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|882] SIKf.K nr. VIKNNK l'Ali C.MSI.OMAN Ij'j
durant l'année 881, ni pendant les jji-emicr.s mois de 8S:^. P.icii que les noms de lieux, qui marquent l'itinéraire (Ui)lumali(iiio de Carloman soient difficiles à identifier', ils paraissent indiquer un long séjour dans le Berry et dans l'Auvergne ^ Une mention plus précise permet de constater avec certitude sa présence en Anjou, le 14 juin 882^ Dans le courant de ce même été, cependant, il reprenait la campagne contre Boson et, accompagné d'un certain nombre de grands, parmi lesquels l'évèque de Langres, (xcilon, il se trouvait de nouveau, le 8 août 882, sous les murs de Vienne'*. C'est là qu'il reçut la nouvelle de la mort de son frère, survenue à Saint-Denis le 3 aoùt\ Les grands le sup{)liaient en mémo temps de venir prendre possession de la partie septentrionale du royaume sur laquelle s'était exercée l'autorité de son frère ; aussi Carloman,
1. Par exemple, quel est exactement le Pierrefitte qui répond au J'etraftetn de deux diplômes du mois de mai S81 (///.s7. de l'r., t. IX, p. 4iy-i20) ? On peut dire avec Mabillon {De re diidomalica. p. 34) : « Obscura relinquitur ejus loci positio, quem hoc nomine multiplicem « lego in tabulis geographicis. »
2. C'est ce qu'avaient déjà reconnu les éditeurs des ///.s7. de Franee, t. IX, p. 320, n. Terreijasse, au contraire {llist. de Hoson, p. 115 et 116), admet, comme nous l'avons dit. que Carloman, à la tète d'un corps d'observation, resta deux ans devant Vienne. On peut peut-être proposer, pour quelques-uns des diplômes, les identifications suivantes:
30 novembre 880 (Ilist. de ir., t. IX, p. 418): « Apud Xerondam Villam ». — iXérondes. Cher, arr. Saint-.Amand, ch.-l. de canton.
12 janvier 881 (Hist. de Fr., ibid.) : « Apud Villam Caciacum ». — Chassy, com. Blet, cant. Nérondes.
Mai 851 (Hist. de Fr.. t. IX, p. 419) : « Apud \'iilam Petrafictam ».
— Pierrefitte, Allier, arr. Moulins, cant. Dompierre (?).
3. Diplôme du 14 juin 882. en faveur de l'abbaye de Beaulieu, donne « apu i Lipsiacam villam Andegavensem » (flist. de /•';'., t. IX, p. 422). Lipsiacum est aujourd'hui Leze, Indre-et-Loire, arr. Chinon, canton Bourgueil. Cf. C. i^or.T. Dicl. de Maùte-et-Loire, t. II, p. 523.
4. Carloman, à la requête de Geilon, évèque de Langres, confirme une charte de précaire: « Datum VI. Id. Aug. anno IllI. régnante Karlomanno gloriosissimo rege. Ind. .XV'. Actum apud Viennam » (Musée Arch. Dép., pL Vlll, n" 10, et A. Roserot, IJi'jj/. (aivuL on)/, des Arcli. de la Ilaule-Marne, p. 14. Cf. Sickel, dans les Forschungenz. d. Gear/i., t. IX, p. 431, n" x.xiv). Il semble bien, d'après les Aiin. lierliniaiti, qu'il faille traduire « apud \'iennam » par « sous les murs de N'ienne »,
— et il est certain qu'il faut voir ici Vienne en Dauphiné, non Viennela-Ville, sur l'.Visne (.Marne, arr. Sainte-Menehould, canton \'ille-sur- Tombe), villa royale carolingienne de laquelle sont datés plusieurs diplômes de Charles le Simple (///.s7. de Fr.. t. L\, p. 471-3).
5. Ann. Berlin., p. 152 : « Ubi [Turonis] infirmatus est corpore et « lectica deportatus usque ad monastei'iuni S. Dionysii. mense Augusto, « ibi mortuus est et sepultus. » Les .1/(71. Vedasl., a. 882,doiHient le jour de la mort. Cf. Dle.mmlek, O.'Ufr. Heich, t. III. p. 105.
l'oL'i'AKDiN. Roi/aume de Provence. 'J
130 lilCIlAUI) l.E ,)rSTir.n:P, devant vienne |882]
laissant à d'autres, dit Hincmar', le soin d'assiéger Vienne, que Boson paraît cette fois n'avoir plus défendue en personne', reprit le chemin du nord. C'est très vraisemblablement au comte d'Autun, c'est-à-dire au propre frère do Boson, Richard, lils de Bivin, célèbre dans l'iiistoire sous le nom de Richard le Justicier, qu'il avait confié le commandement do l'armée cliargée de terminer le siège de Vienne.
Ce Richard, bien que beau-frère aussi de Charles le Chauve, n'avait point encore su se faire une carrière aussi brillante (|uo celle de Boson''. Il est possible, comme nous l'avons vu, qu'il ait remplacé momentanément son frère dans les fonctions de yj/issus en Italie''. Il se trouvait auprès de lui alors que Boson commençait à prendre vis-à-vis des fils de Louis le Bègue une attitude hostile, mais il no parait pas l'avoir soutenu dans sa tentative d'indépendance. Il lui succéda dans le comté d'Autun, probablement après l'époque de l'élection de Mantaille (15 octobre 879) et en tout cas avant le 30 novembre 880, date à laquelle il intervenait, en même temps que le comte Théoderic, auprès de Carloman, pour faire restituer à l'église d'Autun la vii/a de Teigny ''. Il est très vraisemblable qu'il reçut le comté, non de son frère % mais des rois francs, auxquels le diplôme (jue nous venons de citer, comme toute la conduite de Richard, prouve ([u'il était demeuré fidèle. Il n'y a donc rien d'ëtounant à ce qu'il ait été appelé, lors du départ de Carloman, à prendre en main la direction de l'expédition contre Boson et