SYMPTOMES PHYSIQUES
Dans le voisinage de la plaie d’inoculation on voil la peau prendre une coloration rouge lie de vin très spéciale, débutant parfois au bout des doigts et rappelant une tourniole, s'étendant ensuite sous forme, d’un placard plus ou moins large, qui gagne la face dorsale, le dos de la main, s'étend parfois en coulées sur la paume, mais rarement, peut remonter jusqu'au poignet et même envahir l’avant-bras.
Notons en passant que celte teinte rouge-foncée, violacée, caractéristique de l’érysipéloïde, peut cependant manquer, comme dans un cas de Belgodère où la peau était de couleur rouge vif.
Contrairement à la lymphangite réticulaire banale, l'érysipéloïde est plus foncé à la périphérie de la plaque qu’à sa partie centrale, et plus foncé à distance de la plaie qu’au pourtour immédiat de celle-ci. Parfois même la peau reprend rapidement au centre de la lésion une coloration normale. En somme, comme dans certaines dermatoses parasitaires, il semble qu'il
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y ait une évolution serpigineuse avec guérison au centre, extension à la périphérie.
La limite interne de l’érythème est vague et floue. À la périphérie au contraire la rougeur cesse brusquement. Il n’y a pas de bordure saillante et surélevée comme dans l’érysipèle, en un mot pas de bourrelet. Il s’agit la plupart du temps d’un érythème plan qui peut ressembler, comme dans un cas de Belgodère, « à ces angiomes que le langage populaire désigne sous le nom de taches de vin ».
Le plus souvent il n’y a pas d'ædème, ni de tuméfaction, et en pinçant la peau on ne perçoit pas d'infiltration. Cependant, dans plusieurs cas, et en particulier dans celui du professeur Lemierre, la main était infiltrée et les doigts tuméfiés et boudinés.
Parfois, au niveau du point d’inoculation, le processus infectieux débute par une pustule hémorragique. Parfois aussi, à distance de la plaie, on peut voir se développer une phlyctère à contenu citrin. On a signalé de plus l’odeur fade, fétide que dégagerait la lésion.
Dans certains cas, des traînées lymphangitiques se dessinent sur l’avant-bras et même sur le bras, et l’on trouve des adénopathies douloureuses, épitrochléennes et axillaires. D’autres fois existe une adénopathie froide, non douloureuse, sans cordon lym— phangitique intermédiaire. D’après certains auteurs, quand la lésion cutanée siège dans la partie radiale de la main, l’adénopathie est axillaire ; quand elle
LEE siège à la portion cubitale, l'adénopathie est sus-épitrochléenne. Ce fait est loin d'avoir été constamment vérifié.