SCÈNE IV
ÉGINHARD, MADAME DE LA MÉSANGÉRE
MADAME DE LA MÉSANGÉRE
Mathurine est une sotte et une bavarde; mais il n’en est pas moins vrai que l’état de ma sœur commence à m’inquiéter, et j’attends impatiemment votre neveu pour le consulter là-dessus.
ÉGINHARD
Que peut-elle avoir?
MADAME DE LA MÉSANGÉRE
Vous savez qu’après la mort de notre mère, je mis Berthe dans rui couvent de Paris, pour qu’elle y finit son éducation. Elle venait à peine de l’achever, et j’allais la reprendre auprès de moi, lorsqu’un jour elle me déclara (et quelle jeune fille n’a pas formé ce pieux dessein) qu’elle voulait se consacrer au service des pauvres malades, en un mot, être sœur de charité.
ÉGINHARD
Ah bah!
MADAME DE LA MÉSANGÉRE
Je lui fis d’abord quelques objections; mais, comme les vœux de cet ordre ne sont qu’annuels, je ne vis pas d’obstacle à laisser Berthe suivre la pente de son cœur, et bientôt elle revêtit la robe de laine noire et elle couvrit sa jolie tête du bonnet de toile blanche à grandes ailes, qui la rendait plus charmante encore. Rien ne paraissait troubler son noviciat, lorsque, dans le cours de la seconde année, elle demanda tout à coup à quitter la maison de Paris pour celle de Lyon. Je pensai que c’était pour se rapprocher de moi; mais je me