ÉTENDUE DU ROYAUME DE PROVENCE
tages, Viviers et Uzès suivent le sort de Lyon et de Vienne, ce qui pourrait faire supposer que ces villes étaient administrativement rattachées au duché du comte Girard.
Si Ton rapproche du texte de Prudence relatif aux limites du royaume de Provence celui de la chronique d'Adon de Vienne, il semble bien que Ton doive identifier co que ce dernier désigne par l'expression assez vague de pars Hw-f/undiac avec le ducntiis Liigdunensù dont parlent les Annales de Saint-Bertin. Nous savons d'ailleurs, en effet, (juole Lyonnais, au ix" siècle et au x", faisait partie des pays connus sous le nom de Burgnndia\ ce qui a pu entraîner Adon à comprendre dans celle-ci la ville de Vienne, souvent rattachée à la Proviiicia. Mais un autre passage de la chronique du même Adon, déjà relevé plus haut, pourrait faire hésiter au sujet des limites du royaume de Provence, car il y fait rentrer une partie de la Bourgogne transjurane. Il faut entendre par là quelquesuns des comtés qui firent plus tard partie du royaume Rodolphien, formés des anciens pays burgondes soumis aux Francs en 534 et situés à l'Est du Jura, correspondant aux diocèses de Belley, de Genève, de Sion, et sans doute aussi de Tarentaise et d'Aoste^ Or on verra plus bas que Charles de Provence reçut en 858 de son frère Lothaire les deux évêchés de Tarentaise et de Belley; ces deux diocèses ultrajurans furent certainement occupés par Louis II en 8613', puisque leurs noms ne se retrouvent pas dans la liste des comtés du royaume de Lothaire II partagés, en 870, entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. Cela suffit à expliquer le texte d'Adon, sans qu'il soit nécessaire d'admettre qu'en 855 Charles reçut de son père une partie de la Transjurane. Aussi faut-il reconnaître,
MuEHLii., \v> 1297; llist. de Languedoc, t. H, pr., col. 3;>6). Cette restitution d'une terre comtale (sur le sens de ce mot, cf. infra) à la requête de Girard n'empêcherait pas, du reste, d'admettre l'existence à Viviers d'un comte particulier, subordonné au duc de Lyon. C'est ainsi que dans la donation à l'église d'Orange d'une terre également comtale, le comte d'Arles, Fulcrad, duc de Provence, intervient en même temps qu'Aldric, qui est vraisemblablement le comie particulier d'Orange (diplôme de Charles de Provence du 25 août 862 : H(«-:iimer- MuEHLi?., 11" 1298; Bihl. Ec. des Cit., 1. 1, p. 'i95). 11 semble y avoir eu un comte de \iviers au temps de Louis le Pieux (flist. de Fr., t. \'l, p. 50o).