SCENE IX. 3i
Dans ce riant séjour.
Chantons, chantons ensemble^ Et chantons tour à tour.
LE BAILLI , MATHURIN
Comme ils chantent bien tour à tour ; Ah ! que leurs voix se mêlent bien ensemble !
MATHURIN
Oh ! le charmant oiseau !
Ce n'est pas assez de l'entendre 7 Je veux le voir.
(// entre dans le bosquet ou est Lubin,) Oh ! qu'il est beau !
( Lubin s'enfuit. )
PHILIS, effrayée.
Mon père....
MATHURIN
J'ai failli le prendre; Mais soudain il a pris son vol.
Par ma foi , c'est un rossignol De singulière espèce.
LE BAILLI
Le maladroit ! Pourquoi lui faire peur ?
PHILIS, à part.
Il a vu Lubin : quel malheur !
LE BAILLI
Ma chère enfant , point de tristesse.
PHILIS , à part.
Ah ! nous voilà perdus.
Sa LE ROSSIGNOL,
LE BAILLI
Pauvre enfant , elle se désole.
PHILIS
Hélas ! pour toujours il s'envole ; Il ne reviendra plus.
Je vous consolerai , croyez-en ma parole : Vous n'aurez plus aucun regret.
LE BAILLI , à part à Mathurin.
J'ai depuis très long-temps un charmant perroquet :
Du matin au soir il babille ;
Je le destine à votre fille ; Il la divertira par son joli caquet.
Il disoit autrefois : Je t'aime Avec une grâce extrême.
MATHURIN
Le dira-t-il encor de même ?
LE BAILLI
Oui, je cours le chercher... J'entends nos villageois: Je veux auparavant leur annoncer mon choix.