramque Scripturam triplici lingua Latina, Italica et Ilispanica, Metricaque Meditatione Trilingui meditatum, sicut meditabatur Christophorus Cabrera... (Romae, excudebat Vincentius Accoltus, M.D.LXXXIIII. [1584]). Ce volume, signalé aussi par M. Macias, loc. cit., p. xiv, comprend 144 pages gr. in-8° avec de nombreuses figures sur bois.

Le n° 905 du Romancero y cancionero sagrados (Biblioteca de Autores Espanoles, XXXV) est intitulé : « De un brève tratado de los cincuenta misterios principales de la vida de Cristo, intitulado Vita Christi Manual, con el Rosario y la Corona de la sacratissima Virgen Maria, Nuestra Senora ». C'est un très court extrait du Fasciculus myrrhae, dû à Fray Alonso de Traspinedo et imprimé à Anvers en 1553.

Il n'est pas hors de propos de citer ici le Iardin espiritual. Compuesto por F. Pedro de Padilla (Madrid, 1585), que mentionne le Catalogo de la Biblioteca de Salvà sous le n° 306, et qui renferme peut-être quelque poésie relative au Rosaire.

Le même Catalogo (n° 190) nous indique que le Cancionero de Nuestra Sehora (Barcelone, 1591) se termine

par « El rosario de Nuestro Senora Ay en este las

copias de cada Mysterio » L'exemplaire de Salvà avait

passé dans la bibliothèque de M. Ricardo de Heredia. Le Catalogue de cette dernière collection, sous le numéro 1656, indique que le livre est divisé en trois parties précédées chacune d'un titre particulier : la première comprend le Gancionero, la seconde El Rosario de Nuestra senora la

Virgen Maria et la troisième Los Gosos de Nuestra

sehora del Rosario.

Un chercheur plus heureux que moi réussira sans doute à feuilleter la Vergel de plantas divinas par le P. Arcangel de Alarcon (Barcelone, 1594). Bien que les Conceptos espirituales d'Alonso de Ledesma (Lisboa, 1605) qui m'ont été communiqués par M. R. Foulché-Delbosc ne contiennent rien sur le Rosaire, on peut supposer que des recueils analogues renferment l'expression poétique de la dévotion espagnole à Marie aux xvie et xvne siècles. La moisson bibliographique est abondante en Espagne, « operarii autem pauci ».

Il ne faut pas oublier les Conceptos de divina poesia, en

alabança del Rosario de la Reyna de los Angeles

por Lucas Rodriguez (Alcala de Henares, 1599), cités par Salvà en note au n° 721.

Los sagrados mysterios del Rosario de Nuestra Sehora. Compuestos por el Al ferez Francisco de Segura (En Çaragoça, 1602), tel est le titre d'un poème en octaves (inspiré

de Brandi ?) signalé à la col. 577 du tome IV de YEnsayo de una biblioteca Espahola et que mentionnait déjà Nie. Antonio, à la p. 365 du tome I de sa Biblioteca Hispana (Romae, 1672). Le British Muséum, sous la cote 1072. e. 18, possède une édition de Zaragoça, 1613.

Il est remarquable que le Rosaire soit complètement passé sous silence dans le gigantesque Templo militante Flos sanctorum, y triumphos de sus virtudes de Don Bartolome Cayrasco de Figueroa : la première édition parut en 1603 et plusieurs réimpressions en attestent le succès.

Aucune mention non plus soit dans les Coloquios espirituales de Fernan Gonçalez de Eslava (Mexico, 1610), soit dans les Loores de los santos de quien reza y haze comemoracion la Yglesia de Roma. y las de Espana..., par Gaspar Lozano y Regalado (Valladolid, 1619). Et pourtant ces deux poètes accordent une place importante à d'autres fêtes de Notre-Dame. Mais, huit ans avant ce dernier, Alvaro de Hinojosa y Carvajal terminait par un Rosaire poétique son Libro de la vida, y milagros de S. Inès con otras varias obras a lo divino (Braga, 1611). Chacun des XV mystères est le sujet d'une « Octaua glosada », de plus, les Joies, les Douleurs et les Gloires dé Marie sont célébrées en trois sonnets.

Les Discursos, epistolas y epicj ramas de Artemidoro, par Andres Rey de Artieda (Çaragoça, 1605 ?, 1645 ?) renferment des sonnets religieux, l'un desquels est écrit sur « Los quince misterios del Rosario ». On peut le lire au n° 104, p. 56 du tome XXXV de la Biblioteca et, récem-

ment, D. Miguel Mir l'a inséré dans son « devocionario clasico-poetico » intitulé Al pie del altar (Madrid, j 902).

Le traducteur français de Ticknor, M. Magnabal, mentionnant au tome III, p. 19, La mejor mujer madré y Virgen, poema sacro par Sebastien de Nieva Calvo, Madrid, 1625, remarque qu' « Il se termine au quatorzième chant par la description de la bataille de Lépante, qu'il attribue à l'intercession de la Vierge et à la vertu du Rosaire ».

La littérature dramatique de l'Espagne n'a point oublié le Rosaire; le n° 1331 du Catalogo... Salva est un recueil de pièces imprimé à Madrid en 1664. Trois « loas sacramentales » sont intitulées : « Del Rosario ». « De la Virgen del Rosario », « De Nuestra Sra. del Rosario ». Trois <( autos » par Tirso de Molina, Cubillo de Aragon et Antonio Coella sont consacrés, les deux premiers, à « Nuestra Sefiora del Rosario », le troisième, à « la Virgen del Rosario. »

Vicente Sanchez composa deux Romances « En ocasion de una Festa a Nuestra Senora del Rosario », et nous les lisons à la page 156 de sa Lira poetica Obras posthumas... (En Zaragoça, Por Manuel Roman, impressor.. Ano M. D. G. LXXXVIII [1688]).

Au témoignage du Catalogue 106 de la librairie Ludwig Rosenthal, « une transcription poétique du Rosaire » se lit dans le volume des œuvres de Sor Juana Inès de La Gruz publié par D. Juan Ignacio Gastorena y Ursa, à Madrid en 1700 sous le titre de Fama y obras posthumas del fenix de Mexico, décima musa, poétisa Americana.

De précieux renseignements se lisent dans l'ouvrage du R. P. Ruperto Maria de Manresa, o. M. Cap. La Virgen Maria en laliteratura hispana. Notas y apuntes. (I. Roma, 1904. — II. Barcelona, 1905); tout de même que la Lira Sacra hispano-americana (Morelia, 1906, encours de publication) renferme peut-être quelque poésie sur le Rosaire.

