BOSON ÉLU ROI DE PROVENCE A MANTAILLE
des menaces, en partie par des promesses, les évèques et les grands de la Provence et de la Bonrgogne méridionale ', déclarant en outre que les fils de Louis le Bègue et d'Ansgarde n'étaient que des bâtards, qui n'avaient aucun droit a la couronne ^. Naturellement, le fait d'avoir épousé Ermengarde, fille, nièce et petite-fîlle de souverains qui avaient régné sur la Provence, lui donnait un certain prestige et facilitait sa lâche. Bref, le i5 octobre 87g, un concile se réunit à Mantaille, entre Vienne et Valence, sur la rive gauche du Rhône ; six archevêques et dix-sept évèques y assistaient 5. On y l'emarquait, outre la plupart des prélats du royaume qu'avait gouverné le plus jeune fils de Lothaire I*"", l'archevêque de Besançon, les évèques de Lausanne, d'Agde, de Màcon et de Chalon. Les diocèses des trois derniers faisaient depuis 8^3 partie du royaume des Francs occidentaux^ ; Lausanne attribuée à Lothaire II en 856, cédée •par ce prince à Louis II trois ans plus tard, passée ensuite à Charles le Chauve, était finalement revendiquée par Charles le Gros, qui avait voulu, sans succès d'ailleurs, y faire consacrer évèque en 878 une de ses créatures 5. Besançon et les territoires qui en dépendaient au spirituel avaient été soumis à Lothaire II jusqu'à la mort de ce prince ; au traité de Meerssen, la ville même avait été donnée à Charles le Chauve, tandis que la plus grande partie du diocèse revenait à Louis le Germanique. Ainsi, les représentants des provinces ecclésiastiques situées dans les vallées du Rhône et de la Saône étaient venus presque tous à Mantaille. Ils décidèrent d'élire Boson pour roi, pliis, après avoir reçu de lui l'engagement de bien gouverner et d'écouter leurs avis, ils le proclamèrent roi. Des seigneurs laïcs, la communication envoyée à Boson par le concile en fait foi, se trouvaient à Mantaille, et avaient probablement constitué une assemblée distincte, qui s'était prononcée, elle aussi, en faveur de Boson ^. Quelques jours après, Boson fut couronné à Lyon par Aurélien, archevêque de cette ville?.
Le royaume du mari d'Ermengarde, d'après ce que nous venons de dire, s'étendait des Faucilles à la Méditerranée, des Alpes et du Jura aux Cévennes et aux chaînes qui les continuent à travers la Bourgogne.