‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 152 sur 482 · PRISE DE MAÇON · texte numérisé non relu

PRISE DE MAÇON

rusurpateur sur la rivo droite du Rhône. Ils recouvrèrent, vraisemblablement sans combat', une partie des villes occupées par Boson dans la Bourgogne éduenne et arrivèrent devant Màcon, que défendaient les hommes du nouveau roi ayant à leur tête un certain Bernard"; ils s'en emparèrent sans avoir, semble-t-il, rencontré grandes difficultés. La ville et le comté qui en dépendait furent donnés par eux à Bernard

« reliquo exercitu Burgundiam petentes. » (Aim. Vi'dast., a. 880, Mon. Germ., SS., t. II, p. 198).

1. Aucune des sources annalistiques relatives à la campagne de 880 ne mentionne de combat avant l'arrivée à Màcon. Le « civitates quas tyrannus inva:-;erat reccperunt », des Ami. Vedaslini, n'indique pas qu'on ait trouvé beaucoup d'obstacles. — II est bon de rappeler, à l'occasion du récit de cette guerre, qu'un texte hagiographique, les Miracula Sanctae (Jpporlunae (Acta sancl. ord. S. Beii., saec. III, p. n, p. 234-6). fait pénétrer, au cours de cette campagne, les troupes de Boson jusqu'à Moussy-le-Neuf en Meldois (Seine-et-.Marne, arr. Meaux, ch.-I. de canton). Là, un soldat, ayant tenté de se glisser sous l'autel e.st puni de son impiété. Nous ne trouvons dans aucun texte rien qui autorise à supposer que les troupes de Boson aient jamais pu s'avancer aussi loin. Cependant le texte, œuvre d'Aldhelm, évèque de Séez. est contemporain de Charles le Chauve et de ses fils. Ce qui nous paraît le plus vraisemblable, c'est que vivant en Wenstrie, loin du théâtre de ces événements, l'auteur aura commis une confusion entre les diverses guerres dont il entendait parler : le nom de Boson sera venu remplacer ici celui d'un des souverains germaniques qui envahirent à plusieurs reprises la Gaule orientale durant la deuxième partie du ix*-' siècle.

2. Ann. Berlin., a. 880, p. 151: « In quo itinere ejectis de Castro Matiscano Bosonis hominibus, ipsum castellum ceperunt. » — .4/;//. Fuldeiises, a. 880, p. 95 : « Madasconam urbem expugnantes, Bern- «hardum, qui in ea principatum tenebat, in deditionem accipiunt. » On a cru (DuEMMLER, Osifr. Reich. t. III, p. l'tS) (ju'une confusion avait été commise par Fannaliste de Fulde entre le nom de ce personnage et celui de Bernard d'Auvergne, auquel le comté de Màcon fut ensuite donné. On a supposé, par suite, que le défenseur de la ville était en réalité le comte Sirald, à la requête duquel Boson donna le 2 décembre 87i), au monastère de C'harlieu, la petite abbaye de Saint-Martin sur la Saône (Bifjimer, n° 14i5 ; Hist. de Fi\, t. IX, p. 670). Mais 1° ce personnage pouvait ne pas être comte de Màcon ; 2° (|uand bien même il l'aurait été, il eût pu ne pas défendre la ville en 880. Les Ann. Fu!densc'< peuvent avoir été bien renseignées, car des Allemands avaient pris part à l'expédition, et Méginhard n'avait, sur ce point ])articulier. aucun intérêt à altérer la vérité. — On a identifié ce ])ei-sonnage avec I5ernar(L fils de iJlichilde (cf. I/isl. de fjiiit/itedoc, t. Il, p. 317), Mabille supi)0se (//>/V/.. et A'o//. d'Ariuit.. p. 53) que l'ancien nuu'(juis de Gothie, dont l'histoire ])er(l alors la trace, s'était réconcilié avec i?oson, alors révolté comme lui, et aurait reçu du nouveau roi le comté de Màcon. Mais en ce cas, il serait l)ien singulier (|ue I(>s Ainialcs d'Ilincmai' ne disent pas exj)res.sément(iue l'adversaire que les rois francs avaient alorsdevant eux était un personnage aussi connu f|ue lemartpiisdeGolhie lilsdeBlichilde.

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Plantevolue, chargé ainsi de (léfoiulro contre les entreprises de Boson, outre son ancien comté d'Auvergne, une partie des territoires qui allaient constituer la marche de Bourgogiui'.

Charles le Gros ne parait avoir rejoint ses cousins qu'après la prise de Màcon", mais en revanche il est possible que le contingent placé sous les ordres du margrave Henri n'ait pas pris part à la suite de rex})édition^. Boson d'ailleurs, après la prise de Màcou, ])arait axoir renoncé à défendre plus longtemps les pa}s situés sur la rive droite du Rhiuie ; il repassa sur la rive gauche* et se rendit à Vienne. 11 ])araît avoir séjourné dans cette ville en même temps que sa femme et sa liile", soit que celles-ci l'eussent suivi, soit qu'elles se trouvassent déjà dans la ville. Les rois francs traversèrent le fleuve à sa suite et marchèrent vers la cité que l'on pouvait dès lors considérer comme la capitale du nouveau royaume*'.

A partir de ces événements, les divers témoignages ne s'accordent plus au sujet de la conduite ultérieurement tenue par Boson. Celui-ci, en effet, selon Hincmar, aurait quitté Vienne en y laissant sa femme et sa hlle, avec une notable partie de son armée, tandis que lui-même s'enfuyait « vers les montagnes '' ». Selon les Annales de Saint-

1. Ann. Berlin. . loc. cit. : « Cum comitatu Becnardo cognomine Plance tapilosa dederunt. » En présence de ce témoignage formel, il faut donc identifier le nouveau comte de iMàcon avec le marquis d'Auvergne, malgré l'avis contraire de Dukmmleh, O-'ilfr. Rric/i. loc. rit. — Cf. Mabille, Le royaume ci Aquitaine, p. 21.

2. Cela semble bien ressortir du texte d'IIincmar. d"après lequel les deux rois occidentaux, en quittant Troyes, devaient r()joindre en liourgogne Charles le Gros et son armée, d'après lequel aussi la prise de Màcon aurait eu lieu u in itinere ». dans le trajet fait pour retrouver le souverain germanique. Le récit des Annales Vedaslini concorde sur ce point avec celui des Annales de Saint-Bertin.en indiquant la jonction avec Charles comme postérieure à la réoccupation par les troupes franques des cités eavaliies par i'oson.

3. Dukmmleh, Ostfr. lieirh. t. III, p. I'i6. 11 n'en est plus parlé i)ar la suite.

4. Ann. Fuld.. }). 1)5: « Huoso vero fugiens ultra Khodaniun.... »

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