Ann. Berlin., a. 837 et 851, p. 12 et
6. Ou ses dérivés ; Ann. regni Franc, loc. cit.; (Jiron. Moissiacensc, a. 816, Mon. Germ. SS., t. I, p. 312.
7. Il faut, bien entendu, tenir compte des alliances possibles de ces personnages avec des familles d'origine fraiHjue. Ainsi, Acfred ^■^ comte de Carca.s^sonne et de Hazès, ayant épousé Adalinde, fille de Bernard Plantevelue, les noms francs de'Guillaume et de Bernard apparaissent dans sa famille (Mabili.e, op. cit.. p. 49).
8. Nous citerons seulement, à titre (rexem])le. la listr de comtes
380 GRANDES FAMILLES COMTALES A L'EPOQUE CAROLLNGIENXE
montrent la survivance d'une grande aristocratie lombarde dans ces pays nominalement soumis à l'autorité du Carolingien Louis II'. Mais, en somme, au ix^ siècle, la règle est que les comtes des territoires qui s'étendent entre les Pyrénées et l'Elbe, et du Garigliano à la mer du Nord, portent des noms francs, que l'on retrouve prescpie toujours portés par les membres des familles qui continuèrent à habiter les bassins de la Moselle et de la Meuse, lorsque l'ancienne Âustrasie fut devenue le royaume carolingien de Lorraine. Parmi ces noms, certains semblent ])ropres à telle ou telle famille, dans laquelle ils se transmettent héréditairement, et où on les retrouve à peu près à chaque génération. Tels sont, dans les diverses branches de la famille des ducs de Spolète, ceux de Gui et de Lambert"-. Les noms de Rodolphe et de Conrad sont caractéristiques de la maison des Welfs \ Ceux de Leuthard et de Luitfrid sont surtout portés dans la grande famille alsacienne des Étichonides^, et c'est parmi les parents de Theutberge, femme de Lothairell, que paraît régulièrement celui de Boson. Nous avons, du reste, de cette succession des noms un exemple plus frappant peut-être, parce que nous le connaissons mieux, c'est celui de la dynastie carolingienne elle-même, qui ne parait pas s'être écartée sur ce point des habitudes ordinaires, et dans laquelle on ne sort pas des noms de Charles, Carloman, Louis et Lothaire, auxquels vient parfois s'ajouter celui de Pépin ^.
De quelques-uns de ces noms nous pouvons assez bien suivre la transmission et les destinées. Nous ne parlons pas de celui de Hugues, que l'on retrouve dans plusieurs familles dont les rapports entre elles nous échappent, et qui serait insuffisant comme exemple. Le nom, plus rare, de Boson, est plus caractéristi(pie. Il se renconlre à ré-
donnée par le <]hron. S. Benedicti (jisinensis, Script. Rer. Long., p. 487-488, mais le même recueil pouri-ait fournir bien d'autres indications du même genre.
1. Sur la survivance de l'élément lombard dans Tltalie méridionale, cf. A. Lapôthe, Jean VIII, p. 193 et suiv. Lambert de Spolète, qui e.st un Franc, entouré de Francs, a épousé une Bénéventaine, Ageltrude.
2. Cf. le tableau dressé par Wuestknfeld, Die Ilerzoge von Spotcto. p. 432.
:{. Nous en donnons des exemples un peu plus bas.
'i. LoNGNoN. (lirard 'le Houasillon dans l'histoire, dans la liev. hist., t. Vin, p. 246.
5. Bien que plusieurs princesses de la famille carolingienne aient é]»ousé des nobles francs et ([ue les noms ])asscnt par les femmes d'une maison dans une autre, il y a, en dehors de la famille royale, peu de personnages portant les noms caractéristiques de celle-ci. Citons cependant Louis, abbé de Saint-Denis, tils de Roricon et de lîotriide, fille de Cbarlemagne (Kalckstein, flo/^e/-/ dcr Tapfcre, p. 136). Un seigneur laïque, d'origine inconnue, appartenant on royaume de Charles le Chauve, porte le nom de Lothaire (Aiin. hertiii., a. 870. p. ll'i).
(]P,ANI»ES l'AMII.I.i:S COMrM.KS A I.Kl'Unll-: CAlUd.INClKN.NK ;J8I
poque inéroviiigicmic ol au (Irhiil du viii'^ siocle dans le pays iiu-ssiu ' . Il est, au début du ix'^ sièc-lc, porté par uu comte dorigiiie fi-auquc établi eu Italie- et dont le roi de Lorraine, Lothaire II, épousa la fdle, ïheutberge-'. Au début du x" siècle il s'applicpie, à des dates assez rapprochées, à l'héritier présomptif du comté (rAuver<:;ne \ à uu comte bourguignon héuéhcié en Lorraine ", à mi comte provençal ^ à uu autre seigneur du même pays, mais de moindre importance', à un évécjue de Plaisam•e^ qui tous descendent, à des degrés divers, du comte Boson TAucien, beau-père de Lothaire II'.
Ajoutons, entin, que le nom donné à un enfant peut être emprunté à la ligne maternelle comme à la ligiu' [jaternelle. C'est ce qui explique souvent pouniuoi tel nom, jusqu'alors caractéristicpie d'une famille déterminée, apparail soudain dans telle autre. Deux des fils de Richard le Justicier et de la lille de Rodolphe I" de Bourgogne portent les noms welfs de Raoul et de Hugues '^ (iisla, femme d'Adalbert d'Ivrée, introduit dans cette famille le nom de Béreuger, emprunté à la maison de Frioul". Dans ces deux cas, (juc nous citons entre bien d'autres, nous avons des textes précis pei'mettant d'affirmer l'origine de la fenune du duc Richard ou du marquis Adalbert. Mais, à défaut de textes, Fapparition de noms nouveaux dans une famille suffit à faire présumer les alliances auxquelles on peut Fattribuer, et l'identité des noms constitue toujours une vraisemblance en faveur d'une parenté dont les degrés intermédiaires nous échappent souvent.
1. Vita S. Sereni (II. de Fr., t. V, p. 482) ; Carliil. de Gorze, n» 19.