‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 199 sur 482 · Antapodosis, 1. Il, c · texte numérisé non relu

Antapodosis, 1. Il, c

7. Adalbert d'Ivrée fut le père de Bérenger II, persécuteur de l'évêque de Crémone. Aussi celui-ci est-il souvent exagéré dans ses récits relatifs au marquis d"lvrée, comme on le voit par ce qu'il en dit précisément dans le passage cité.

8. Louis est à Verceil le 23 mars 901 (diplôme en faveur de l'église de Verceil ; Diiranoi, Bicerche sopra il dirillo piihlico de/ Vcrcellese e délia Lumbardia, pub. par Rondolino, Misccll. di Slorin ital.. 1. X.W, p. 23) et le 23 mai de la même année (B(»;ii.\iEiî-iMi:cni,M., n» 1464, Cor/. dipl. Lang.. n» ccc.xciv). 11 y est de nouveau le 21 avril 902, et y donne un diplôme en faveur d'Idelger, vassal du vicomte Buddon (VjiWiMTn., Beq. Com. Sabaudiae. n" l; Mon. llisl. Pair., (Iharlae, t. I. col. 103).

9. Le second des diplômes cités à la note ])récé(ienle est accordé à la requête d' « Adalbertus marchio, filius quondam Anscherii ». 11 ne saurait donc y avoir de doule, c'est bien d'Adalbert d"Ivrée et non d'AdalbcM't do Toscane qu'il s'agit; cf. i)rEMMi,i;ii. Gcsln Bcreng.. ]>. '■>' .

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Quoi qu'il en soit, Louis se trouvait encore à Vienne dans le courant de l'année 000'. Lorsqu'il eut reçu l'invitation des seigneurs italiens, il traversa les Alpes, sans doute en franchissant les passes que son allié, le marquis d'Ivrée, était chargé de défendre. Le 11 octobre il était à Pavie et y faisait don à la veuve de Gui de Spolète. l'ex-impératrice Ageltrudo.

Adalbert, fils d"Anschpr, date également d'après les années du règne de Louis un plaid qu'il tient à Verceil en 902 (TuiAiiosciii, Storia di Nonanlula, t. II, p. 85).

1. Diplôme en faveur d'Aimoin, Charles de Chory, iv> 70 ; cf. aupra, p. 162, n. 2. Cet acte est ainsi daté : « Actum esthocpreceptnm apud Vien- « nam civitatem anno incarnationisdominice DCCCC, indict. ii, anno 1 « régnante Ludovico gloriosissimo rege. » L'indiction est celle de H9*J ; l'an 1 du règne, en 900. ne pourrait être que celui du règne en Italie, compté à partir du moment auquel Louis reçut l'appel des grands de ce pays, car son itinéraire s'oppose à ce que l'on considère l'acte comme postérieur au couronnement de Pavie, ainsi que le fait à tort Bruel, Chronologie des rois de France et de Bourgogne, p. 6'*. 11 n'est pas impossible que Ton ait compté de cette manière les années de règne même dans un diplôme relatif à la Provence, car nous connaissons un acte bourguignon daté d'après le règne de Louis en Italie (Charles de Cluny, t. L p. 94). D'autre part, le notaire Arnuif, qui a signé le diplôme qui nous occupe, souscrit aussi bien les actes émanés de la chancellerie italienne que ceux émanés de la chancellerie provençale. Il serait cependant possible aussi, l'acte n'étant connu que par des copies de cartulaires, qu'il faille supposer une erreur de copiste, anno I pour amio X, 900 étant la 10« année du régne de Louis en Provence. Cependant le ms. le plus ancien qui nous ait conservé ce texte, le cartulaire C de Cluny (Bibl.Nat., ms. lat. nouvelles acq. 2262, fol. 59. no 129) donne «?i«o primo en toutes lettres. — Au mois d'août de cette année, c'était encore Bérenger qu'on reconnaissait dans le voisinage de Bergame (Cod. dipl. Lang., n° cccLXxxv).

