‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 367 sur 482 · L'ORIGINE DE LA FEMME DE LOUIS L'AVEUGLE · texte numérisé non relu

L'ORIGINE DE LA FEMME DE LOUIS L'AVEUGLE

Pieux et dont les fils sont des hommes faits, des personnages considérables à la date de 876. Si nous supposions qu'il s'agit d'une tante maternelle, alors le système de Mabille serait ruiné, car cette Ricliilde, sœur de Theutberge, serait en cette hypothèse la cousine germaine du comte Eccard, c'est-à-dire sa parente à un degré auquel le droit canonique prohibe le mariage. Comme le nom de Theutberge se trouve en tète d'une énumération de légataires qui ne doivent pas être tous des parents du comte Eccard, on peut sans difticulté renoncer à voir dans la reine de Lorraine une personne faisant, à un degré quelconciue, partie de la famille d'ilildebrand. Si Hichilde, femme d'Eccard, était la tante maternelle de Boson, Theutberge serait au contraire la belle-sœur d'Eccard.

En somme, rien dans le testament d'Eccard ne nous autorise à rattacher Boson à sa famille. Eccard a épousé une Richilde. Celleci, si elle est parente rapprochée de Boson, ne peut être que sa tante maternelle. Mais c'est une pure hypothèse que rien ne vient appuyer et le nom de Hichilde est assez répandu ' pour qu'il ne suffise pas à lui seul à justifier une hypothèse de ce genre et tout système poiurattacher plus étroitement Boson à la famille autunoise des Théodoric implique contradiction.

§ 3. l'origine anglo-saxonne de la femme de louis l'aveugle

On donne quelquefois- poiu' femme à Louis l'Aveugle une fille d'Edward l'Ancien, fils d'Alfred le Crand, roi de Wessex^ Le seul texte à l'appui de cette opinion est le passage consacré par Guillaume de Malmesbury, c'est-à-dire par un auteur du début du xii'' siècle, à l'énuméi'alion des filles d'Edward l'Ancien. Comme il est nécessaire de discuter ce passage, nous k^ traduisons in extenso.

« Comme le roi avait beaucoup de filles, il donna Edgive à Charles, « j'oide France *, fils de Louis, fils de Charles le Chauve, dont Ethcl- « wuif, comme je l'ai déjà dit, avait recula fille à son retour de Rome. « Et puis(iue l'occasion s'en présente, le lecteur bienveillant ne jugera « pas hors de pi'opos (pie j'éiiumère les épouses et les enfants du roi. « Il eut d'une fennnc de noble naissance ' son fils premier né, Elhels-

1. On le trouve notamment dans la famille des comtes de Carcassonne.

2. C'est un système en (juclque sorte classique. Cf. p. ex. Lu'PEN- BEHG et PuîLi, (iesch. vonEnt/land, tableau C. et Diction, of national tnography., art. EinVAun (t.XV'Il, p. 5), qui cite cependant ses sources.

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