‹ Le Rouget HumainChapitre 36 sur 45 · A. LA MALADIE DU PORC · texte numérisé non relu

A. LA MALADIE DU PORC

Le rouget du porc est une maladie assez polymorphe ayant une forme aiguë à caractères bien définis et des formes atténuées et chroniques beau-

coup plus difficiles à distinguer.

10 Forme aiguë. — C’est la forme classique de l'affection. Elle est quelquefois qualifiée de « septicémique ».

Elle débute par des signes infectieux brusques. Les animaux qui, le matin même étaient bien portants, sont pris brusquement de tremblement, de diarrhée,

HR de tachypnée et de fièvre. Leur queue se déroule et tombe pendante.

Dès le deuxième jour, l’animal présente des taches ecchymotiques ; c’est unexanthème purpurique sous forme de taches rosées, puis rougeâtres, violacées et même noires, dont la dimension est ordinairement de 1 à 2 millimètres environ. Leur siège est variable, mais elles prédominent toujours au pourtour des orifices naturels, donnant des hématomes sur les oreilles, le groin, l’anus, la vulve et même la face interne des cuisses.

Il s’y ajoute un troisième symptôme important, la: diarrhée ; et d’ailleurs à l’autopsie on trouve une tuméfaction des ganglions mésentériques. Ce dernier point est aisément compréhensible, la maladie semblant souvent être d’origine digestive.

En somme, c’est une affection aiguë, fébrile, avec éruption purpurique et manifestations intestinales.

La gravité en est extrême : la mort survient en deux ou trois jours dans le coma.On a même vu des porcheries perdant en quelques jours la moitié de leur effectif.

2° Forme suraiguë. — Elle est encore plus rapide, ne durant que douze à quinze heures. Elle est encore appelée rouget blanc : la mort se produit avant que l’ecchymose et les taches purpuriques aient le temps d’apparaître.

30 Forme allénuée. — Dite encore « forme cuta—

née », elle frappe presque exclusivement les jeunes animaux (po.celets de 4 à 6 mois) qui sont plus résistants que les adultes.

Elle donne de petites élevures violacées, de petits sphacèles noirâtres. Ce qui est caractéristique dans cette forme qui évolue presque sans fièvre, c'est l’atteinte de la queue et des oreilles : il y a mortification de ces organes ; les bords des oreilles, ainsi que l’extrémité de la queue, se sphacèlent, deviennent noiïrâtres, se détachent et tombent (Glasser).

Cette forme cutanée, nettement localisée, sorte de . gangrène sèche, traitée par le sérum, guérit facilement en huit à douze jours.

Certains cas d’échauboulure du porc, à forme urticarienne, s’apparentent au rouget cutané.

4° Forme chronique. — Elle s’observe surtout chez les adultes. Elle est caractérisée par de la faiblesse, de l'essoufftement, des œdèmes et des taches rosées discrètes sur les téguments.

Mais surtout on observe des troubles loco moteurs ; arthrites tibio-tarsienne et tarso-métatarsienne. Ces arthrites ont une évolution subaiguë. La guérison est possible, mais l’animal maigrit, n’a plus de valeur économique, et on l’abat.

À l’autopsie de ces animaux, on trouve des arthrites multiples à liquide séro-purulent, et dont le cartilage a l’aspect spongieux.

Mais, fait intéressant, on trouve également à l’au-

topsie, d’une façon presque constante, une endocar-

Ne

dite valvulaire généralement mitrale, plus rarement aortique. Elle est à type végétant, rarement ulcéreux.

Le rouget du porc est donc, soit ure maladie aiguë ou suraiguë pouvant être considérée comme une septicémie à caractère hémorragique, avec des lésions diffuses dans tout l'organisme, en particulier au niveau des ganglions mésentériques ; soit une maladie à évolution subaiguë, relativement lente, capable de provoquer des lésions du système articulaire et des endocardites aiguës de type végétant.

La contamination du porc se fait par voie digestive. Les déjections des porcs malades renferment l’agent pathogène : elles souillent les litières et les auges où s’alimentent leurs congénères, et ceux-ci sont tour à tour infectés. C’est donc la plupart du temps au cours d’épidémies que se manifestent les divers accidents du rouget du porc.

Il existe néanmoins des cas sporadiques d’une authenticité indéniable : leur apparition soulève des problèmes des plus intéressants.

C'est ainsi qu’à l’école vétérinaire d’Alfort, en 1902, un des animaux de la porcherie meurt après quatre jours de maladie : à l’autopsie, on découvre une endocardite valvulaire verruqueuse provoquée par le bacille du rouget. Six ou sept cas semblables toujours isolés, ont été observés en vingt ans par Nocard. ,

Pour expliquer cette sporadicité, il faut admettre que le bacille du rouget est un hôte normal de

l'intestin du porc et qu'il peut devenir pathogène.

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