Les Catalans possèdent le Llibre || dels miracles de N™ Sra del Roser, || y del modo de dir lo rosari de aquella. || Compost \\per lo molt R. P. Fr. Geroni Taix..., (Gerona ; en la estampa de Geronym Palol, any 1685), qui, aux pp. 94-112, contient dix-sept gravures sur bois relatives aux mystères avec un dizain pour chacun. Le R. P. Taix étant mort en 1560, il y a eu de son ouvrage des éditions bien antérieures à celle-ci que j'ai pu consulter : c'est aussi la seule que possède le British Muséum.

A une question de M. le marquis de Vàlmar, D. Manuel Milà y Fontanals répondit qu'il ne croyait pas qu'il y eût un Cancionero catalan de Nuestra Senora, mais il mentionna l'existence dans le ? Verger de la Sacratissima Verge Maria ... per lo honorable Miguel Pérez (Barcelona, 1495) d'une sorte de Rosaire poétique. M. C. Haebler, dans sa Bibliografia Iberica del siglo XV ', citée plus haut, estime que ce volume n'existe pas et doit être le même que la Vida de la Verge Maria (Barcelona, 1494) du même Pérez, qu'il décrit sous le numéro 540. Les passages qu'en donne M. de Valmar dans son Estudio ... sobre las Cantigas del rey ... Alfonso el Sabio (Madrid, 1897), paraissent être la traduction de Gozricio cité au début de ce paragraphe.

Au reste, les trois fascicules, seuls publiés encore, du Cançoner mistich [del XVén al XVIéa segles], Barcelona, 1902), ne contiennent rien sur le Rosaire.

Le livre de M. Pimentel : Historia do culto de Nossa Senhor em Portugal (Lisboa, 1901), est à peu près muet sur cette question, bien qu'il cite de nombreuses poésies et fasse allusion à plusieurs « romeria » à Notre-Dame du Rosaire.

L'auteur de l'article sur « La poésie mariale », publié dans les Etudes du 20 janvier 1904 a bien voulu m'informer que le Parnaso Mariano, colligido por Abilio Augusto da Fonseca Pinto (Coimbra, imprensa da Universidade, 1890), ne renferme, p. 179, qu'une poésie sur a Notre- Dame du Rosaire ». Ces quarante-huit vers sont l'œuvre de la Sœur Violante do Geo (1601-93).

Le Catalogo razonado biografico y hihliografico de los autores Portugueses que escribieron en castellano (Madrid, 1890) nous indique, à la page 115, que Sor Maria do Ceo, née à Lisbonne en 1658, composa un Triunfo do Rosario repartido en cinco Autos .. . (Lisboa, 1740). Sauf le titre en portugais, l'ouvrage entier est en Castillan. Les titres des cinq « Autos » sont : La Flor de las fmezas, — Rosal de Maria, — Perla y Rosal, — Las Rosas con las espigas, — Très redenciones del hombre.

Le catalogue des imprimés du British Muséum mentionne sous la cote 1072, g. 19. (40.) Ramilhete de quinze Sonetos que na fbsta [festa] do Rosario de Maria Santissima en obsequio dos quinze mysterios délie offrece aos sens devotos . . . J, A. da Costa (Lisboa, 1763), 4°, et sous la cote 1072. g. 19. (32.) un autre ouvrage qui commence ainsi : Aqui se conte' m duas obras admiraveis novamente compostas : a primeira contem huma practica sentida entre o Gorpo, e a Aima, e a segunda o Rosario da Virgem Santissima. Traduzidas de Castelhan em Portuguez por D. Da Costa [In verse]. [Lisbon, 1760 ?], 4°.

On chercherait vainement des sonnets sur le Rosaire dans les Poesias ineditas de Fr. Agostinho da Cruz ; LXXXVII sonnets en ont été extraits et publiés dans YArchivo Bibliografico da Bibliotheca da Universidade de Coimbra.

A parcourir les douze volumes des Laudi Mariane publiés à Naples au milieu du xixe siècle, par Francisco Martello, on ne se douterait guère que le Rosaire ait été un thème favori pour les successeurs de Dante et de Pétrarque. Nombreux, pourtant, sont les rosaires poétiques dans la littérature italienne : plusieurs, non pas tous, sont en sonnets et il conviendra d'être réservé sur le caractère — prose ou poésie — des ouvrages signalés qui n'ont pu être vus, et dont le titre n'est indiqué que de seconde main.

M. L. Biadene, dans sa Morfologia del Soneito nei secoli XIII et XIV (Roma, 1888), n'indique pour ces deux siècles aucune série ni couronne du genre qui nous intéresse ici. Marraccio, dans sa Biblioteca Mariana, affirme bien que Gino da Pistoia (1270-1337) mit en sonnets les Mystères du Rosaire, mais les éditeurs modernes de Gino, MM. Giampi et Fanfani, contredisent à cette assertion. Il est peu probable que la Corona de la beatissima Vergine maria (Mediolani, 1490), renferme en ses 63 « capituli » quelque passage sur le Rosaire: Brunet (II, 292) dit bien, d'après Molini (Opérette, p. 117), que ce petit livre ascétique est en vers italiens, mais ne nous en indique pas la nature, stanze, terzine, ou sonetti. Il serait également inutile de chercher une mention du Rosaire dans les Triumphi : Canzon: e Laude || délia Gloriosa madré de Dio vergine Maria : Com || posti per il Reverendo padre fratre Gaspari \\ no Borro: Uenitiano : dil sacro ordine || di serui (Brescia, 1498). Des cent quarante-huit sonnets que contient cet incunable, huit (i à vi, lxxxxiij, cxxxviij) sont consacrés à Marie, mais n'ont aucun rapport avec le Rosaire.

Les siècles suivants ont été plus féconds et le P. Quadrio, dans son ouvrage, Délia storia e délia ragione d'ogni poesia, indique divers rosaires poétiques, surtout dans le troisième volume (Milano, 1742).

C'est tout d'abord un Psalterio, ovvero Rosario de la gloriosa Vergine Maria. . . (In Milano per Valerio et Ieronimo fratelli da Meda, 1572). Chaque mystère figuré est commenté en prose et en un tercet (Quadrio, III, 418).

Il est sans doute curieux de constater qu'aucune allusion au Rosaire n'est faite soit dans le recueil latin In foedus et victoriam contra Turcas iuxta sinum Corinthiacum Non. Octob. oo DLXXI partant Poemata varia (Venetiis. ^° DLXXII. Ex typographia Guerraea), soit dans le Trofeo délia vittoria sacra, ottenuta dalla Christianiss. Lega contra Turchi nelV anno M DLXXI (In Venetia, appresso Sigismondo Bordogna, et Franc. Patriani [1572]). M. Francesco Mango a étudié dans ses Varie ta letterarie (Roma, 1899), un recueil factice de pièces de poésies sur le même événement : aucune ne semble avoir trait au Rosaire. Mais Ferrante Carrafa a publié dans son volume V Austria (Napoli, 1573), consacré à célébrer la victoire dite de Lépante, 31 sonnets sous le titre de « Lode délia SS. Madré délia Vittoria, et reina del cielo ».

