LES SEIGNEURS LAÏQUES
surtout de Tévôché d'Avignon*, où devait se trouver le siège principal de son autorité ^ semblent plutôt devoir lui faire attribuer le rôle d'une sorte de marquis de Provence, sans qu'aucun texte cependant lui donne expressément ce titre.
Plus important que tous ces personnages un peu effacés est le célèbre comte Hugues que Flodoard^ appelle Hugues de Vienne, mais plus connu dans l'histoire sous le nom de Hugues d'Arles. Son père, Thibaut, fils du comte-abbé Hubert'', avait épousé Berthe, fille naturelle de Lothaire H et de Waldrade'. En 880 il avait été battu à la tête des troupes de son beau-frère, Hugues de Lorraine , et le bruit de sa mort avait même couru'. H se trouvait cependant encore en 883 parmi
Teutbert auquel Louis donna en 900 l'abbaye d'^ mbierle en même temps qu'à un certain Bernard (Bcfjimeu-Mufiilb., n" 1470, Chartes deCluny^ n" 78).
1. Diplômes du 19 octobre 907 et du 16 mai 909 (?) (B(EIIMEr- Mueulb., n'^« 1477 et 1479; llist. de Fr., t. IX, p. 683 et 684). C'est également à la requête de Teutbert, en même temps que d'un certain \Valon,quele 17 septembre 903 Louis donne à un certain évèciue Amélius, de siège non déterminé, le domaine de « Fretus», près de Saint- Rémi (Bouches-du-Rhône, arrondissement Arles, chef-lieu de canton). M. Deloche (Snint-fiémi de Provence au moyen âge, p. 100) et ^L de Manteyer font de cet .^mélius, présenté par Teutbert, un évêque d'Avignon, dont ce serait là la seule mention connue. Mais l'acte ne paraît pas exister dans les Archives "de l'évêché d'Avignon. Au contraire, au rapport de 1). VaissÈte (I/ist. de Lany., t. V, col. III), il se trouvait encore au xvn^" siècle en original ou en copie, dans celles de l'église d'Uzès. Il semble donc plus naturel d'identifier cet Amôlius avec un évêque d'Uzès de même nom, mentionné dans une lettre (Jaffé, w 3459) du pape Etienne V(887-891)et dans diverses chartes, notamment dans un diplôme de Louis de Provence de 896 (BŒiiMcu-MuEiii.ii., n" 1452, Ilist. de Fr.. t. IX, p. 678) et qui vivait encore en 912 (L. DuciiESNE, Fasles êpiscopaux. p. 312). L'intervention du comte d'Avignon s'explique par la situation du domaine concédé. L'église d'Uzès ne devait pas, du reste, conserver longtemps la jouissance de celui-ci, car avant 954 il avait été usurpé par le comte d'Arles et d'Avignon, Boson, et restitué par lui, non à l'église d'Uzès, mais au roi Conrad le Pacifique (Delociie, op. cit., p. 57).