SCÈNE YIII
Je tous ai vu pour la première fois.
Dans un bal, je tous aperçois :
Vous tous rangez sur mon passage;
Puis tout à coup votre visage Pâlit... et vous restez sans voix.
LE DOCTEUR
Je m’eD souviens, oui, mon visage Pâlit... et je restai sans voix.
MADAME DE LA MÉSANGÈRE
Mais bientôt, repftnant courage.
Et, devant moi vous inclinant.
Des yeux vous me rendez hommage Et bégayez un compliment.
LE DOCTEUR
Oui, devant elle m’inclinant.
Du regard je lui rends hommage Et balbutie un compliment.
MADAME DE LA MÉSANGÈRE
Et maintenant...
LE DOCTEUR
Et maintenant?
MADAME DE LA MESANGÉRE
Ce n’est plus la même figure.
J’y cherche en vain ce feu charmant Qui trahissait un coeur aimant.
LE DOCTEUR
Ah! Madame, je vous assure...
ENSEMBLE
LE DOCTEUR
Que rien n’est changé dans mon cœur, Non, rien n’est changé dans mon cœur.
MADAME DE LA MÉSANGÈRE
N’assurez rien, mon cher docteur.
Cela nous porterait malheur.
LE DOCTEUR
Non, Madame,
Sur mon âme!..
Rien n’est changé, croyez-le bien,
Dans votre cœur ni dans le mien.
MADAME DE LA MÉSANGÈRE
Non, non, non, non, n’assurez rien.
Cela ne pourrait aller bien.
LE DOCTEUR
Si vous saviez, belle grondeuse.
Quel plaisir indicible ou ressent à vous voir!
Ah! vous seriez moins querelleuse.
MADAME DE LA MÉSANGÈRE
La flatterie est dangereuse.
Prenez garde : je vais devenir vaniteuse.
Et devant moi ne plus avoir.
Matin et soir.
Que mon miroir.