Le même Ferrante Garafa, marchese di Santé Lucido, n'a point composé de séries de quinze sonnets : à tout le moins, il ne s'en trouve point dans ses Rime spirituali (Genova appô Antonio Belloni, nel mese di Giugnio, l'anno M.D.LIX). Mais il serait fort aisé de trouver, parmi ces 515 sonnets, quinze morceaux se référant aux Mystères.

Le catalogue de la Bibliotheca Manzoniana indique, sous le n° 3255, un ouvrage de Reginaldo Spadoni : Rosario délia gloriosa Vergine Maria (Fermo, 1580). Mais le rédacteur du catalogue ne dit pas la nature du volume : prose ou poésie ? Et c'est peut être la première édition du Mistico \\ Tempio || del Bosario || con fiori, et frutti alla gloriosa

Vaganay.— Le Rosaire dans la Poésie. 3

Ver || gine Maria Madré di Dio, || con Ghir lande de' Beati que le même Reginaldo Spadoni fit imprimer « In Venetia, appresso gli Heredi di Marchio Sessa, MDLXXXIIII ». Ce dernier ouvrage, orné de 190 curieuses figures, renferme quinze octaves pour les quinze mystères, trois pièces en tercets pour les trois chapelets, et (f. 39, 62, 81, 100) quatre pièces assez longues en quatrains, dizains et octaves « Alla gloriosa Madonna del Rosario .

Quadrio (II, 265) mentionne un Rosario délia gloriosa Vergine Maria. . . (Venezia, 1583) et il ajoute que, dans ce livre dû au Gamaldule don Sebastiano de Fabriano « Tutti i Misterj di detto Rosario sono expositi in brevi Idillj, o più tosto in lunghi Madrigali. . . ».

En 1583, parut le Rosario délia || gloriosissima Vergine \\ Madré diDio || Maria, Auuocata di tutti i pec- 1| catori penitenti. || Composto nuouamente in Ottaua Rima con || alcune Annotazioni in prosa || Dal R. P. S. Serafino Razzi, dell' ordine || de' Predicatori, e Prouincia || Romana (In Firenze nella Stamperia del Sermatelli. MDLXXXIII).

Précédé de trois sonnets italiens et de quatre pièces latines en l'honneur de Fauteur, ce livre comprend, pour chacun des Mystères, un nombre variable d'octaves suivies d'annotations en prose : les dernières sont accompagnées de trois « Stanze da cantarsi alla Madonna, la domenica ciel Rosario » et de « Quindici orazioni [en latin] del santissimo Rosario ». 102 octaves célèbrent les Mystères Joyeux, 120 les Mystères Douloureux et 139 les Mystères Glorieux, soit, un total de 2888 vers, brièveté relative. . . et méritoire.

Au témoignage de don Silvano Razzi, Camaldolense, frère de l'auteur et qui fit éditer le volume, celui-ci avait été composé « gia piu anni sono à richiesta di molti amici suoi, e particolarmente in grazia délia molto Illustre, e Révérend. Madré Suor Gornelia Strozzi monaca nel ven. Monasterio di S. Paolo d'Oruieto ». D'après la Nouvelle Biographie générale (XLI, 787), l'ouvrage fut réimprimé a Pérouse, en 1587.

Et c'est aussi en 1587 que Bernardo Giunti imprimait à Venise le Rosario . . . per il R. P. Girolamo Berovardï, dans lequel quinze tercets célèbrent les Mystères.

L'année suivante, le même Bernardo Giunti publiait un Novo Rosario || délia gloriosissima || Vergine Maria, || Con quindeci Sonetti in esposition delli quindici Pater nostri , || et 150 Ottaue rime : per le 150. Ave Marie per le pie \\ conte mplationi delli quindeci Mister if , \\ Et un Horticello spirituale, ripieno de fiori, et frutti Celesti in Iode del || Signore, et délia Beat a Vergine, || Con le deuote Médit ationiper tutti li giorni délia Settimana. || Alla Santità di N. S. Papa Sisto Quinto || Del R. M. P. Gasparo Ancarano de Bassano. || Con Privilegio (In Venetia, MDLXXXVIII. || Appresso Bernado Giunti).

Orné sur le titre d'une gravure assez fine représentant l'auteur offrant son livre au Pape, et de dixsept autres, parmi lesquelles une série de quinze sur les Mystères, cet ouvrage nous montre dans le poète un versificateur habile, faisant succéder à la « Corona » des neuf sonnets de dédicace, « Sestina, Canzone, Madriale,

Ballata, Gapitolo, Stanza, Lode. Ottave rime, Sonetto» et sachant aussi user du mètre d'Horace dans une ode à Sixte

Quint.

C'est aussi en 1588, date de la dédicace au cardinal di Gosenza, que furent publiés les Misteri || del Santissimo \\ Rosario || in ottava rima \\ con alcuni sonetti e capitoli || spirituali \\ composti dadon Giulio Cesare || Grillo Salernitano

.(In Roma, || Appresso Tito, & Paolo Diani Fratelli ne' Giupponari). Les pages 25 à 46 de cette plaquette peu connue renferment le poème de Grillo composé de quinze séries de trois ottave chacune.

Cinq ans plus tard, paraissaient les Grandezze di Verbo ristrette ne Misterii del Santissimo Rosario, poema di Giovan Domenico Montefuscoli, Napolitano, . . . (In Napoli nella Stamperia di Orazio Salviani per Gio. Giacopo Carlino, e Antonio Pace. 1593). Quadrio (VI, 272), nous informe que ce sont cinq livres en « ottava rima » .

M. F. Evola, dans sa Storia tipografico-letteraria del secolo XVI in Sicilia (Palermo, 1878), mentionne sous le n« 37:

Brandi, Giovanni Antonio. // Rosario di Maria Vergina poema sacro ed eroico in ottava rima (Palermo, M. D. XGV).

Je n'ai pu voir que la réimpression citée par le même auteur, Rosario \\ di Maria Vergine || Santissima : \\ poema sacro, et heroico || del R. P. M. Gio. Antonio Rrandi, Salernitano, \\ Dottor Theologo, delta Religione de1 Padri Tertia \\ rij Regolari di San Francesco. \\ Congli Argomênti

à ciascun Canto \\ di Carlo \ ullietli (In Roma, || Appresso Carlo Vullietti. 1601).

La dédicace de l'auteur au cardinal Matthei, est datée « Di Saleme, à 15. d'Agosto 1595».

