‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 528 sur 764 · RÉGNIER APPELLE CHARLES LE SIMPLE (898J · texte numérisé non relu

RÉGNIER APPELLE CHARLES LE SIMPLE (898J

osé lui intenter un procès devant le tribunal du roi. Maintenant que le comte était disgracié, l'archevêque pouvait facilement obtenir justice. Les évêques et les comtes qui constituaient le tribunal reconnurent le bon droit de Radbod, et décidèrent qu'il reca«vrerait l'abbaye de Maastricht'. Zwentibold se rendit en personne à Maëstricht le i3 mai, pour donner à Radbod l'investiture de l'abbaye ^ . Le mois suivant, nous le trouvons à Essen, en Saxe. Zwentibold avait reçu à Aix-la-Chapelle la visite du comte Otton ; quand ce dernier revint dans son duché, sa fille et son gendre l'accompagnèrent. Le comte Otton et Oda figurent en effet comme intercesseurs dans le diplôme que le roi de Lorraine rendit en faveur d'Essen le 4 juin 3. Peut-être Zwentibold désirait-il le secours ou les avis du comte de Saxe dans les conjonctures critiques qu'il traversait. Pourtant Otton n'intervint pas.

La situation allait s'aggraver pour le roi. Après qu'il eut levé le siège de Durfost, Régnier et Odacer s'étaient rendus auprès de Charles le Simple, qui, depuis la mort d'Eudes, arrivée le i^'' janvier 898, était devenu le souverain incontesté du royaume de la France occidentale +. Les deux comtes se reconnurent les hommes de Charles et l'invitèrent à s'emparer de la Lorraine 5. Le jeune roi avait de sérieuses raisons pour se défier de Régnier, qui l'avait abandonné en 895. Mais des offres du genre de celles que lui faisaient les deux Lorrains n'étaient jamais repoussées. Rien qu'à peine assis sur son trône, bien qu'à peine maître de la France, Charles, semblable en cela à son grand-père, n'hésita pas à accourir en Lorraine et à tâcher d'en dépouiller Zwentibold. Ce dernier n'avait-il pas essayé trois ans auparavant d'en faire autant à son égard? Charles pénétra dans la Lorraine par le nord-ouest, ce qui était naturel, puisque l'influence de Régnier s'exerçait surtout dans le pays compris entre la Meuse et l'Escaut. 11 alla droit à Aix-la-Chapelle, oîi il entra sans coup

1. Deux actes nous sont parvenus, qui nous apprennent la prise de possession de Saint- Servais par Régnier, la confirmation de cette abbaye au comte, la réclamation de l'archevêque devant Je tribunal du roi, la sentence par laquelle celui-ci prononce la restitution de Saint-Servals à l'église de Trêves et l'investiture qui se passa à Maëstricht même (B. M. 1923, 1924, MR. UB., t. I, nos j^^ gi i45). Us auraient été rendus à Aix-la-Chapelle le i3 mai, jour de la fêle de saint Servais, 898, i'" indiclion ; le n» 1928 (original) porte 4® année du règne de Zwentibold, le n° 1924, 3<' année. D'autre part, le n° 1928 dit formellement que le roi a déjà investi à Maëstricht Radbod de l'abbaye Saint-Servais. La cérémonie a dû avoir lieu le i3 mai, puisque la fête de saint Servais tombe justement ce jour-là ; le roi ne se trouvait donc pas le i3 à Aix-la-Chapelle. D'après Ficker, BeUrsege zur Urkundenlehre, t. I, pp. 193-194, la date de lieu se rapporte au jugement prononcé à Aix avant le i3, la date de jour à l'investiLure faite à Maës:richt, et l'année du règne de B. M. 1928 à la « documentation ». Cf. Mûhlbacher, Reij. Kar., p. 716.

3. C'est une donation à ce monastère, qui avait Wicburc pour abbesse, d'églises et de hohse salicœ, c'est-à-dire de manses dominicaux, avec leurs dépendances, situés dans différentes localités dea paffi Coloniensis, Avegewe (p. Ahrensis ou Bannensis^, Cazzihgewe (subdivision du p. Coloniensis, (jui tirait son nom de Cuszicle, localité aujourd'hui dis parue), Mngnensis (Meginensis), MuoUa (Moilla), Julihgewe (p. Jiiliacensis) et Autotujla {Eijlensis?) [B. M. 1920, NR. UB., t. I, n» 81].

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