‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 754 sur 764 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

LE FAUX DIPLÔME DE LOTHAIRE II POUR BELMONT (ÉCHERy). 76 1

démenti de leur part, ni une protestation contre les supercheries dont il les faisait les complices.

Aussi, n'hésitons-nous pas à partager l'opinion de Pfister, et à ranger le diplôme du i5 octobre 858 parmi les inventions de J. Vignier.

Une dernière question se pose à propos de ce document. Nous avons vu que les formules et le style en étaient suffisamment corrects pour que des savants autorisés pussent croire à son authenticité. Evidemment, Vignier a travaillé sur un ou sur des modèles ; est-il possible de le ou de les retrouver? Aurait-il même eu sous les yeux un acte rendu aux dates qu'il a données à son faux ?

Quand on compare le privilège pour Echery avec les diplômes authentiques de Lothaire II qui nous ont été conservés, on n'en trouve qu'un avec lequel il ait quelques ressemblances, celui rendu le 26 janvier 860 en faveur de Saint-Denis et contresigné par Ercambold '.

Voici, rapprochés les uns des autres les passages des deux actes qui ont entre eux un air de famille ^ :

Diplôme pour Saint-Denis du 26 janvier 860.

Imploraverunt sublimitatem nostram... quatinus...

Nos igitur saluberrimis implorationibus illorum assensum culminis nostri praebentes, hos regiae dignitatis imperavimus apices Jieri, per quos...

Faux diplôme pour Belmont (JEcherif) du i5 octobre 858.

Imploraverunt sublimitatem nostram... quatenus...

Nos igitur implorationibus eorum assensum praebentes, per hos nostrss regiae dignitatis apices...

C'est dans l'exposé et le dispositif que se trouvent respectivement les deux passages du diplôme fabriqué par Vignier qui paraissent avoir été tirés de l'acte concernant Saint-Denis. Pour le reste, les deux documents diffèrent l'un de l'autre. Par exemple, les termes res et mancipia employés dans le diplôme du 26 janvier, sont remplacés dans le faux par bona et homines, qui ne figurent dans aucun des actes émanant de la chancellerie de Lothaire II.

Il est donc possible que Vignier ait eu sous les yeux le diplôme pour Saint-Denis, auquel il aurait fait quelques emprunts, prenant d'ailleurs avec son modèle de grandes libertés, le réduisant et le modifiant pour dépister les soupçons. Reste encore une hypothèse : le faussaire se serait servi d'un acte authentique, dont il aurait ensuite détruit l'original ou la copie qu'il possédait, pour que l'on ne découvrît pas la supercherie dont il s'était rendu coupable. Dans ce dernier cas, tout en rejetant la teneur de l'acte lui-même, il y aurait lieu d'en conserver les dates pour l'itinéraire de Lothaire II. Mais rien absolument ne nous permet de donner cette supposition comme vraisemblable.

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