Neuf sonnets par Dom Leonardo Orlandini, prencipe délia Academia de gli Accessi, D. Bartolo Sirillio, Don Stefano d'Anna, Tobiolo Benfare,Manfredi Piacenza, Gioseppe Lapuma, Antonio Venetiani, Argisto Giufïredi et l'auteur lui-même précèdent les quinze chants en 81 octa\es chacun.

L'ordre chronologique permet peut-être de placer ici un ouvrage indiqué à la page 424 du Çatalogo délia libreria Capponi (Roma, 1747) ;

Amodio Gio. Leonardo. Istoria délia gloriosa vergine Maria del Rosario [in ottava rima] (Palermo, e Messina) [senza stampatore et anno].

Les Rime || spirituali \\ sopra iMisterii || del santissimo || Rosario, || di Francesca Turina Bufalina (In Roma presso a Domenico Gigliotti. M.D. XCV [1595]) sont dédiées au pape Clément VIII et comprennent 127 sonnets : cinquante célèbrent le « Primo Misterio del Santissimo Rosario detto Gaudioso », trente sept le « Secondo Misterio del Santissimo Rosario detto Doloroso », et quarante le « Terzo, et ultimo Misterio . . .detto Glorioso ». La seconde série est suivie d'un« Pianto délia Madonna », en vingt octaves ; la troisième est précédée de treize vers en l'honneur du pape et suivie de vingt-cinq « Ottave délia Gloria del Paradiso ». Malgré le témoignage de Quadrio (II, 278), ces sonnets ne furent

point reproduits par Santi Molinelli, imprimeur de Città di Gastello dans le recueil des Rime de Francesca Turina Bufalina qu'il donna en 1628. M. V. Corbucci Ta établi dans une conférence sur cette poétesse, conférence prononcée en 1901 dans la patrie même de Turina Bufalina et je l'ai aussi vérifié en comparant les deux recueils.

D'après M. Alfredo Saviotti: Rime inédite di Curzio Ardizio da Pesaro (1892), Ardizio composa en 1600 et dédia au cardinal Baronius une couronne de quinze sonnets sur les mystères du Rosaire, couronne qui se conserve à Rome dans la Biblioteca Vallicelliana.

Gapoleone Ghelfucci est un disciple de Brandi plutôt qu'un fervent du sonnet. Pendant trente ans il médita son poème qui paraît lui avoir été inspiré par Francesca Turina Bufalina ; M. Corbucci cite, en preuve, ces deux « terzine » d'un « capitolo » inédit :

Ma poscia a lungo andar tiraste innante,

Sicchè per secondar vostro desiro

Ebbi alfin voglia anch1 io d'esser gigante. E cominciai, che le mie rime ardiro

De la Vergine Madré intesser d'oro

Quindici rose in triplicato giro.

Son poème en ottava rima eut quelque succès, puisque j'en ai pu feuilleter huit éditions.

Il Rosario || délia Madonna \\ poema eroico \\ del sigx. Capoleone Ghelfucci || da Citta di Gastello \\ dato aile stampe da i || figliuoli dopo la morte delV Au tore \\ A diuo-

zione delV lllustriss. Signor || Cintio Aldohrandini || Cardinale di S. Giorgio || (In Venezia, Appresso Nicolo Polo MDG). La dédicace au cardinal, signée Lodovico Ghelfucci di consenso, ed ordine de' Fratelli, est datée « Di Gittà di Castello à 14 d'Agosto 1600. » Ses trente-quatre chants, divisés en trois parties paginées séparément : I-X, XI- XXIII, XXIV-XXXIV, ne comprennent pas moins de 3582 octaves soit plus de vingt-huit mille vers. Cette première édition est imprimée avec soin — bien qu'en caractères italiques — sur bon papier. Le titre est gravé dans un encadrement aux armes du cardinal ; les bandeaux et lettres initiales sont fort convenables et l'ensemble fait honneur à Nicolo Polo qui réédita l'ouvrage en 1603, 1606, 4 610 et

Deux ans plus tard, deux éditions parurent simultanément. L'une paraît être la reproduction pure et simple de celle de 1600 sauf pour la pagination qui est continue ; elle a pour titre II Rosario || délia || Madonna \\poema eroico || del sig. Capoleone || Ghelfucci || da Cil ta di Castello. || Air illvstriss. sig. donna Isabella || Doria délia Toi fa. || Con privilegio || (In Genova, Appresso Givseppe Pavoni. . . MDCII). La dédicace signée de G. Pavoni est datée « Dalla Stampa il di V. Settembre. MCII ». Le titre est dans un assez bel encadrement sur bois, mais la typographie et le papier sont loin d'être de première qualité.

Mieux imprimée, bien que sur un papier aussi mauvais, se présente à nous II Rosario || délia Madonna || poema heroico || del signor Capoleone || Ghelfucci || Da Citta di

Castello. Il Ricorrello, ristampato, \\ ornato di Figure. || e de gV Argomenti nel principio || de' Canti arricchito || [Marque] | (In Torino, || Appresso Gio. Domenico Tarino, M. CD. II). La dédicace à Donna Margarita di Savoia signée de G. D. Tarino est datée « Da Torino li 24Aprile 1602». Les « Argomenti » en un octave pour chaque chant sont l'œuvre de Paolo Filippi qui les dédie par un sonnet à la même princesse. Le titre est dépourvu d'ornements, mais chacun des trente-quatre arguments occupe une page entière dans un cadre plus ou moins historié et au-dessous se trouve une gravure sur bois qui vit de meilleurs jours. Les pages ne sont pas paginées, mais foliotées, de 2 à 207.

Le succès de cette publication de Tarino émut Nicolo Polo qui s'empressa de publier une nouvelle édition avec les « Argomenti » de Filippi. Le titre est identique à celui de 1600, sauf qu'après la ligne... || Cardinale diS. Giorgio, le graveur a ajouté Agiuntoui nuovamente gli Argomenti a ciascun Canto. La date aussi a été modifiée par l'adjonction de trois I, ce qui nous donne 1603. L'addition des « Argomenti » a modifié la mise en page, mais chaque partie a conservé sa foliotation particulière.

Ainsi qu'en 1602, deux éditions de Ghelfucci parurent en 1606. L'une, sans aucune prétention typographique, est intitulée II Rosario || délia || Madonna || poema eroico. || Del Sig. Capoleone Ghelfucci da Città di Castello. \\ Alla Illma- Sig™ contessa Olimpia || Trivultia Pallavicina || Aggiuntoui nova, &copiosa Tauola délie cose più notabili. || Gon Privilegio. || [Marque] || (In MilanoM.DGVI || Appresso Girolamo

Bordoni, e Pietromartire Locarni). La dédicace signée de G. Bordoni et P. Locarni est datée « Dalle nostre Stampe il 18. di Luglio 1606 ». Le titre n'a pas d'encadrement mais les lignes ci-dessus qui ne sont pas en italique sont imprimées en rouge. Cette édition ne comporte pas les « Argomenti » de Filippi, par contre, elle nous offre une précieuse « Tavola délie cose piu notabili, che in questo Rosario si contengono ». C'est aussi la première des éditions de Ghelfucci qui renferme une « Approbatio ».

