Flodoard, H. R. E., liv. III, ch. 24, t. II, pp
8. Epistola ad Caroluni III imperatorem (Migne, t. CXXVI, coll. 989-994; regeste dans Flodoard, H. R. E., liv. III, ch. 20, t. II, pp. 200-201 ; cf. lettre à Hugues l'Abbé, Flodoard, H. R. E., liv. III, ch. 24, t. II, pp. 324-325).
434 LA LORRAINE PARTAGÉE ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE (869-879).
cueillir la succession de leur pfcre. D'autre part, (lliarles le Simple, le lils (l'Adelaïile, deviendra roi un jour, lui aussi, et ce sera le j)ropre successeur d'IIincmar sur le siège de Reims qui le couronnera. Pourtant, les trois princes ne peuvent être en même temps les fils légitimes de Louis le Bègue ; si cette qualité est reconnue à Louis et k Carloman, on doit la refuser à tlharles le Simple, et inversement, si ce dernier est l'enfant légitime, les deux autres ne sont que des bâtards '.
Au mois de février, Louis le Bègue avait envové à Autun son fils aîné, sous l'escorte de son gouverneur Bernard, comte d'Auvergne, de Hugues l'Abbé, de Boson et de Thierry. Un peu avant sa mort, le roi fit porter au jeune Louis la couronne, l'épée et les ornements royaux ; en même temps, il envoyait aux grands qui se trouvaient auprès de son fils l'ordre de le faire sacrer et coiu'onner-. Ainsi, il semi)lait vouloir exclure Carloman de sa succession, alors qu'à Fouron il avait manifesté des intentions tout opposées'. A la nouvelle du décès de Louis le Bègue, Hugues, Bernard, Boson et Thierry se constituèrent en conseil de régence et convoquèrent les grands à une assemblée qui devait se tenir k Meaux ; on déciderait là ce qu'il convenait de faire.
Mais une opposition se formait, dirigée par Gozlin, abbé de Saint- Denis ■♦. L'ambition, le désir de venger de vieilles ou de récentes injures?, la jalousie qui l'animait contre Hugues l'Abbé, et, k ce qu'il semble, l'opinion que Louis n'était qu'un bâtard, le déterminèrent k se déclarer contre le fils de Louis le Bègue et d'Ansgarde. Il résolut d'offrir la couronne k Louis le Jeune. Fait prisonnier k Andernach, il avait été bien traité par ce prince et par sa femme Liutgarde, et il avait conservé avec eux des relations amicales^. Il entraîna le comte de Paris, Conrad, cousin germain de Hugues l'Abbé?, et tous deux, sans attendre que le plaid de Meaux fût ouvert, se hâtèrent d'en convoquer un autre au confluent de l'Oise et du Thérin (ou Thérain), sous prétexte de traiter de
1. Leibniz, Ann. imp. occ, t. II, p. 83, se demande letiuel des deux mariarjes de Louis le Bèf]iie était le bon ; Sciircehs, Hinkinar, p. 428, n. 03, considère Ansgarde roinnie la femme lëyitime de ce prince.