L'ORIGINE ÉDUENNE DE BOSON
Mais on ne s'en est pas tenu là et les auteurs de ïArl de vérifier les dates ^ ont édifié sur cette pièce tout un système généalogique qui se résume, en ce qui nous concerne, à ceci: Eccard a été comte d'Autun, et de même son frère Théoderic. Or, ce Théoderic avait un fils, Richard. Ce Richard ne peut être que Richard le Justicier, également comte d'Autun. Or, Roson était frère de Richard le Justicier, donc Roson était fils de Théoderic. Ce système a passé dans un certain nombre d'ouvrages d'érudition ^ Mais c'est mettre une conjecture à la place du témoignage formel d'Hincmar donnant au père de Roson le nom de Rivin. Il est certain cependant qiie l'archevêque de Reims ne devait pas ignorer le nom du père de la seconde femme de Charles le Chauve, et de l'un des principaux personnages du royaume franc de l'ouest ^
Gingins*, pour tout concilier, a inventé un petit roman. La veuve du comte Rivin, dont elle avait eu Roson, aurait épousé en secondes noces le comte Théoderic, auquel elle aiu'ait donné Richard. M. Rourgeois'' a déjà protesté contre ces imaginations. L'hypothèse vient néanmoins d'être reprise par M. Philipon ^ Nous la considérons comme inadmissible. Le comte Rivin mourut entre 863'' et 869*. En plaçant sa mort à la première de ces deux dates extrêmes, sa veuve aurait pu se remarier avec Théoderic en 863-864 et donner le jour à Richard en 861-865. Richard n'aurait donc eu que douze ans lorsqu'il remplaça Roson en Lombardie, (|ue dix-sept lorsipi'il reçut le commandement de l'armée franque devant Vienne. C'est plus qu'invraisemblable. Cependant, M. Rourgeois lui-même admet une parenté, ou du moins des alliances entre la famille de Roson et celle d'Eccard. 11 y a deux faits ([ui semblent militer en faveur de cette opinion.
a. Roson possède des bénéfices dans la Rourgogne éduenne^.
sur la famille du roi Raoul, dans la Biblioth. de l'Ecole des Charles. t. LX, 1899, p. 497-509.