En 1606 également, Nicolo Polo publia une réimpression. Le titre se présente dans le même encadrement que l'édition originale, mais il a l'addition de Agiuntoui... comme en 1603 et la date a été modifiée enM.D.CVI. Comme en 1603, il y a trois parties de 58, 76 et 65 ff.

L'édition de 1610 ne m'a point passé sous les yeux mais l'existence en paraît bien réelle. J'ai feuilleté deux autres éditions postérieures, l'une donnée par Nicolo Polo en

1616 et qui porte sur le titre Agiuntoui nuouamente

gli Argumenti a ciascun Canto. || Et la tauola délie cose Notabili. Le titre est identique à celui de 1600, la « Tauola » est la reproduction de celle de l'édition de Milan, 1606, et la foliotation est celle de 1603 et de 1606. De menues variantes typographiques attestent qu'il s'agit bien d'une réédition, et non d'un rajeunissement du titre et du dernier feuillet. Pour la première fois, N. Polo mentionne l'Approbation, tout à la fin du poème.

Le même titre, la même « Tavola », les mêmes « Argomenti » imprimés cette fois en caractères romains, la même

foliotation triple se retrouvent cinq ans plus tard, mais la dernière ligne du titre est modifiée et porte « In Venezia. Appresso Alessandro Polo. 1621 ».

En 1602, parurent à Milan, De Misteri del Santissimo Rosario, versi di Ambrosio Salinero [Savonese], gentiluomo Genovese. Gomin Ventura en publia une édition à Bergame en 1606. Quadrio (III, 120) nous avertit que ces « versi » sont des « canzoni » et qu'il en est de même pour le Rosario di Don Griostomo Talenti, monaco di Vallombrosa, imprimé par le même Comin Ventura en 1609.

Giovan Domenico Gamberini faisait imprimer en 1607 ses Rime \\ spirituali || sopra il santissimo || Rosario || délia gloriosa Vergine Maria (In Verona, per Bortolamio Merlo). Cette plaquette de 16 pages ne contient que deux octaves par mystère orné (!) de bois plus que primitifs.

En 1609, don Maurizio Moro, « canonico regolare di san Giorgio in Alga », publiait ses Rime sacre, qui ne comprennent pas II Rosario... ridotto in rima, paru cette même année, à Venise, chez Giovanni Alberti, au témoignage de Quadrio (II, 290).

Razzi se souvint dans son Santuario di Laudi, o vero Rime spirituali (In Firenze, Appresso Bartolommeo Sermatelli, e fratelli MDCIX), qu'il avait, vingt six ans plus tôt, célébré le Rosaire. Deux Laudi célèbrent la « vettoria navale » de 1571 : chacun des sept quatrains de la première se termine par le vers

Per amore del suo santo Rosario.

La Ghirlanda || didodici || Rosari || DelmoltoReuerendo ||

Don Giouan Vincenzo Piccino da Lecce|| (In Venetia,

presso Tomaso Baglioni. 1609), est un recueil de méditations assez courtes en prose. Dans les quatre premiers, chaque méditation est suivie de deux lignes rimées qui ne sauraient prétendre à être appelées de la poésie.

Paolino Fiamma, qui paraît être de la même famille que Gabriel, Févêque de Chioggia, essaya de donner un pendant religieux à son très Tprofane Gare g gamiento poetico, recueil de madrigaux empruntés à une centaine de poètes et de versificateurs. Sous le même pseudonyme de « Il Confuso Academico Ordito », il publia // Sacro || Tempio || Dell' Impératrice de Cieli || Maria Vergine || Santissima. || Fabricato de più purgaii Carmi, c habbiano || composti i primi Poeti d'Italia cosi \\ antichi, corne moderni (In Vicenza, Appresso Francesco Grossi. 1613). Les pp. 318- 52 renferment d' « AfFettuose, et Poetiche Meditationi del Santissimo Rosario » composées, pour chacun des quinze Mystères, de trois madrigaux empruntés à Grisostomo Talenti, Mauritio Moro et Carlo Fiamma. Les pp. 353-363 contiennent des « Preghiere alla Beata Vergine dopô haver detto il Rosario ». Ce sont deux ottave dus à M. Moro et C. Fiamma, ainsi qu'un Salve Regina en 41 quatrains par ce même Carlo Fiamma, parent, peutêtre même frère de Paolino.

Pietro Petragci a inséré, à la page 381 de ses Rime diverse publiées vers 1616 deux pièces de 9 et 8 vers « Per lo Rosario di nostra Donna stampato da un dottissimo Religioso ». S'agit-il de don Moro?

Les cent cinquante Ave Maria du Rosaire sont en étroite relation avec les cent cinquante psaumes, à tout le moins par le nombre ; il n'est donc point hors de notre sujet de citer à cette place la Corona || di Laudi || a Maria Vergine, \\ composta \\ in versi lirici, || et altre poésie || da Gurtio Verallo || patritio Romano. || Sopra li Salmi, che si leggono fra || l'Opère di S. Bonaventura, || in Iode d'essa Vergine || ... (1617. Venetia. Appresso Gio. Guerigli).

Les Rime sacre || del R. P. || F. Bonaventura Morone || da Taranto, || de1 Minori Osser. Rifor. || (In Venetia, Appresso Santo etMattio Grillo Frattelli. 1622), renferment, aux ff. 128-132, une série de quinze sonnets avec des titres en latin tirés de l'Evangile et se rapportant aux XV mystères : ils sont précédés d'un sonnet intitulé « Nella solennità del Santissimo Rosario ».

Belmonte Cagnoli ne sut pas être bref en célébrant Cinque \\ Misterii || del \\ Rosario || Annonziazione, — Natiuità, — Fuga in Egitto — Smarrito il Figliuolo per tre giorni, — Assunta inCielo. || ... (In Venetia, M.D.G.XXIIII || Appresso Antonio Pinelli). Il avait célébré le B. Laurent Justinien en 436 ottave ; il lui en fallut 728 pour ces cinq Mystères, soit près de six mille vers.

Le livre de G. B. Gimino : Nuovo e copioso thesoro délie grandezze spirituali del santissimo Rosario (In Napoli, 1626) est en prose, mais contient un sonnet de Gio. Vincenzo Albertino à N.-D. du Rosaire.

