Ann. Bert. 875, p. 127 ; Ann. Fuld. 87O, p
5. Sur l'intervention de .lean VIII, voir les lettres du pape de février 876, aux évèques et aux grands restés fidèles à Charles, aux évèipies qui avaient abandonné le parli de ce prince, aux évètjues et aux grands de Louis le Ge-manicpie, et une lettre de septembre à ce prince lui-même (.1. E. 3o37-3oAo et 3o/i4. Mignk, t. G.VXVI, coll. 0t)4-665, 0()5-0t>7, OO7-671, O72-675 et 680; Capitula nh Odone proposita, ch. a-6, CC, t. II, p. 35i-35a ; et Ann. Bert. 87O, p. 128). Cf. Mûhlb.vgiiek, Rej. Kiir., pp. 58t>-587, et DOmmlkh, t. II, |)p. 3yi et 4o4-4'o.
0. Voir les noms dans les Artd Sijnoili Ihtntiyunensis, coulirmatio Cisalpinorum, Ci'.., t. Il, p. 34y. Sur le comité lui-même, voir ses actes, CC., t. II, [ip. 347-3r)3, et Ann. liert. 87O, pp. 1 28-13 1. Francon n'a pas souscrit la charte accordée par le concile j\ l'abbaye de Clairlieu (M.vnsi, t. Wll, coi. 3i8).
MORT DE LOUIS LE GERMANIQUE (876) 4l3
des séances de ce concile, le 4 juillet, que se présentèrent les ambassadeurs de Louis le Germanique, qui venaient réclamer à Charles la part des Etats de Louis II à laquelle leur maître avait droit en vertu de l'hérédité et des serments qu'avaient échangés les deux rois. Willibert, archevêque de Cologne, était le chef de l'ambassade; il avait avec lui Adalard, dans lequel il faut probablement voir le comte de Metz, et Meingaud, comte du pagus de Worms et du pagiis Meginensis^. Nous ne savons pas quelle réponse fit le roi de France, mais elle ne dut pas satisfaire Louis, qui réunit une armée. La nouvelle des préparatifs que faisait son frère impressionna peut-être Charles et le décida à se montrer plus traitable. Après le concile de Ponthion, il fit partir pour l'Allemagne les deux légats pontificaux, Jean, évêque de Toscanella, et Jean, évêque d'Arezzo avec ses propres ambassadeurs, dont le principal était Odon, évêque de Beauvais^. Hincmar ne nous fait pas connaître les propositions que ces personnages étaient chargés de transmettre au roi de Germanie. Le 28 août ils quittèrent Servais ; ce même jour Louis rendait à Francfort le dernier soupir 3.
On ne peut, sans injustice, refuser à ce prince d'avoir fait en conscience son métier de souverain. Il avait gouverné son rovaume avec prudence et fermeté, fait respecter son pouvoir, maintenu l'ordre à l'intérieur et lutté avec énergie contre les Slaves et les Normands. S'il avait donné un déplorable exemple en laissant son fils Louis tenter d'enlever l'Aquitaine à Charles le Chauve et en envahissant lui-même les États de son frère quelques années plus tard, il fit, depuis 8G0, preuve d'une modération relative, qui contrastait avec la politique conquérante du roi de France 4.
Celui-ci allait, une fois de plus, montrer l'ambitieux avide et sans scrupules qu'il était devenu. Louis le Germanique laissait trois fils, Carloman, Louis et Charles, entre lesquels, il avait de son vivant, d'abord en 865, puis en 872, partagé ses Etats 5. Charles le Chauve n'avait pas le moindre droit sur le royaume de Louis, qui devait revenir tout entier à ses neveux, héritiers naturels de leur père. Mais dans l'espoir que les trois princes ne s'entendraient pas pour le partage de la succession paternelle, ou qu'ils seraient trop faibles pour lui résister, il résolut de conquérir, sinon tous Jes Etats qu'avait gouvernés son frère ^, au moins la moitié
I. Ann. Bert. 876, p. i3o. Nous connaissons Willibert et Adalard; nous reparlerons plus tard de Meingaud.
a. Ann. Bert. 876, p. i3i ; cf. Ann. Fald. 876, p. 86.
3. Ann. Bert. 876, p. i32 ; Ann. Fald. 876, p. 86; Réginon, Chronicon 876, p. 110. Voir le reste des textes dans les Reg. Kar., p. 587, et dans Dûmmler, t. II, p. 4i2, n. i.
4. Voir l'éloge de Louis dans Réginon, Chronicon 876, p. iio; cf. Dûmmler, t. II, pp. /H3 et suiv.
5. Pour le partage de 865, voir Adonis continuatio /» et Erchanberti continaatio (SS., t. II, pp. 324-325 et 329); pour celui de 872, Ann. Fald., p. 75.
6. Les Ann. Bert. 876, p. i32, parlent d'un appel adressé par Charles aux grands du royaume qu'avait gouverné son frère ; cela s'applique à la Germanie aussi bien qu'à la Lorraine orientale.
/jlA l''^ LORRAINE PARTAGÉE ENTRE LA FIL.VNCE ET l'aLLEMAGNE (8G(j-87y).
orientale de la Lorraine', ainsi que les pngi de Spire, de Worms et de Mayenre^. Charles ne perdit pas de temps. De Quierzy, où il se trouvait (|uaiid lui parvint la nouvelle de la mort de son frère, il se rendit à Stenav, d'où il lit inviter les (jrands de Louis le Germanique a le reconnaître pour roi : rcu.v qui se rallieraient à lui recevraient des bénéfices, il conlisi[ueralt, au contraire, les biens de ceux qui lui résisteraient 3. Nous savons qu'en Lorraine il trouva des partisans, qui le suivirent en France après sa défaite+. L'intention première de renq)ereui' était d'aller à Metz, pour y recevoir ceux des (jrands et des évèques qui se déclareraient en sa laveur. Mais, nous ignorons pour quel motil", il chaïujea d'avis ; peutêtre le comte de Metz Adalard refusa-t-il de se rallier à lui. Charles gayna Aix-la-Chapelle, puis Cologne, accompagné des légats pontificaux qui l'avaient rejoint. La nouvelle qu'une flotte normande remontait la Seine ne lui fit pas rebrousser chemin 5.
Des trois fils de Louis le Germanique, l'aîné, Carloman, guerroyait contre les Wendes^, Charles, le })lus jeune, se trouvait en AlamannieV, Louis, le cadet, était revenu à Francfort, après avoir fait inhumer son père à l'abbaye de Lorsch. C'était lui le plus menacé par les projets de Charles le Chauve, la plus grande partie de la Lorraine et les pagi de Spire, Worms et Mayence devant lui revenir. A la nouvelle que l'empereur avait franchi la frontière à la tête d'une armée nombreuse, Louis réunit en hâte quelques troupes, composées de Francs, de Saxons et de Thuringiens^, et il alla camper en face de Cologne sur la rive droite du Hhin9. En même temps, il adressa a son oncle une ambassade pour l'inviter à se contenter de ses Etats et a ne pas essayer de prendre ceux qui revenaient par droit héréditaire à ses neveux ; il lui rappelait en outre les serments qu'il avait jurés à plusieurs reprises. Cette première démarche n'obtint aucun succès '°. Louis se prépara à la lutte par des prières et })ar le jeune" ; de plus, il fit appel au jugement de Dieu. Les épreuves de l'eau froide, de l'eau bouillante et du fer chaud , que ses