LES CONCILES. ANTAGONISME DES SEIGNEURS ET DU HAUT CLERGE
appartiennent les conciles réunis à Thionville en 844'^ à Metz' et à Savonnières en H5g 5, k Aix-la-Chapelle en janvier^ et en février 860 î, ainsi qu'en 862 6, k Metz en 863 7, k Douzy en 871 ^ et en 8749. Si les conciles d'Aix-la-Chapelle, de janvier 860 et de 862, et de Metz de 898 sont exclusivement lorrains par leur composition, il y a des prélats et des abbés français, allemands ou provençaux dans les conciles de Thionville (844)» de Metz et de Savonnières (809), d'Aix-la-Chapelle (février 860), de Tusey (octobre-novembre 860), de Metz (863), de Douzy (871 et 874), de Cologne enfin (870 et 887). Deux de ces assemblées, celles tenues k Cologne en 887 et k Metz en 898 sont des synodes provinciaux, le premier pour la province de Cologne, le second pour celle de Trêves.
Le but que se proposaient les conciles de l'année 869 était de rétablir la paix entre Louis le Germanique et Charles le Chauve ; s'ils ne l'atteignirent pas, en revanche l'un d'eux, celui de Savonnières, discuta et résolut différentes questions de dogme ou de discipline ecclésiastique. Les trois conciles d'Aix-la-Chapelle et celui de Metz eurent k juger l'affaire du divorce de Lothaire II, et celui ou ceux que réunit, nous ne savons où, Charles le Simple, examinèrent l'affaire d'Hilduin.
Nous avons vu que le haut clergé se recrutait surtout dans la noblesse '°. La mésintelligence, une hostilité déclarée même n'en régnait pas moins entre prélats et seigneurs. Ceux-ci étaient toujours prêts k s'emparer des biens ecclésiastiques, et quelquefois même ils mettaient la main sur des abbayes. Qu'il nous suffise de mentionner les usurpations de Conrad, le frère de Judith", de Gérard et de Matfrid", de Régnier'3, de Giselbert '+, de Boson '>, le frère du roi Raoul, pour ne parler que des plus connues. Rappelons aussi Hubert, le frère de Theutberge, chassant Hartbert, abbé de Lobbes, et prenant sa place '^, Réginon, abbé de Priim, obligé de céder la place k Richier, le frère de Gérard et de Matfrid '7. Menacés et dépouillés par les seigneurs, les évêques et les abbés lançaient quelquefois contre