G'est probablement en 1628, date de la dédicace du premier livre « 77 Philoteuco », que parurent Le || Hieropho-

nie || libro IIII. || de le Rime || di || Pfo it/ieâ Obizzo || nelV Accademia \\ de gV Intrepidi di Ferrara \\ detto il \\ Regenerato. Ces poésies sur des sujets religieux, ainsi du reste que le titre le fait prévoir, comprennent quinze sonnets précédés d'un seizième sonnet intitulé a Manda ad Hippolita Torella Obizza sua Madré i seguenti 15. mister i del Rosaio ». Ils furent réimprimés dans Le poésie liriche \\ del sig. marchese || Rio Enea || degli Obizzi || nelV Academia Ricourata il Rigenerato || Divise in Libri Cinque || cioè || il mirto, il lavro, il cipresso, || la palma, el sambuco || da essa Academia Dedicate || ai Signori Vmoristi || di Roma (In Padova. M. D. G. L.) Le quatrième livre « la Palma » se compose en entier de pièces sur des sujets religieux et parmi celles-ci nous comptons les quinze sonnets sur les mystères du Rosaire avec le sonnet préliminaire « alla marchesa Ippolita Torella degli Obizzi sua Madré». Ces seize sonnets se retrouvent au tome IV des Laudi Mariane (Napoli, 1853).

Afin d'épargner une désillusion à d'autres chercheurs, on ne trouvera que vingt-sept discours en prose dans L'Impresa || de lia catena del Rosario, \\ di varie medaglie ornât a, || da Maria sempre Vergine || a salute delV huomo manifestata || . . . || Dal || R. P. Fra Tomaso Maria Bracchi || da Gomo dell' Ordine de' Predicatori. . . (In Brescia Per Antonio Ricciardi... 1633).

Les Rappresentationi || sacre \\ delli quindeci Misterij del\\ Santiss. Rosario \\ Composte dal Rev. P. Frà Felice \\ Agostino Felisi da Giaueno (In Torino, 1637), sont une suite de récits dialogues dramatisant les quinze Mystères.

En 1638, Ferrare célébra le couronnement de la Vierge sous le titre du Rosaire. Le récit de la fête fut imprimé quelques années après sous le titre de Ferrara \\ Trionfante || per la Coronazione \\ délia || 7?ma Vergine \\ del Rosario celebrata Vanno 1638. || . . . || Componimento delV Eccellentiss, Sig. || D. Ascanio || Pio di Savoia || . . • (In Ferrara, per gl' Heredi del Suzzi 1662). Au début de la plaquette, Giovanni Bascarini a placé deux siens sonnets, l'un à Donn' Ascanio Pio di Savoia, et l'autre « Aile sagre rose délia Santissma Vergine del Rosario ». Le « Componimento » est une série de monologues et de dialogues où figurent la Loi ancienne, David, la Loi Évangélique, S. Pierre, les Anges, S. Dominique, le B. Alain, S. Michel. L' || Adolescenza || vaneggiante. || Rime || del sig. Tomaso

|| Palazzi (In Gesena, 1639), est un petit volume assez peu commun dont les pp. 190-238 sont remplies par des stances qui succèdent aux 173 sonnets du début et les premières sont six sestine « Alla Beatissima Vergine del Santissimo Rosario ».

Agostino Coltellini publia en 1641 (in Firenze, Nella Stamperia d'Amador Massi, e Lorenzo Laudi) 77 || Rosario

|| Corona || Poetica. Précédés d'une dédicace en prose, d'une seconde en vers à la Grande Duchesse de Toscane, ce sont XI madrigaux célébrant chacun des XV Mystères, soit près de quinze cents vers. Les Approbations, placées à la fin du volume, montrent que le recueil était déjà composé en mars 1639.

Les deux ouvrages de Lorenzo Sgalaboni (1564-1649) :

Supplica del peccatore alla Bm* Vergine Maria (Ravenna 1640) ; Corona spirituale délia Santissima Madré di Dio, cioè laudi di essa in Sonetti docento di Autori diversi raccolti (Ib., 1641), renferment-ils quelques sonnets sur le Rosaire ? Il est permis de supposer que parmi ces quatre cent quarante sonnets, il s'en rencontre sur notre sujet.

C'est un curieux livre que II Rosario || Trionfante || Dramma Spirituale || del Sig. Giacinto Cini || Trà gl' Accademici Irresoluti || l'otioso. || Alla Illma et Nobilma Sigra || la SigraAngelaPappafauaZacca. || (InPadouaper Giulio Criuellari 1642. || Ad instanza di Vicenzo Coradini libraro in da. Gitta). La scène est à Toulouse. La Virginité dit le Prologue et parmi les personnages nous trouvons S. Dominique, F.Jean son compagnon, l'Ange Gardien, le comte Simon, général de l'armée catholique, Cecilius son lieutenant, cinq démons, quatre hérétiques, deux bons anges, sainte Catherine et sainte Cécile. Tout à la fin de la liste l'auteur a placé « Beatissima Vergine », alors qu'il eût paru plus naturel de la mettre au sommet de l'œuvre.

Les Rime di Giulio Giacinto Rongoni (In Venetfa, M.DG.LII. Presso MatteoLeni) renferment, à la page 394, un sonnet « Per la Beatiss. Vergine del Santiss. Rosario ».

On peut également placer vers le milieu du xvnc siècle, l'ouvrage suivant signalé par le R. P. Th. Esser, p. 272 de la traduction française : Quindecim mysteria Rosarii B. M. V. gaudiosa, dolorosa et gloriosa brevi paraphrasi proposita, salutaribus documentis explicata et piis affectibus inflammata ; quod christianae virtutis exercitium,

Deo Christo Jesu Virginique gratissimum, in Ecclesia Aulœ Cœsarse Magna S. Augustini Discale, tribus ultimis Quadragesimœ Sabathinis diebus ab Augustiss. Imper atore Leopoldo, gloriosiss. mémorise institut um, et a Sacra Cœs. et Cath. Majestate Carolo VI continuatum, magnis sumptibus proponitur et ad inflammandam populi pietatem solemniter celebratur.

(Viennae ex typogr. Gaes. Imp. aulica. Pênes Joanem Bapt. Schœnwetter, S. C. et Cath. maj. Aulae bibliopolam, s. a. 134 p. in-8). « Après la considération de chaque mystère, ce petit livre contient une poésie latine et un sonnet italien qui s'y rapportent » .

Fontanini, à la p. 542 Délia Eloquenza Italiana (Roma, 1736), mentionne un Canzoniero sacro del Cavalière Fra Ciro di Pers intorno ai mister j del Rosario. Si le titre est faux, le fait est exact. En effet, les Poésie del Cavalier fra Ciro di Pers (In Vicenza, 1666), contiennent, aux pp. 79- 111, quinze sonnets « Soprali quindici Misterj di Christo ». On les trouve aussi dans l'édition parue en 1667 à Tortona.