On ne peut guère établir la chronologie (et même une partie des faits) des expéditions de Louis en Italie, que grâce aux textes diplomatiques. L'emploi exclusif des sources narratives avait induit en erreur quelques-uns des meilleurs érudits des siècles jjassés, notainment Dom Vaissète {Ilist. de Langned.. t. lY. p: 17 sqq ). La Chroni<pic de Réginon. en effet, place en 896 la première descente de Louis en Italie, et de là cette date passa dans un certain nombre de chronifiues universelles, comme celle de Marian Scott {Hist. de Fr., t. IX, p. 271) ou le Mnnipulus Florum (c. xix) de Gai.vaneus Flamma (Script. Rcr. liai., t. XI. col. 604). Cette date est en contradiction avec les diplômes de Louis, très nombreux cette année pour la Provence, et avec ce fait que l'expédition, au témoignage de Réginon lui-même, n'eut lieu iju'apres la mort de Lambert (898). Aussi Uom Vaissète veut-il rapporter cette expédition à 899, en rapprochant cette mention de l'indication de combats en Italie, donnée par le même Réginon sous l'année 898. Nous possédons trop peu de textes pour pouvoir affirmer avec certitude que Louis n'ait pas pénétré en Italie en 899; mais l'hypothèse est peu vraisemblable. Ni Réginon, ni Liutprand en effet ne parlent de trois expéditions; et il faudrait les admettre, dans ce système, pour expliquer la présence de Louis à Vienne durant Tannée 900.

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d'un (loinaino dit Curtis-ni((jor\ au comté d'Ancia. — C'est dans cette ville, peut-être seulement le lendemain, dimanche 12 octobre, qu'eut lieu le couronnement de Louis comme roi d'Italie, au milieu d'un grand concours de nobles et d'évèques". De Pavie, il paraît s'être sur-le-champ dirigé vers Rome. Le 14 octobre il était à 01onna^ au comté deLodi, où se trouvait l'une des résidences des souverains italiens \ Le 31 du même mois% on le trouve à Plaisance, où il confirme à Pierre, évêque de Reggio, les domaines de son église puis, le 19 janvier 901*^ à

1. L. ScHiAi'ARELLi, Diplotiii îneiUti dei secoii IX e X, dans le BuU. dcW Ist. star, ital., n» xxi, p. 136.

2. Le préambule d'un diplôme pour Pierre, évoque d'Arezzo, du l'2octobre(BŒiiMER-MuEiiLii.,nc I^i55: Muiîatoiîi. .1/;^ lUd., t. I, col. 87) mentionne cette élection : « Venientibus nobis Papiaui in sacro palatio, (c ibique a electione... in nobis ab omnibus episcopis, marchionibus, « comitibus, cunctisque item majoris inferiorisque personae ordinibus « facta, prout opportuni temporis ratio signiHcabatur. » Il faut, bien entendu, faire la part des formules. — Le diplôme ne parle que d'élection, mais il est bien probable que le couronnement a eu lieu à Pavie. capitale ordinaire des rois italiens. Constantin Pokphyrogénî;te (^Dc Adm. Imp., éd. Bekker, p. 116), qui peut avoir eu sur ce point un renseignement exact, dit que lorsque Louis arriva dans cette ville, il était encore aaT£;:-co;. Comme le 12 octobre tombe précisément un dimanche, il est possible que ce soit le jour même de l'élection et du couronnement. Mais il est bien évident ipie l'on peut admettre fort bien que la date de temps du diplôme, sous actum, ne s'applique pas exactement aux faits énoncés dans l'exposé. M. Schiaparelli, en raison du diplôme pour Ageltrude, cité n. 1, croit l'élection antérieure au 11 octobre. Mais le diplôme en (|uestion peut être antérieur à la cérémonie, comme le prouve l'acte cité p. 169, n. 1, où Louis compte les ans de son règne en Italie, avant même d'être entré dans ce pays. En somme, la mention de l'élection dans un diplôme dont la date de temps, sous actinn. coïncide avec un dimanche, constitue tout au moins une présomption en faveur de notre liypothèse (pie la cérémonie de l'élection et le couronnement ont pu avoir lieu à Pavie le 12 octobro.

3. BcKiiMER-MuEiiLH., n" 1456; Muratori. Ant. ital., t. I, col. 581.

4. Cf. Millh. des I, /'. Œ. G /•'., t. VII, p. 'i44, et le début de la notice d'un plaid tenu par Uérenger dans cette ville le 9 août 907 (Schiaparelm, DipL incd., \). 145).

•5. B(J^:ll.\IER-^!^JEMLH., n" 1457 ; U(iiiEi.Li, liai. Sacra, t. II, p. 155.

