LA. LORRAINE ET LES FILS DE LOUIS LE GERMANIQUE
Ces trois actes sont antérieurs au partage de la Lorraine qui, d'après les Annales Fiildenses , aurait été etîectué à la fin de 877, soit en novembre, soit plutôt en décembre. Les Annales ne le mentionnent en effet qu'après le retour de Carloman en Bavière', et il n'y arriva qu'au début de décembre ; on le trouve le 3 de ce mois à Œtingen^, et le 20 novembre il était encore à Vérone 3. Avant de quitter l'Italie, il avait écrit au pape qu'il allait a une entrevue où il devait rencontrer ses frères, mais il est à supposer que l'état de sa santé ne lui permit pas de se trouver au rendez-vous +. Louis et Charles y vinrent seuls, et ils répartirent entre eux et leur aîné la Lorraine d'une façon égale >'. Pourquoi revenait-on sur les dispositions antérieures ? Carloman avait conquis l'Italie après la retraite et la mort de Charles le Chauve : ses frères considéraient qu'il n'avait pas agi pour lui seul, mais pour eux tous ; ils entendaient donc avoir un morceau des États de Louis II, et pour que Carloman n'eût aucun motif légitime de leur opposer un refus, ils lui cédaient une part de l'héritage de Lothaire II ^. C'était sans aucun doute pour régler cette question des royaumes de leurs cousins défunts que les trois frères devaient se réunir.
Mais Carloman n'agréa pas les arrangements de Louis et de Charles, et il aima mieux laisser à ses frères la Lorraine, pour garder l'Italie. En
criture de la date est très difFérente de celle du corps même de l'acte, et semble indiquer une époque postérieure au ix» siècle. La ruche est l'œuvre d'un scribe, qui ne comprenait pas les notes tironiennes, et qui a grossièrement imité la ruche d'un diplôme qu'il avait sous les yeux. Cette ruche et le sceau, qui est placé à sa droite, se trouvent intercalés dans la formule de recogniiio qu'ils cou])ent en deux, entre concell [arius] et recognovi. MùHLBACHER, (jui a rclcvé cette parlicularité {Die Urkiindeii Karls III, SB. W. Ak., t. XGII, p. 412), en conclut que la ruche et le sceau avaient été apposés sur le parchemin avant que la recogniiio y eût été écrite. La chose est possible, quoique l'r et l'e de recognovi disparaissent sous le sceau, mais bien certainement le sceau n'a été mis qu'après la transcription du corps du diplôme. Ce qui le prouve, c'est que sa partie supérieure recouvre presque entièrement deux mots de la dernière ligne manu confirmantes, tandis que dans la ligne de date anno vero regni disparaissent sous le bas du sceau. Ce dernier inconvénient aurait d'ailleurs pu facilement être évité. Les trois mots anno vero regni se trouvent en effet à 9 centimètres à droite de indictione X, et à 5 millimètres audessus du reste de la ligne consacrée à la date ; mis à la place que régulièrement ils devaient occuper, ils n'auraient pas été cachés par le sceau. Il en résulte que ce dernier, ainsi que la ruche, ont dû être apposés sur le parchemin alors que l'acte et la date étaient déjà écrits, mais avant que Liutward, le chancelier, eût contresigné le diplôme.