En 1669, Giovanni Gasparini offrit au doge Domenico Contarini un chef-d'œuvre de patience. Sur une feuille de parchemin, il avait transcrit en caractères microscopiques les quatre Passions des Evangélistes, une dédicace et 15 sonnets de sa façon sur les mystères du Rosaire, dédicace et sonnets publiés à Venise en 1882, par M. Antonio Pasini, pour la nomination de Giampietro Ferrari comme archidiacre de S. Marc.

D'après la Notizia degli scrittori Bolognesi (1714), ce

fut en 1674 que Monti publia à Bologne les Lodi poetiche de Domenica Stella Teresa Scandiani applicate a M. V. Santissima de Rosario, et ai Mis ter j di quello , per il giorno festivo sacro aile memorie solenni del Santissimo Rosario .

Les Poésie sacre || morali, e spirituali || di monsignor || Petrvcgi II vescovo di Jesi || . . . (In Venetia, M.DC. LXXXVI) sont divisées en huit parties. La « Parte prima, che contiene i Sonetti », comprend aux pp. 51-3, cinq sonnets sur « I cinque Misteri dolorosi ». Je ne sais s'ils se trouvent également dans la première édition, publiée à Iesi même, en 1685.

Le livre de Francesco de Lemene : Dio || Sonetti, ed Hinni || (In Milano, M. DC. XGII.) contient à la suite, avec une pagination distincte un « Rosario di Maria Vergine. Meditazioni poetiche ». La dédicace à Eleonora d'Austria regina di Polonia, duchessa di Lorena, est datée de « Lodi, 20 agosto 1690. » Eleonora répondit d' « Insbruck 18 Febraro 1691 ». Chaque mystère est prétexte à dix stances et à un sonnet.

Parmi les 218 sonnets, en grande partie moraux ou hagiographiques, qui se mêlent à quelques autres formes poétiques dans le Plettro \\ armonico || del signor \\ D. Giacinto Coppola (In Napoli, 1694), il s'en trouve deux (p. 32 et 33) « Per la Vergine del Rosario ».

La Bibliothèque communale d'Arezzo possède un manuscrit autographe de Francesco Redi (1626-96) qui contient outre un « canzoniere amoroso » composé de 123 sonnets,

Vaganay. — Le Rosaire dans la Poésie. *

de madrigaux et de canzoni, un petit poème en ottava rima sur les mystères du Rosaire. M. U. Pasqui en a extrait soixante sonnets qu'il publia en 1887 à Arezzo.

La Nouvelle biographie générale donne une précieuse indication, d'après les Scrittori Bolognesi de Fantuzzi : Romano Merighi, moine camaldule, né en 1658, mort en 1737 à Forli, publia en 1708, dans cette même ville Lî Mister j délia corona del Signore et quelli del rosario portati in varj sonetti. Mon exemplaire Délie Poésie delV abate D. Romano Merighi Camaldolese dettofra gV Arcadi Retila Castoreo Parte prima [ -e seconda] (Forli per il Dandi, 1708), ne les contient pas, mais un amateur consciencieux a transcrit à la fin les vingt-neuf sonnets que Merighi publia sous le titre ci-dessus et qui furent « Stampati in Forli per Gioseffo Selva 1708 ».

En 1705, le comte Luigi Nogarola Maffei faisait imprimer à Vérone « nella Stamperia di Domenico Rossi, à S. Maria Antica », Le Litanie délia Beatissima Vergine Maria, espresse in [60] sonetti.

Gio. Antonio Volpi composa un sonnet a Per la solennità del santissimo Rosario » et on le retrouve parmi les Rime qui suivent sa traduction du Dialogo di Zaccheria sçolastico, vescovo di Mitilene (Padova, 1735).

Le n° 487 de la 2e Série de' Testi di lingua stàmpati,... posseduta da Gaetano Poggiali (Livorno, 1813), est l'ouvrage de Gio. Maria Lucchini : // Rosario, corona poetica [di XV sonetti] (Firenze, nella stamperia di Antommaria Albizzini, 1737).

DANS LA POÉSIE ITALIENNE l)\

Les Rime di Adalsio Metoneo [Gio Antonio di S. Anna délie scuole PieJ (Firenze, 1738) renferment, à la page 247, un sonnet écrit « Per la Madonna del Rosario » .

Les sonnets de Girolamo Marcello patrizio Veneto : A Maria (Venezia, appresso Carlo Pecora, M. DGC. XL.), renferment également une série de quinze sonnets sur les Mystères ; de plus, chacun des trois chapelets est précédé d'une introduction en un sonnet. Et, le jour de la célébration du Rosaire [en 17.. ?], le même Marcello commença une paraphrase poétique des Litanies qu'il mena jusqu'à cinquante sonnets. Il en fit un résumé en six sonnets.

Une sorte d' « Anno Mariano » en seize sonnets se lit dans les Componimenti \ poetici Toscani ,| del canonico | Salvino Salvini (In Firenze. MDCGL) : l'un d'eux fut écrit « Per Nostra Signora del Rosario ».

Le Locli a Maria de Pellegrino Salandri (In Milano. MDCGLIX) sont célèbres dans la littérature italienne. Les LXXXI sonnets de ce volume furent réimprimés plusieurs fois, notamment à Parme en 1799 et à Camerino en 1829, sous le titre Le || litanie || délia \\ Beat a Vergine \\ in versi. Nous les retrouvons au tome VII des Laudi Mariane (Napoli, 1855) avec le titre de « Litanie lauretane » et quatre sonnets en plus. Le LXXXV est adressé à Maria del SS. Rosario

Le VIIIe des CLXXVII sonnets qui se trouvent dans Ignatii Guillelmi || Gratiani || canonici Tiberiacensis || Carmina || latina et italica || ... (Faventiae CI^I^CGLXX

[1770]), est indiqué dans YIndice comme ayant été composé « Per la Madonna del Rosario ».

Le Feste || délia || Santissima || Vergine \\ celebrate || con ossequiosi sonetti | dah" abate Giuseppe Tasghini (Parma, 1797. Per li fratelli Gozzi) ne contiennent qu'un seul sonnet, le XXVIIe, intitulé « La Madonna delRasario >.*.

