‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 109 sur 482 · MORT DE CHARLES I.E CHAUVE · texte numérisé non relu

MORT DE CHARLES I.E CHAUVE

entreprise au moment où la résistance contre les Normands était le premier besoin du royaume'; Charles avait déjcà été obligé de s'assurer leur concours par certaines des dispositions du Capitulairc de Quierzy ; ils avaient donc profité de l'occasion qui s'offrait à eux do contraindre le roi à renoncer à son projet. Charles, que cette mauvaise volonté mettait hors d'état de continuer la lutte, se hâta de revenir vers la Gaule. Mais, tombé malade en traversant les Alpes, il reçut, racontait-on, des mains de son médecin juif Sédécias un breuvage empoisonné et mourut près du mont Cenis, à Brios-, le 6 octobre 877 ■\ Louis le Bègue reçut à Orville* la nouvelle de la mort de

1. Ann. Vednst., 877 (Mon. Germ., SS.,i. II, p. 196): « Contra volun- « tatem denique'suorum cum conjuge iterum Italiam ingressus est ». L'explication des Aiin. Fuldenses, que les comtes étaient blessés par l'orgueil de Charles et de ses vêtements empruntés à l'Orient, est assez puérile (il va sans dire qu'elle est adoptée par Gingins, Bosani(/i's,p. 47). iM. HomiGEOis (Ca/Àlulaire de Kiersy,p. y7)conjecture plus justement, d'après le texte des Annales de Saint-Vaast et certains articles du capitulairc, que le mécontentement des grands est en relations avec la nécessité de payer le tribut aux Aormands. — Ce n'étaient pas d'ailleurs seulement les grands qui étaient hostiles à l'expédition, mais aussi les évoques dont on dépouillait les églises (J/zn. Vcdast., loc. c//.) pour payer lesiNormands. Hincmar (.t;r/i. Berlin., p. 136) dit expressément que les évèques soutenaient la cause des rebelles. Lui-même n'a pas un mot de blâme pour ceux-ci, et, après la mort de Charles le Chauve, se hâte de recommander à son tils de faire appel au concours des meneurs du mouvement. A cela, il faut ajouter le mécontentement vis-à-vis de Louis au sujet des distributions irréguliêres de bénétices. 11 n'est donc pas besoin de songer, comme M. HoL'nGEOis,(oj(>. cit.]!. 88-98), à une influence considérable exercée par Loson dans la révolte de 877, à la suite d'intrigues des seigneui's italiens auprès de leurs compatriotes de Bourgogne. M. bourgeois le suppose mécontent et disgracié, ce qui ne peut guère se concilier avec les nombreux diplômes obtenus par lui. avec les prières ordonnées pour lui par Charles le Chauve. En outre, de l'article 31 du capitulaire de Quierzy, M. Bourgeois parait conclure que les comtés de Boson, de Bernard et de Gui étaient le centre de la révolte. Nous croyons plutôt qu'ils sont là réunis parce qu'ils sont situés dans la Bun/iiiidia (Bernard était comte d''Autun) et que la Biirgundia paye un tribut spécial. — 11 y a eu mécontentement général des prùiiores à Loccasion de la question des bênêlices et de celle du tribut, et Boson ne ])arait pas avoir eu plus de part que Hugues l'Abbé ou Bernard au refus d'obéissance qui amena la déroute de Charles le Chauve.

2. La localité n'est pas identitiée. Le dernier auteur qui ait discuté la question, M. Pini.iPo.N (I.e .second rot/aione de Bourijixjiie. dans les Ann. Soc. lù/tiil. Ain, IS'.X), p. 634) démontre l'inadmissibilité des diverses identifications proposées pour Brios, mais à vrai dire n'en indique pas de nouvelle!.

3. Ann. Berlin., ^11, p. 137 ; Ann. Vedasl., a. 877. Mon. Germ.. SS.. t. il, ]). 196.

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