6. BoiMiMER-MuEin.R., 11'^ 1459: (lod. dipl. Lniuj., n'M)CCCLX.\\l. — Nous n'avons pas cité un diplôme daté également de Bologne et du 16 janvier 901 (B(F.iiMER-MuEnLR., u" 1458 : (lad. dipl. Lnng.. n° cccL.xxxvni) (|ui est évidemment un faux (cf. Duemmlep., Gi-sla licreit;/.. p. 168). (Cependant, les clauses finalas sont assez correctes, si ce n'est la substitution, dans la récognition de chancellerie, du nom d'Ileilbert à celui de Liutward. Les éléments chronologir|ues de la date concordent. Il est donc ])ossible (pie le protocole final et en particulier la date aient été cmi)rMntés à un diplôme au1henti(pic et que Louis se soit trouvé réellement à Bologne le Ui janvier.

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Bologne, d'où il (lat(3 un diplôme en faveur du monastère de son aïeule Engilborge, celui de Saint-Sixte de Plaisance. A la fin de ce même mois ou au début de février il était à Rome, au milieu d'une nombreuse assistance de comtes et d'évôques. C'est dans cette ville que, le 15 ou le 22 février 901, sans doute', il recevait des mains du pape Benoit IV la couronne impériale".

1. Le couronnement est certainement postérieur au 19 janvier 901, date à laquelle Louis ne porte encore que le titre de roi (H(*:iimei!- MuEHLB., n" 1459; Muratori. Ant. Uni.. II, 205; Cod. clip. Lang.. n° cccLXXXi) et antérieur au 28 février 901, date la plus avancée à laquelle on puisse placer les actes (Bceumer-Mueulb., n" 1460; Mansi, XVIII, 239) d"une assemblée de grands et d evèques tenue à Rome par Louis Empereur. 11 serait même certainement antérieur au 24 de ee mois si l'on admettait la correction faite à la date du diplôme pour Pierre d'Arezzo, par Lupi (Cod. dip. lierg., t. II, p. 4) et par Dcemmleu {Gesta Berenij., p. 168). Bœiimer-Mi-eiilb.. n" 1461 ; Muratori, Ant. liai., t. II, p. 49). Tous deux veulent lire VI kl. mari, au lieu de VI non. mnrt., en considérant que si Louis était à Rome le 2 mars, il aurait pu difficilement être à Pavie le 11 du même mois, la distance entre ces deux villes étant, en effet, d'environ 500 kilomètres. Mais la question de la rapidité des déplacements au x« siècle n'a pas encore été suffisamment étudiée pour permettre de nier la possibilité du fait, et d'autre part, il faut toujours tenir compte d'une discordance possible entre les dates de temps et de lieu (cf. A. Girv, Manuel de Diplomatique, p. 583). Donc, bien que le diplôme en question ne soit connu que par une copie de cartulaire, la correction ne s'impose pas absolument. — Mais il est bien probable que Louis faisait partir du jour de son couronnement le compte des années de son empire. Or, deux diplômes, qui ne sont, il est vrai, connus que par des copies de cartulaires, considèrent le 12 février 902 comme faisant encore partie delà première année du règne de Louis (BoKHMER-MrEFU.B, n°* 1467 et 1468; TiRAHOSCHi, Storia di Nonantula. t. Il, p. 84, et Mur.atori, Ant. ital., t. II, p. 207). La date du premier de ces deux diplômes porte, il est vrai. ann. inc. uccci. mais c'est par erreur, car en février 901, Louis était à Rome, non à Pavie. et sa chancellerie comptait ind. IV et non ind. V. La date du couronnement se place donc entre le 13 et le 28 février 901. Mais comme il est probable que Louis, selon l'usage des Carolingiens, suivi en cela par Gui de Spolète et par Lambert s'est fait couronner un dimanche, le jour du couronnement doit être fixé au 15 ou au 22. — La date donnée par Bœhmer, au second des diplômes cités, est erronée, sans quoi le couronnement sera't certainement le 22. Les diplômes provençaux, toujours très mal datés, ne permettent pas de décider la question. — Nous n'avons pas fait intervenir Un diplôme daté du 25 février 902, légèrement suspect d'altération, et (jui ne fournirait d'ailleurs rien de plus. {Mon. Ilist. Pat . Chartae, t. Il, col. 21-23; sur l'authenticité et la date de ce diplôme, cf. C. CiPOLLA, dans Miscell. di Storia ital.. \. XXXII, p. 155.)

2 Ni LiuTPRAND, ni Constantin PoRPHYRociÉNÈTE ne parlent de cette consécration impériale, indiquée, au contraire, par RÉdiNON (Chronique, a. 898. \). l'i'i), et par la notice de rasseuililéc tenue à Rome en

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