Une confrérie de Naples, vers la fin du xvme siècle ou le commencement du xixe siècle, a publié un recueil annuel dont je n'ai pu me procurer que les années 1805, 1815 et 1820 : Componimenti poetici || sopra || i Misteri del Rosario || di || Maria Santissima || de Fratelli délia Real Arcicon fraternita || eretta sotto tal titolo || in || S. Domenico Maggiore || Recitati da' medesimi nel di 5 Ottobre || 1805 (Napoli Nell' officinadiRaimondi). Les Componimenti de 1815 furent « Recitati da' medesimi nel di 30 Settembre 1815 » et parurent « Presso Antonio Garruccio ». Ceux de 1820 furent « Recitati da' medesimi nel di 30. Settembre 1820 » et furent imprimés « Dalla tipografîa Flautina ». Dans chacune de ces plaquettes de 47, 77 et 63 pages, chacun des quinze Mystères est l'objet d'une ou plusieurs poésies en mètres divers : cinquante-quatre sont en forme de sonnets, mais aucune des trois séries ne renferme une suite de quinze sonnets.

Les Poésie sacre toscane de Gaelano Muzzarelli Brusantini Ferrarese publiées en 1804, contiennent une « Corona poetica a Maria » ; des douze sonnets, le huitième est intitulé « Nella festa del Santissimo Rosario ».

Parmi les Poésie || profane e sacre || di || Baldassare

Odescalchi y ducadi Geri || frai Pastori d' Arcadia || Pelide Lidio. (Roma , 1810. Presso Francesco Bourlié) , il se trouve une série de quinze sonnets « Su i Misteri del Rosario » , lesquels terminent les XXXVIII « Sonetti sacri » qui précèdent les LXVII « Sonetti in Iode di S. Teresa ».

Le Catalogue des imprimés du British Muséum mentionne sous la cote 1071. c. 13 (2.) Spiega délie Litanie délia Beatissima Yergine composte in ottave rime : aggiuntovi i quindici misteri del santissimo rosario (Napoli, [1815?] 12e.

En 1831, le Dr D. G. G. dédia au marquis Alessandro Fiaschi « protettore délia pia Unione del Santissimo Rosario » et fit imprimer à Ferrare une plaquette contenant dix-huit sonnets et intitulée Corona di sonetti sopra i misteri del Santissimo Rosario.

Quinze poètes italiens collaborèrent au recueil que Mario Negrini publia sous le titre de Rime in Iode di Maria Vergine del Rosario quando nelV anno MDCCC XXXVIII dal popolo Ferrarese la seconda secolare memoria in S. Domenico Festeggiavasi dalla incoronazione del venerando di lei simulacro (Tipografia di Gaetano Bresciani). Onze sonnets se lisent au cours de ces quarante pages en compagnie d'autres formes poétiques.

Les GLXXIV sonnets de don Giuseppe Monterosi Veronese publiés en 1843, l'année après sa mort, sous le titre de Maria \\ suoi misteri \\ e \\ del suo divino Figliuolo, n'en renferment qu'un, le GLXIXe, « La divozione a Maria

sotto il titolo del Rosario » suivi d'une canzone, la XVIIe du recueil, intitulée « Maria Santissima glorificata nel suo santo Rosario », mais il serait facile d'y trouver quinze autres sonnets correspondant aux XV Mystères.

Plus récent, II || Sancto Rosario || esposto in versi \\ dal prof essore Paolo Canco Angelici . . . (In Fabriano MDCCCLXXX) nous offre des terze rime, sestine et laude. Quelques sonnets, dix exactement, traduisent tout autant d'invocations des Litanies.

Un mince volume intitulé Leonilde Serrao \\ Novissimi et publié à Ferrare en 1892 par un groupe de dix Italiens à l'occasion du mariage de Leonilde Serrao avec G. B. Rezzani, renferme une suite de cinq sonnets sur les mystères joyeux.

On pourrait assurément extraire quinze sonnets relatifs aux Mystères du Rosaire du Canzionere Mariano que le P. Giovanni (Andréa Bonuzzi) a publié dans les Atti délia I. R. Accademia. . . degli Agiati in Rovereto. Série III. Vol. VIII. Anno 1902.' Le fait est que parmi les GLXVI sonnets dudit Canzoniere, il ne se rencontre aucune série de ce genre.

Les sonnets « alla Regina de' cieli » ne sont point absents des collections ou anthologies si nombreuses en Italie, mais je n'ai pu les découvrir, par série de quinze à tout le moins sur le Rosaire dans Le \\ Muse Sacre, || scella di Rime Spirituali, || ... delsig. Pietro Petracci (In Venetia, 1608), non plus que dans les quatorze volumes publiés à Rome de 1716 à 1781 sous le titre de Rime

degli Arcadi. Les Rime degli Aborigeni (Homa, 1779-81) n'en contiennent point non plus.

Quant aux douze volumes édités par Francesco Marlello à Naples de 1851 à 1863 et qui s'intitulent Laudi Mariane | ovvtro || Rime in onore délia Vergine santissima. || de" più insigni poeti || di tutti isecoli délia letteratura italiana, les neuf premiers ne renferment que la série par Pio Enea degli Obizzietle sonnet de Salandri. Le Xe contient, à la page 174, un sonnet de Pompeo Lanfranchi « Per la solennità del Rosario celebrata in Pisa da' Confratelli dell' Ordine di S. Pio V ». Le XIe, de la page 276 à la page 392 réédite en entier « Il Rosario di Maria Vergine per Francesco di Lemene » et, en plus, nous donne une « Ode di Carlo Innocenzo Frugoni alla Serenissima Duchessa Dorotea Sofia per la Festa del SS. Rosario celebrata in Colorno sotto i suoi auspicî », un sonnet du même pour la même solennité, un autre sonnet d'Alessandro Pegolotti « Per Maria Vergine del Rosario, accennandosi la vittoria aile Corzolari ». Le XIIe et dernier renferme, avec d'autres pièces, sonnets en majeure partie, les Litanies en LIX sonnets par un anonyme et le sonnet de Gio. Antonio di S. Anna, plus connu sous son nom Arcadique d'Adalsio Metoneo « Per la Madonna del Rosario ».

Il y a peut-être quelque poésie sur le Rosaire dans le volume suivant que je n'ai pu rencontrer jusqu'ici malgré d'activés recherches et dont l'existence est attestée par Quadrio (II 463) : Nuovo concerto di rime sacre composte dapiù excellenti poeti d'Italia sopra i principali misteri

délia vita< e morte di Cristo N. S., e délia Regina dé1 cieli In Yenezia, 1616).

L'étude comparée des littératures est, depuis quelques années, en grand honneur : puissent ces modestes notes inspirer ridée d'un relevé complet des pièces consacrées à la Sainte Vierge par les langues modernes à un chercheur plus patient, plus érudit et mieux outillé.

Ce PRÉSENT LIVRET FUT ACHEVÉ D'iMPRIMER LE MARDI XVIe JOUR DE JUILLET l'an M DGCCG VII

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