‹ Le rossignolChapitre 1 sur 26 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

Chez ROULLET, Libraire de l'Académie royale de Musique ,

Palais Royal, galerie du Théâtre Français, n°, ig,

Et rue des Poitevins, n°. 7.

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M. D. ce a XVI.

Les Paroles sont de M. Etienne.

La Musique est de M. Lebrun.

Les Ballets sont de M. Gardel.

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Ie Rossignol n'est point de La Fontaine, quoiqu'il ait été inséré dans plusieurs éditions de ses Œuvres. On F attribue à M. Lamblin , conseiller au Parlement de Dijon, ou à M. du Trousset de Yalincour, de l'Académie Française. Ce joli conte a déjà fourni le sujet de plusieurs pièces de théâtre. Collé l'a traité sous le titre du Rossignol, ou le Mariage secret; cette petite comédie, mêlée d'ariettes , fut représentée pour la première fois , le j 8 novembre iy5i , cbez le comte de Clermont, prince du sang. En 1755, l'abbé de Lattaignant donna aussi un Rossignol sur le Théâtre de la Foire. Enfin, il y a environ vingt ans qu'un comédien de province, nommé Dancour, fit jouer sur un de nos petits théâtres un autre Rossignol , dont M. Lebrun avoit composé la musique. Ce dernier ouvrage ne réussit point. L'auteur avoit placé la scène à Athènes , et son action froide et languissante étoit entièrement dénuée de comique. Le succès qu'obtint, il y a deux ans, l'opéra de Joconde, rappela à M. Lebrun le sujet du Rossignol, qu'il persistoit à croire très-propre à la scène lyrique. Il eut la bonté de penser que je serois aussi heureusement inspiré par ce conte que je Pavois été par le premier, et il me proposa d'en faire un acte pour l'Académie Royale de Musique. J'avoue que la chose me sembla d'abord impossible. Cependant , il y a quelques mois que j'imaginai une situation qui me parut assez théâtrale , et alors je me décidai à soumettre ce petit Ouvrage au Public. Je désire qu'il ne soit point indigne

de son suffrage. J'ai eu plus d'un obstacle à vaincre. Nous avons trop ou nous n'avons plus assezde mœurs pour souffrir aujourd'hui sur la scène ce que se permettoit l'abbé de Laltaignant au Théâtre de la Foire , ou ce qu'osoit Collé dans les petits appartenons d'un prince. J'ai placé mon action dans une vallée des Pyrénées, convaincu que moins le sujet paroissoit décent , plus j'avois besoin de l'innocence des mœurs et de la naïveté du langage.

Ce petit opéra pourra, je le sens, paroitre déplacé sur une scène consacrée aux brillantes fictions de la mythologie, et aux grands traits de l'histoire. Mais s'il a le bonheur de plaire , il servira du moins à varier un peu le genre. Aux expositions publiques de nos Musées, ne placet-on pas des scènes champêtres au-dessous des plus vastes compositions? Et l'œil qui vient d'admirer un magnifique tableau ne se repose» t — il pas avec plaisir sur un petit paysage ?

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