AIR
Que m'as-tu fait, belle nature ?
Rien ne me plaît.
Tapis cliarmaut, fraîche verdure.
Que m’as-tu fait?
Je ne sais pas ce qui m’agite.
Que dire, liélas!
Pourquoi mon'cœur bat-il si vite?
Je ne sais pas.
(Cueillant une fleur.)
Cueillons cette ancolie,
Symbole de tristesse et de mélancolie.
(Rejetant une fleur qui se présente sous sa main.)
Éclatant bouton d’or, je te lai»6e aux heureux.
Que ferais-je de toi? je ne sais plus sourire.
Et je soupire
Lorsque j’entends des chants joyeux.
(Elle s’assied sur le banc, y dépose son chapeau et ses fleurs, dont elle fait un
bouquet.)
Venez, venez, mes sœurs fidèles.
Pâles beautés, ô chères fleurs!
* Mêlez dans mes mains fraternelles
Et vos parfums et vos couleurs.
Venez, mes sœurs,
Q chères fleurs!
Mêlons nos pleurs Et nos couleurs.
(Tandis que M. Éginhard ramasse les fleurs rejetées par Berthe, madame de La Mésangère s’approche du banc sur lequel sa sœur est assise.)
MADAME DE LA MÉSANGÈRE, s’appuyant sur le dossier du banc,
Que fais-tu là?
BERTHE, se retournant.
Eugénie !
MADAME DE I.A MESANGERE.
Voilà un bouquet bien sombre. On dirait un bouquet de la Toussaint. Est-ce là le bouquet de noces que tu me destines?
BERTHE
Ma chère sœur... ne m’en veux pas, je t’en prie... ce ne sera rien, et la vue de ton bonheur me guérira bien vite.
MADAME DE LA MÉSANGÈRE
Je te retrouve. Si tu savais comme le sourire te va bien.
ÉGINHARD, présentant à Berthe les fleurs qu’il a ramassées.
Ces jolies Heurs, que vous traitez si mal, ne vous dépareraient pas non plus.
TT