C'est ce qui résulte du récit de Liutprand
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usage assez répandu', les yeux arrachés par ordre du vainqueur^.
Quant à ceux qui entouraient Louis et que les partisans de Bérengor, s'il faut en croire le panégyriste de ce dernier', proposaient de mutiler suivant un usage dont on rencontre des exemples dans l'histoire des guerres italiennes du x'^ siècle \ leur sort est inconnu. Nous savons seulement qu'un certain prêtre Jean, dit « Braccacurta^ » qui parait avoir été, en 900, l'un des premiers à reconnaître Louis**, pris au haut de la tour où il s'était réfugié, fut mis à mort par ordre du roi", et que celui-ci confisqua les biens du rebelle^
La date de cet événement est, semble-t-il, celle du 21 juillet 905, C'est du moins celle que donne un ancien catalogue des
1. Surtout en Italie. En 860, Adémar, prince de Salerne, a les yeux crevés par ses sujets {Cliron. Casiuense. Mon. Germ., SS.. III, p. 228; Ann. Saleruitan.. ib., p. 550). En 896. Lambert fait crever.Ies yeux au fils et au gendre du comte Mainfroi (DuemmlePi, Gesta Bcrcnr/., p. 25), sans parler d'exemples plus anciens, comme Bernard ou le pape Hadrien. On trouve en Gaule quelques exemples analogues: en 874, le roi breton Salomon a les yeux crevés par des comtes rebelles et meurt le lendemain (Ami. Berlin., a. 874, p. 126). En 893, il en est de même dans le royaume de l'Est, du comte Engeschalk (.4/;^;. Fuld. conlin. Bctispon..' 3. 89o, p. 122 ; Dt'EMMLER, Ostfr. Reich. t. III, p. 360).
2. Tel est du moins le témoignage de Liutprand, de Réginon et du Calai. No7innlidanu.'i. Seul le panégyriste, auteur des Gesln, prétend que cet acte de cruauté fut accompli par les hommes de Bérenger à rinsu de celui-ci. Le fait même de la prise de Louis, suivie du supplice qui lui fut infligé, est rapporté par un certain nombre de textes annalistiques : Ahn. Einsidlcjises (Mon. Germ., SS.. t. III, p. 140). An)i. Alemannici (Ibid., t. I, p. 54), Clir. Farfensc (Script. Fier. liai. t. H, H, p. 416). — Liutprand raconte longuement la découverte de Louis dans sa cachette par un des soldats de son rival, la ruse de Bérenger, sa promesse ambiguë de respecter la vie de son rival. Tout ce récit, qui ne peut se concilier avec celui des Gesla. semble bien être une tradition populaire mise en œuvre par Liutprand et combinée i)ar lui avec des réminiscences classiques.
3. Gesla Berengarii, 1. IV, c. 49: «. mcmbra viros sine curtari... »