SCÈNE X
BERTHE. • y
Et quand le jour renaît,
La pâle rêverie Succède à l’insomnie.
La tristesse me suit Et le jour et la nuit.
LE DOCTEUR
' Des pleurs involontaires
Viennent souvent humecter vos paupières ?
BERTHE
Hélas !
LE DOCTEUR
Vous ôles mal partout,
Et vous prenez toute chose en dégoût.
BERTHE
Toute chose.
LE DOCTEUR
Et parfois, quand votre front s'incline.
Un soupir douloureux gonfle voire poilrine.
BERTHE, à part.
Mon cœur ne va pas éclater.
LE DOCTEUR
Il semble que votre âme attende une âme absente... Vous détournez les yeux... et, dans ma main brûlante Je sens la vôtre palpiter.
BERTHE, se levant.
De grâce! laissez-moi.
LE DOCTEUR, à part.
C’est elle.
ENSEMBLE
LE DOCTEUR, i part.
Oui, c’est elle, c’est elle...
Ma mémoire est fidèle.
Et j’en crois le bonheur Qui me remplit le cœur.
BERTHE, à part.
Alt! ma douleur mortelle,
Malgré moi se révèle ;
On lit dans ma rougeur Le secret de mon cœur.
LE DOCTEUR
Ah ! répondez. Mademoiselle :
L’an dernier, n'est-ce pas, vous étiez à Paris?
Le cœur ne peut tromper... c’est bien vous que je vis. A l’antique Hôtel-Dieu, j’étais élève encore :
Soudain, un mal contagieux . Me saisit, me dévore,
Et le trépas va me fermer les yeux.